Selon 20 Minutes - Politique, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) publie un rapport qui questionne la place des mineurs dans les politiques publiques. L’institution recommande notamment d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans et de repenser l’aménagement des lieux publics pour y intégrer davantage les enfants.

Ce qu'il faut retenir

  • La CNCDH préconise d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans pour renforcer la participation des mineurs à la vie démocratique.
  • Elle critique la tendance des espaces publics et privés à exclure les enfants, qualifiée de « no kids ».
  • Parmi les mesures proposées : plus d’espaces dédiés aux enfants dans les villes et les lieux de loisirs.
  • Le rapport souligne l’importance d’associer les mineurs aux décisions publiques qui les concernent directement.
  • La CNCDH insiste sur le fait que les enfants sont des « acteurs à part entière » de la société.

Un rapport qui remet en cause les pratiques d’exclusion des enfants

Dans son document, la CNCDH s’alarme de la multiplication des lieux — restaurants, cafés, transports — où les enfants ne sont pas les bienvenus. « Ces pratiques créent une société à deux vitesses, où une partie de la population est systématiquement marginalisée », a déclaré Marie-Jo Zimmermann, présidente de la commission, à 20 Minutes. Selon elle, cette tendance reflète un manque de considération pour les droits fondamentaux des mineurs.

Le rapport cite plusieurs exemples concrets : certains commerces affichent des pancartes interdisant l’accès aux familles, tandis que des événements culturels ou sportifs réservent leurs tarifs aux adultes. Pour la CNCDH, ces mesures sont contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant, principe reconnu par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) de 1989.

Des propositions pour une société plus inclusive

Pour inverser cette tendance, la CNCDH formule plusieurs recommandations. Parmi elles, l’idée d’abaisser l’âge de la majorité électorale à 16 ans afin de permettre aux jeunes de s’exprimer sur les questions qui les concernent. « C’est une question de cohérence : si on reconnaît que les 16-18 ans ont la maturité pour travailler ou conduire, pourquoi ne pourraient-ils pas voter ? », a souligné Marie-Jo Zimmermann.

Autre piste : intégrer davantage d’espaces adaptés aux enfants dans l’aménagement urbain. Cela pourrait passer par la création de parcs, de bibliothèques ou de salles de sport accessibles à tous les âges. Le rapport propose aussi d’instaurer des quotas de places réservées aux familles dans certains lieux publics.

Les pouvoirs publics appelés à agir

La CNCDH ne se contente pas de dresser un constat : elle adresse ses propositions aux pouvoirs publics. Dans son rapport, elle demande au gouvernement de mettre en place un plan national pour lutter contre les discriminations envers les mineurs. Celui-ci pourrait inclure des subventions pour les commerces et lieux culturels qui adoptent des politiques familiales.

« Les collectivités locales ont un rôle clé à jouer », rappelle le texte. Certaines villes, comme Paris ou Lyon, ont déjà commencé à adapter leurs infrastructures, avec des succès mitigés. La CNCDH encourage donc une approche coordonnée, à l’échelle nationale, pour garantir une application uniforme de ces mesures.

Et maintenant ?

Le rapport de la CNCDH doit désormais être examiné par le gouvernement. Aucune date n’a encore été fixée pour une éventuelle mise en œuvre de ses recommandations, mais plusieurs associations de défense des droits de l’enfant ont déjà salué ses propositions. Une concertation avec les parlementaires pourrait s’engager d’ici la fin de l’année 2026, sans garantie d’adoption.

Pour la CNCDH, l’enjeu est double : renforcer la participation des mineurs à la société tout en luttant contre les exclusions arbitraires. Reste à voir si ces idées trouveront un écho favorable auprès des décideurs politiques, dans un contexte marqué par des débats sur le rôle des jeunes dans la démocratie.

La CNCDH considère que ces pratiques violent le principe de non-discrimination envers les mineurs, inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant. Elle souligne également que l’exclusion des enfants des lieux publics contribue à leur marginalisation et limite leur accès à des espaces de socialisation essentiels.