La Conférence générale des poids et mesures (CGPM) s'est réunie du 15 au 18 octobre 2026 à Versailles pour discuter de questions liées au temps, selon Franceinfo - Sciences. Cette instance internationale, créée à la fin du XIXe siècle, a pour but de définir les grandes orientations de la métrologie, c'est-à-dire la science de la mesure.

Les membres de la CGPM devaient étudier trois principaux sujets : la suppression de la seconde « intercalaire », la redéfinition de la mesure d'une seconde et la création d'une heure de référence pour la Lune.

Ce qu'il faut retenir

  • La suppression de la seconde « intercalaire » pour éviter des problèmes technologiques
  • La redéfinition de la mesure d'une seconde pour améliorer la précision
  • La création d'une heure de référence pour la Lune pour les missions d'exploration lunaire

La suppression de la seconde « intercalaire »

La Terre tourne sur elle-même avec une rotation qui n'est pas toujours constante. Pour gagner en précision, le monde a décidé de s'appuyer sur les mesures d'horloges atomiques en 1967. Cependant, cela a créé un décalage entre l'ancienne et la nouvelle heure. La solution trouvée en 1972 a été d'ajouter au temps atomique une seconde « intercalaire » pour le faire coïncider avec le temps astronomique.

Cependant, la Terre voit sa rotation s'accélérer, ce qui signifie qu'il n'est plus nécessaire d'ajouter une seconde au temps atomique, mais d'en enlever une. Le Bureau international des poids et des mesures (BIPM) estime que la probabilité de devoir introduire une seconde intercalaire négative augmentera rapidement dans un futur proche et sera de 30% d'ici 2035.

La redéfinition de la mesure d'une seconde

La CGPM cherche également à améliorer la définition de la seconde et la façon dont on la mesure. Depuis la Conférence de 1967, cette unité de temps est donnée par des horloges atomiques et définie à partir de l'atome de césium 133. Une seconde correspond à 9 192 631 770 oscillations du rayonnement émis par cet atome lorsqu'il change d'énergie.

Cependant, les horloges optiques promettent d'approcher de plus près encore la perfection. Des expériences en laboratoires ont démontré que ce type d'horloge permet d'atteindre une exactitude de fréquence relative de l'ordre de 10-18, qui correspondrait à une dérive d'une seconde sur une durée équivalente à l'âge de l'univers.

La création d'une heure de référence pour la Lune

Un autre grand défi des spécialistes du temps est celui de définir une heure de référence lunaire. Avec le lancement progressif de missions d'exploration lunaire de grande envergure, le besoin en systèmes de navigation et de positionnement de haute précision pour les sondes lunaires est devenu de plus en plus pressant.

Le BIPM propose de créer une heure lunaire commune pour éviter les complications liées à l'utilisation directe de l'heure de référence terrestre. Les Etats-Unis et la Chine développent leurs propres programmes d'exploration lunaire et cherchent à établir des systèmes de référence adaptés à leurs futures missions.

Et maintenant ?

Les membres de la Conférence générale des poids et mesures devraient voter pour supprimer la seconde « intercalaire » et encourager les parties à poursuivre le travail sur la nouvelle définition de la seconde. La création d'une heure de référence pour la Lune devrait également être poursuivie pour répondre aux besoins des missions d'exploration lunaire.

La prochaine Conférence générale des poids et mesures aura lieu en 2030, et les membres devraient présenter une nouvelle définition de la seconde et sa date de mise en œuvre. Les conséquences de ces décisions seront suivies de près par la communauté scientifique et les spécialistes du temps.

La Conférence générale des poids et mesures a pour but de définir les grandes orientations de la métrologie et de garantir que l'humanité dispose d'unités communes et comparables. Les décisions prises lors de cette conférence auront des conséquences importantes pour les scientifiques, les ingénieurs et les spécialistes du temps.