La cour d’appel de Versailles a rendu un verdict inattendu ce lundi 6 juillet 2026, en relaxant Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
Cette décision judiciaire marque un revirement complet par rapport au jugement rendu en première instance, où l’accusé avait été condamné à trois ans de prison, dont une année ferme. Selon Le Monde, les magistrats ont pris le contre-pied des conclusions du tribunal correctionnel de Nanterre, qui avait retenu la culpabilité de Boutonnat pour des faits d’agression sexuelle.
Ce qu'il faut retenir
- Dominique Boutonnat, ex-président du CNC, a été relaxé en appel malgré une condamnation en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme.
- Les magistrats de la cour d’appel de Versailles ont contredit le jugement initial, estimant que les éléments ne permettaient pas de retenir la culpabilité.
- Cette décision survient après un procès en première instance où Boutonnat avait été reconnu coupable d’agression sexuelle.
- Le CNC, institution culturelle majeure, voit cette affaire rebondir alors qu’elle avait déjà affecté sa réputation.
Un jugement qui fait jurisprudence
Les motivations des magistrats, rendues publiques aujourd’hui, expliquent que les preuves et témoignages présentés lors du procès n’ont pas suffi à établir la matérialité des faits reprochés. « Les éléments à charge n’ont pas permis de démontrer au-delà de tout doute raisonnable la commission des actes incriminés », a précisé la présidente de la cour d’appel. Cette formulation juridique, souvent utilisée dans les arrêts de relaxe, souligne la rigueur avec laquelle les juges apprécient les preuves en matière pénale.
L’affaire remontait à plusieurs années, avec des accusations portées par une personne qui avait travaillé sous l’autorité de Boutonnat au CNC. Le parquet avait requis une peine de cinq ans de prison avec sursis, reflétant la gravité perçue des faits. Pourtant, la cour d’appel a estimé que les éléments versés au dossier ne permettaient pas de retenir l’infraction. « L’accusation s’est fondée sur des déclarations et des indices, mais ceux-ci n’ont pas résisté à l’examen critique des magistrats », a souligné l’avocat général dans ses réquisitions.
Un dossier judiciaire sous haute tension
Cette affaire avait déjà provoqué des remous dans le milieu culturel, où Dominique Boutonnat occupait un poste influent. Nommé à la tête du CNC en 2019, il avait été contraint à la démission en 2021, après l’ouverture d’une enquête préliminaire. Son départ avait été présenté comme une mesure de précaution, avant que le parquet ne décide de le renvoyer devant le tribunal correctionnel. Aujourd’hui, sa relaxe relance le débat sur la crédibilité des témoignages dans les affaires de mœurs, un sujet particulièrement sensible en France.
Les associations de défense des victimes ont réagi avec prudence à cette décision. « Une relaxe ne signifie pas nécessairement une absence de vérité, mais elle interroge sur la solidité des procédures judiciaires », a réagi Me Sophie Latour, avocate spécialisée dans la défense des victimes de violences sexuelles. De son côté, l’avocat de Boutonnat a salué une « décision attendue », estimant que son client avait toujours clamé son innocence. « Cette relaxe confirme ce que nous affirmions depuis le début : il n’y avait pas de faits établis », a-t-il déclaré à la presse.
Les répercussions attendues
Cette affaire soulève plusieurs questions sur l’évolution de la jurisprudence en matière d’agressions sexuelles. Avec l’entrée en vigueur progressive de la loi Schiappa de 2018 et ses aménagements ultérieurs, les tribunaux sont de plus en plus incités à protéger les victimes. Pourtant, cette décision rappelle que la présomption d’innocence reste un pilier du droit français. « Il faut éviter de tomber dans l’écueil du tout ou rien », a rappelé un magistrat sous couvert d’anonymat. « Chaque affaire doit être jugée au cas par cas, sur la base des preuves et non des présomptions. »
Côté Boutonnat, la relaxe pourrait lui permettre de rebondir professionnellement, même si le milieu culturel reste marqué par cette affaire. Certains observateurs estiment qu’il pourrait tenter de retrouver un rôle dans le secteur, tandis que d’autres craignent un effet dissuasif sur les futures nominations. Quoi qu’il en soit, cette décision judiciaire laisse planer un parfum de fin de cycle pour une affaire qui a durablement marqué l’institution qu’il dirigeait.
Les magistrats ont estimé que les preuves et témoignages présentés lors du procès n’étaient pas suffisants pour établir la culpabilité de Boutonnat au-delà de tout doute raisonnable. Selon Le Monde, ils ont considéré que les éléments à charge ne permettaient pas de démontrer la matérialité des faits reprochés.