L’Assemblée nationale s’apprête à lancer une commission d’enquête consacrée à la lutte contre l’« assistanat », portée par le groupe Les Républicains (LR) et validée lors de la conférence des présidents du mardi 30 juin. Selon Le Monde – Politique, cette initiative, pilotée par le député LR Ian Boucard, s’inscrit dans une stratégie plus large de remise en cause des politiques sociales perçues comme contre-productives par la droite.

Cette commission, dont la présidence sera assurée par un proche de Laurent Wauquiez, vise à examiner les dispositifs d’aide sociale jugés excessifs ou mal ciblés. Autant dire que le parti entend ainsi pointer les contradictions du Rassemblement National (RN) sur un sujet qu’il a longtemps défendu, à savoir la protection des travailleurs précaires et des plus modestes. Le calendrier de cette démarche reste encore flou, mais elle pourrait donner lieu à des auditions dès l’automne 2026, en amont des débats budgétaires.

Ce qu'il faut retenir

  • La conférence des présidents de l’Assemblée nationale a validé, mardi 30 juin, la création d’une commission dédiée à la lutte contre l’« assistanat »
  • Cette commission sera présidée par le député LR Ian Boucard, proche de Laurent Wauquiez
  • L’objectif affiché est de questionner l’efficacité des politiques sociales actuelles et de cibler les dispositifs jugés excessifs
  • La droite cherche à pointer les contradictions du RN sur la question de la protection sociale
  • Les auditions pourraient débuter dès l’automne 2026, en préparation des débats budgétaires

Une initiative portée par la droite pour challenger le RN sur un terrain historique

Portée par le groupe Les Républicains, cette commission d’enquête s’inscrit dans une dynamique de reconquête politique sur le thème de la justice sociale. Longtemps perçu comme le défenseur des travailleurs et des plus modestes, le RN a pourtant adopté une posture plus nuancée ces dernières années, notamment sur les questions de fiscalité et de protection sociale. Pour LR, l’occasion est trop belle de creuser cet écart.

« Le débat sur l’assistanat n’est pas une chasse aux pauvres, mais une réflexion sur l’efficacité de nos politiques publiques », a souligné un cadre du groupe LR, sous couvert d’anonymat. L’idée est de montrer que les aides sociales, si elles sont nécessaires, doivent être repensées pour éviter les effets pervers, comme le maintien dans la précarité ou les abus de certains dispositifs.

Un calendrier encore incertain, mais des échéances budgétaires dans le viseur

Si la validation de cette commission par la conférence des présidents marque une étape symbolique, son aboutissement dépendra des travaux parlementaires à venir. Les députés LR espèrent pouvoir organiser des auditions dès la rentrée de septembre, afin d’alimenter les discussions budgétaires pour 2027. Le gouvernement, déjà sous pression sur les questions de pouvoir d’achat, pourrait se retrouver contraint de réagir à ces critiques.

« On ne peut pas continuer à dépenser sans évaluer l’impact réel de ces aides », a déclaré un député LR, rappelant que certaines prestations sociales, comme le RSA ou les aides au logement, représentaient un coût budgétaire de plusieurs milliards d’euros par an. La commission pourrait donc proposer des pistes pour rationaliser ces dépenses, sans pour autant remettre en cause leur principe.

Et maintenant ?

Si les contours exacts des travaux de cette commission restent à définir, elle pourrait devenir un outil de pression politique majeure d’ici la fin de l’année. Les résultats de ses auditions, attendus pour le premier trimestre 2027, pourraient influencer les arbitrages budgétaires et, pourquoi pas, servir de base à une proposition de loi. Reste à voir si cette initiative parviendra à ébranler les positions du RN ou si elle restera un coup d’éclat sans lendemain.

Dans ce contexte, la bataille des idées sur l’assistanat s’annonce plus intense que jamais, avec à la clé des enjeux électoraux majeurs pour les années à venir.

Pour la droite, notamment Les Républicains, l’« assistanat » désigne un système où les aides sociales créeraient une dépendance et décourageraient l’insertion professionnelle. L’idée est de réformer ces dispositifs pour les rendre plus incitatifs, en ciblant davantage les bénéficiaires et en conditionnant certaines aides à des contreparties comme une recherche active d’emploi.

Rien n’est moins sûr. Si les travaux de la commission peuvent déboucher sur des propositions concrètes, leur traduction législative dépendra du soutien d’autres groupes politiques. LR devra convaincre une majorité de députés, ce qui n’est pas garanti, d’autant que le gouvernement pourrait opposer son veto à certaines mesures.