Les investisseurs restent en alerte ce lundi 9 août 2026, alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) s'apprête à rendre sa décision sur les taux d'intérêt, attendue pour mercredi. Selon BFM Business, les marchés européens affichent une nervosité palpable, reflétant les incertitudes entourant une possible hausse des taux directeurs, susceptible de peser sur la croissance économique. Une situation qui rappelle les tensions observées fin juillet, lorsque la Fed était déjà au cœur des discussions des experts interrogés dans l'émission Good Morning Market.
Ce qu'il faut retenir
- La Fed doit annoncer sa décision sur les taux d'intérêt mercredi 11 août 2026, un scrutin scruté par les marchés mondiaux.
- Les analystes de BDL Capital Management, Uzès Gestion et Gay-Lussac Gestion ont évoqué cette attente lors de l'émission Good Morning Market le 28 juillet sur BFM Business.
- Plusieurs valeurs européennes ont marqué des performances contrastées : SAP en forte hausse de 18%, tandis que LVMH voit sa division « Mode et Maroquinerie » rebondir.
- Le géant chinois Shanghai Yuliangsheng met la pression sur ASML avec le lancement de machines de lithographie industrielles.
- Les résultats semestriels de Safran ont été revus à la hausse, confirmant une dynamique positive.
- La BCE a maintenu ses taux inchangés lors de sa dernière réunion le 24 juillet, une décision qui a rassuré temporairement les investisseurs.
Une Fed sous le feu des projecteurs
La question d'une possible hausse des taux par la Fed domine les débats depuis plusieurs semaines. Lors de l'émission Good Morning Market du 27 juillet, les intervenants, dont Florian Ielpo (Lombard Odier IM), Wilfrid Galand (Montpensier Arbevel) et Victor Lamarre (Euroland), avaient souligné que la décision de la Fed pourrait redéfinir la trajectoire des marchés financiers pour les prochains mois. « Les anticipations sont extrêmes », avait alors déclaré Victor Lamarre, ajoutant que « les investisseurs se demandent si la Fed parviendra à concilier lutte contre l'inflation et soutien à la croissance ».
Cette prudence s'explique par le contexte économique mondial, marqué par des tensions géopolitiques persistantes et des signes de ralentissement dans certaines régions. « Les marchés restent très sensibles aux annonces de politique monétaire », a rappelé Laurent Chaudeurge (BDL Capital Management) lors de l'émission du 28 juillet. Autant dire que la décision de la Fed, attendue dans deux jours, pourrait bien déclencher une volatilité accrue sur les places boursières.
Des performances contrastées sur les valeurs européennes
Côté entreprises, les performances récentes dessinent un tableau mitigé. SAP a enregistré une hausse spectaculaire de 18% en Bourse, portée par des résultats solides et des perspectives optimistes dans le cloud. Louis O'Connor (Uzès Gestion) a salué cette dynamique lors de l'émission du 28 juillet, soulignant que « le groupe allemand confirme son statut de leader sur le marché des logiciels d'entreprise ». À l'inverse, le secteur des semi-conducteurs reste sous tension, avec ASML confronté à une concurrence accrue venue de Chine.
Dans le luxe, LVMH a vu sa division « Mode et Maroquinerie » renouer avec la croissance, selon Laurent Chaudeurge. Une bonne nouvelle pour le groupe français, qui confirme ainsi sa résilience face aux incertitudes économiques. « Les consommateurs restent actifs sur les produits d'entrée de gamme », a-t-il précisé. Autre valeur à suivre : Safran, dont les objectifs annuels ont été revus à la hausse après des résultats semestriels très positifs. « L'aéronautique se porte bien, et les commandes restent soutenues », a commenté Louis de Fels (Gay-Lussac Gestion).
La BCE adopte une posture attentiste
Alors que la Fed se prépare à agir, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi de maintenir ses taux directeurs inchangés lors de sa dernière réunion le 24 juillet. Une décision qui a rassuré les investisseurs, même si les incertitudes persistent. « La BCE reste prudente », avait alors déclaré Thierry Laborde (BNP Paribas) dans l'émission Good Morning Market. « Elle attend de voir l'impact des dernières hausses de taux sur l'inflation ».
Cette prudence contraste avec le dynamisme observé dans certains secteurs technologiques. Soitec, spécialiste des matériaux semi-conducteurs, et 2CRSI, acteur des data centers, affichent des performances spectaculaires, portées par la demande en intelligence artificielle. « L'IA reste un moteur de croissance incontournable », a rappelé Victor Lamarre le 27 juillet. Un phénomène qui illustre la divergence actuelle entre les secteurs traditionnels et ceux liés à l'innovation.
Un contexte géopolitique toujours tendu
Les marchés restent également sensibles aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Lors de l'émission du 23 juillet, Jean-Louis Cussac (Perceval Finance Conseil) avait évoqué l'impact des affrontements entre l'Iran et les États-Unis sur l'ouverture du CAC 40, qui avait reculé à cette date. « Les investisseurs intègrent ces risques dans leurs stratégies », avait-il expliqué. Une prudence qui pourrait se maintenir dans les semaines à venir, alors que la région reste un foyer de tensions.
Par ailleurs, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine continuent de peser sur certains secteurs. Shanghai Yuliangsheng, un acteur chinois émergent dans les machines de lithographie, menace directement ASML, leader néerlandais du secteur. « Cette concurrence pourrait redistribuer les cartes dans le domaine des semi-conducteurs », a souligné Laurent Chaudeurge.
En attendant, les marchés restent en suspens, oscillant entre optimisme sur certains secteurs et prudence face aux incertitudes persistantes. Une chose est sûre : la semaine à venir s'annonce décisive pour les investisseurs.
La Fed doit concilier deux impératifs : maîtriser l’inflation, qui reste élevée dans plusieurs économies développées, et soutenir une croissance mondiale en ralentissement. Une hausse des taux pourrait freiner la consommation et les investissements, mais une baisse trop rapide risquerait d’alimenter les pressions inflationnistes. Selon les experts interrogés par BFM Business, « la Fed se trouve dans une position délicate », entre risque de surchauffe et menace de récession.
Les secteurs les plus sensibles à une hausse des taux sont généralement ceux qui dépendent fortement de l’endettement, comme l’immobilier ou les technologies. En revanche, les valeurs financières pourraient profiter d’une remontée des taux, qui améliore leurs marges. Côté bénéficiaires, les banques et les assurances devraient tirer leur épingle du jeu, tandis que les actions de croissance, comme celles des entreprises technologiques, pourraient subir des pressions.