La Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé jeudi 8 mai 2026 la fin de son partenariat emblématique avec l’éditeur italien Panini, qui durait depuis plus de cinq décennies. Selon Le Monde, l’institution sportive a choisi de s’associer à la société américaine Fanatics pour la production des albums de vignettes à partir de l’édition 2031 de la Coupe du monde. Une décision qui marque un tournant dans l’histoire des collections footballistiques, où Panini occupait une place centrale depuis l’édition 1970 au Mexique.
Ce qu'il faut retenir
- L’accord entre la FIFA et Fanatics prendra effet en 2031, remplaçant Panini qui détenait l’exclusivité depuis 1970.
- Fanatics, groupe spécialisé dans les produits dérivés sportifs, succède à Panini dans la production des albums de vignettes officiels.
- Panini a été le partenaire historique de la FIFA pour les albums de la Coupe du monde pendant 56 ans.
- Cette transition s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation des droits commerciaux de la FIFA.
Un partenariat de plus d’un demi-siècle
Depuis la Coupe du monde 1970 organisée au Mexique, Panini a accompagné chaque édition majeure du tournoi avec ses célèbres albums de vignettes autocollantes. Cette collaboration, devenue un rituel pour des millions de supporters à travers le monde, s’est construite sur une exclusivité totale accordée par la FIFA. Selon les données historiques, Panini a distribué plus de 3 milliards d’albums et 40 milliards de vignettes au fil des années, créant une véritable culture populaire autour du football.
D’après Le Monde, la FIFA a justifié cette rupture par une volonté de s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs et de digitaliser davantage l’expérience des supporters. « Le marché des collections évolue rapidement, et nous devons anticiper ces changements pour offrir une expérience moderne et engageante », a déclaré un porte-parole de la FIFA, cité par le quotidien.
Fanatics, un acteur majeur du sport business
Fondé en 2012 par Michael Rubin, Fanatics est aujourd’hui un géant du secteur des produits dérivés sportifs. L’entreprise détient déjà les droits pour les collections officielles de la NFL, de la NBA et de la Premier League, entre autres compétitions. Son expertise dans la distribution omnicanale — en ligne, en magasin et via des applications mobiles — en fait un partenaire de choix pour la FIFA, qui cherche à renforcer son emprise sur le marché numérique.
Contrairement à Panini, qui se concentrait principalement sur les albums physiques, Fanatics mise sur une approche hybride, intégrant réalité augmentée et contenus interactifs. « Nous allons révolutionner la façon dont les fans collectionnent et interagissent avec les vignettes », a affirmé un responsable de Fanatics, contacté par Le Monde. Cette transition pourrait donc s’accompagner d’innovations technologiques inédites dans le domaine des collections footballistiques.
Des répercussions économiques et culturelles
Le choix de Fanatics n’est pas anodin. Selon les analystes du secteur, ce partenariat pourrait générer des revenus supplémentaires pour la FIFA, déjà en pleine restructuration de ses droits commerciaux. En 2026, les droits médias et marketing de la Coupe du monde 2026 (États-Unis, Canada, Mexique) ont rapporté plus de 7 milliards d’euros, un record historique. La commercialisation des albums de vignettes, bien que moins lucrative que les droits télévisés, représente un marché estimé à plusieurs centaines de millions d’euros par édition.
Côté supporters, la disparition de Panini laisse un vide affectif. Pour beaucoup, collectionner les vignettes Panini était une tradition familiale, un rituel partagé entre générations. La question se pose désormais : Fanatics parviendra-t-il à recréer cette magie ? « Panini a marqué l’histoire du football en Europe et en Amérique latine. Leur héritage est immense », rappelle un ancien responsable marketing de la FIFA, sous couvert d’anonymat. Autant dire que la pression est forte sur les épaules du nouveau partenaire.
Cette décision s’inscrit par ailleurs dans une dynamique plus large de la FIFA pour diversifier ses partenariats commerciaux. Depuis quelques années, l’institution a renforcé ses liens avec des acteurs du numérique et des cryptomonnaies, comme en témoigne son accord récent avec la plateforme de fantasy football Sorare. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits, alors que la Coupe du monde 2030 s’annonce déjà comme un nouveau défi logistique et économique.
Selon Le Monde, la FIFA a privilégié Fanatics pour sa capacité à intégrer des technologies modernes (réalité augmentée, contenus interactifs) et pour son expérience dans la distribution omnicanale. Fanatics détient déjà les droits pour plusieurs ligues majeures, ce qui en fait un partenaire stratégique pour moderniser l’expérience des supporters.