Après près d’une décennie d’utilisation, la France s’apprête à tourner définitivement la page sur le logiciel américain Palantir. Selon Journal du Geek, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a choisi de remplacer progressivement ce système par Argonos, une solution développée en interne par l’entreprise française ChapsVision. Une décision présentée comme un impératif de souveraineté numérique, alors que le processus de transition s’annonce complexe et étalé dans le temps.

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis 2016, la DGSI utilisait le logiciel Palantir pour ses missions de renseignement et d’analyse de données.
  • Le remplacement s’effectuera par Argonos, une solution conçue par la société française ChapsVision.
  • Cette transition est motivée par un choix de souveraineté numérique, selon les autorités françaises.
  • Le processus ne sera ni immédiat ni simple, prévient Journal du Geek.
  • La France rejoint ainsi d’autres pays européens ayant fait le choix de solutions locales pour leurs outils de sécurité.

Une dépendance technologique jugée trop risquée

L’utilisation de Palantir par la DGSI remontait à 2016, une période où les outils américains dominaient largement le marché des logiciels d’analyse de données pour le renseignement. Pourtant, ces dernières années, les autorités françaises ont multiplié les prises de position en faveur d’une autonomie stratégique, notamment dans le domaine numérique. Côté souveraineté, la dépendance à des solutions étrangères — surtout américaines — était perçue comme un risque, autant sur le plan opérationnel que géopolitique. « Le choix d’Argonos s’inscrit dans une logique de maîtrise totale de nos outils critiques », a indiqué un responsable du ministère de l’Intérieur, cité par Journal du Geek.

Un remplacement progressif, mais sans retour en arrière

Contrairement à une migration instantanée, la France a opté pour une approche par étapes. Les premières phases de déploiement d’Argonos devraient débuter dès l’automne 2026, avec une montée en puissance progressive sur plusieurs années. « On ne peut pas simplement éteindre Palantir du jour au lendemain, explique un expert en cybersécurité contacté par Journal du Geek. Les données historiques, les algorithmes d’analyse et les interfaces doivent être migrés avec précaution pour éviter toute rupture de service. » Selon les informations disponibles, la transition complète pourrait s’étaler jusqu’en 2029, voire au-delà, en fonction des aléas techniques et organisationnels.

Argonos, une solution 100 % française

Développé par ChapsVision, une entreprise spécialisée dans les logiciels de data intelligence, Argonos est présenté comme une alternative souveraine, adaptée aux besoins spécifiques des services de renseignement français. Contrairement à Palantir, dont les serveurs sont hébergés aux États-Unis — ce qui pose des questions en matière de confidentialité des données —, Argonos sera entièrement hébergé en France, sous contrôle des autorités nationales. « Notre solution repose sur des algorithmes conçus en Europe, avec une conformité stricte au RGPD et aux exigences de la loi française », a précisé le PDG de ChapsVision, Guillaume Lefèvre, dans une déclaration rapportée par Journal du Geek.

Et maintenant ?

La phase pilote d’Argonos est prévue pour le dernier trimestre 2026, avant un déploiement plus large en 2027. Si les tests s’avèrent concluants, la DGSI pourrait accélérer la migration, mais des obstacles persistent. D’une part, la formation des agents à ce nouvel outil prendra du temps. D’autre part, certains modules de Palantir, intégrés depuis des années, devront être entièrement recodés pour Argonos. Une chose est sûre : la France ne reviendra pas en arrière sur ce choix stratégique, même si les défis opérationnels restent nombreux.

Cette transition s’inscrit dans un mouvement plus large, où plusieurs pays européens revoient leurs partenariats technologiques avec les États-Unis. En Allemagne, par exemple, les autorités ont récemment limité l’usage de certains logiciels américains dans les infrastructures sensibles. Pour la France, l’enjeu n’est pas seulement technique, mais aussi symbolique : afficher une volonté d’indépendance face aux géants américains du numérique.

La décision repose sur un impératif de souveraineté numérique. Après des années d’utilisation de Palantir, dont les serveurs sont situés aux États-Unis, les autorités françaises ont jugé risqué de maintenir cette dépendance, notamment en raison des questions de confidentialité des données et des contraintes géopolitiques. Argonos, développé par une entreprise française et hébergé en France, offre une alternative conforme aux exigences légales et stratégiques du pays.