La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) pourrait cesser ses activités mi-juin 2026 si aucun accord n’est trouvé entre Washington et les autres membres du Conseil de sécurité, a annoncé Le Monde. Une issue redoutée alors que le pays traverse une crise humanitaire et sociale d’une gravité sans précédent.

Ce qu'il faut retenir

  • La MANUA risque de s’achever mi-juin 2026 sans accord entre les États-Unis et les autres membres du Conseil de sécurité.
  • L’Afghanistan fait face à une crise humanitaire et sociale majeure, aggravée par l’absence de soutien international.
  • La décision dépend des négociations en cours à New York, où les positions des grandes puissances restent divisées.

Une mission au cœur des enjeux afghans

La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) joue depuis des années un rôle central dans la stabilisation du pays, notamment en matière de droits humains, de gouvernance et d’aide humanitaire. Selon Le Monde, son maintien dépend désormais d’un compromis entre les États-Unis, principal bailleur de fonds, et les autres membres permanents du Conseil de sécurité. Sans cet accord, les opérations de la MANUA pourraient s’interrompre brutalement dès la mi-juin, privant le pays d’un soutien essentiel.

La situation sur place reste extrêmement tendue. Les Nations unies ont régulièrement alerté sur l’aggravation de la crise, avec des millions de personnes dépendant de l’aide internationale pour survivre. L’économie afghane, déjà fragile, souffre d’un isolement croissant et d’un manque de financements extérieurs.

Les États-Unis, acteurs clés d’une décision incertaine

Les discussions en cours à New York s’articulent autour de plusieurs points de blocage. Les États-Unis, sous la pression de leur opinion publique et de certains alliés, conditionnent le maintien de leur contribution financière à des garanties sur la gestion des fonds et la transparence des institutions afghanes. Comme le rapporte Le Monde, d’autres membres du Conseil de sécurité, comme la Chine ou la Russie, adoptent des positions plus nuancées, voire hostiles à une prolongation sans conditions.

« La question n’est pas seulement financière, mais aussi politique », a précisé un diplomate sous couvert d’anonymat. « Les États-Unis veulent s’assurer que les fonds ne serviront pas à renforcer des groupes qu’ils considèrent comme hostiles. » Une équation complexe, alors que Kaboul peine à se doter d’institutions stables et crédibles.

Des conséquences humanitaires potentiellement dramatiques

La disparition de la MANUA aggraverait une crise déjà critique. En 2025, près de 28 millions d’Afghans – soit les deux tiers de la population – dépendaient de l’aide humanitaire, selon les estimations de l’ONU. Les programmes de santé, d’éducation et de sécurité alimentaire, déjà sous-financés, pourraient s’effondrer, plongeant des millions de personnes dans une précarité accrue.

« Sans la MANUA, c’est tout le système de protection qui vacille », a alerté un responsable de l’ONU joint par Le Monde. Les ONG sur place, déjà en première ligne, craignent une accélération des départs de travailleurs humanitaires et une réduction drastique de l’assistance. Les conséquences seraient immédiates, notamment dans les provinces les plus reculées, où l’accès à l’aide est déjà limité.

Et maintenant ?

Les négociations doivent s’achever d’ici la fin mai pour permettre une transition ordonnée, si un accord est trouvé. Une prolongation technique de la MANUA pourrait être envisagée, mais elle ne résoudrait pas les divergences de fond entre les grandes puissances. Dans le cas contraire, la communauté internationale devra se préparer à une gestion de crise humanitaire en Afghanistan, sans le filet de sécurité que représente la mission onusienne. Une échéance cruciale, donc, qui pourrait redéfinir l’avenir du pays pour les années à venir.

Reste à savoir si les parties prenantes parviendront à surmonter leurs différences avant la date butoir. Pour l’heure, l’incertitude domine, et avec elle, le risque d’un effondrement supplémentaire des structures essentielles à la survie de millions d’Afghans.

La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a pour mandat principal de soutenir la protection des droits humains, de promouvoir la bonne gouvernance, d’appuyer la mise en œuvre des accords de paix et de coordonner l’aide humanitaire. Elle joue également un rôle clé dans la promotion de l’égalité des genres et le renforcement des institutions locales.

Les positions varient au sein du Conseil de sécurité. Les États-Unis, principal contributeur financier, conditionnent leur soutien à des garanties politiques et financières. La Chine et la Russie, en revanche, adoptent une approche plus critique, estimant que la MANUA ne répond pas suffisamment à leurs exigences en matière de transparence et de souveraineté afghane.