L’Union européenne se dit « préparée à tous les scénarios » après la dernière menace tarifaire formulée par le président américain Donald Trump, qui envisage d’augmenter les droits de douane sur les voitures européennes de 15 % à 25 %. Selon Euronews FR, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a réagi mardi 5 mai 2026 depuis l’Arménie en rappelant que Washington était contraint par des limites légales l’empêchant de procéder unilatéralement à une telle hausse.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump menace d’augmenter les droits de douane sur les voitures européennes, passant de 15 % à 25 %, au nom du non-respect des règles commerciales.
- Ursula von der Leyen rappelle que les États-Unis ne peuvent agir seuls en raison de contraintes légales, tout en soulignant que « un accord est un accord ».
- L’UE est en phase finale de mise en œuvre d’un accord commercial visant à supprimer les droits de douane sur une large gamme de produits américains.
- Les États-Unis s’étaient engagés à respecter un plafond global de 15 % sur les produits européens, mais cet alignement reste « en suspens », selon von der Leyen.
- Une rencontre entre le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et le représentant américain au commerce, Jamieson Lee Greer, est prévue aujourd’hui à Paris en marge du G7.
Une menace tarifaire qui relance les tensions commerciales
La semaine dernière, Donald Trump a surpris ses partenaires européens en annonçant, sans préavis, son intention de relever les droits de douane sur les véhicules fabriqués dans l’Union européenne. Selon Euronews FR, cette décision, justifiée par un prétendu non-respect des règles commerciales, intervient dans un contexte déjà tendu entre les deux rives de l’Atlantique. Ursula von der Leyen a immédiatement réagi en défendant la fiabilité des engagements pris par Bruxelles.
« Un accord est un accord, et nous avons conclu un accord. L’essence de cet accord est la prospérité, des règles communes et la fiabilité », a-t-elle déclaré mardi lors d’une intervention en Arménie. Elle a également insisté sur la volonté de l’UE de « aboutir à un gain mutuel, à la coopération et à la fiabilité », tout en rappelant que l’Europe était prête à faire face à « tous les scénarios », y compris des mesures de rétorsion si nécessaire.
Les contraintes légales américaines et les engagements non tenus
Ursula von der Leyen a tenu à préciser que les États-Unis ne pouvaient pas, en théorie, augmenter unilatéralement leurs droits de douane en raison de limites légales internes. Cette précision vise à rappeler que toute décision tarifaire doit respecter des procédures démocratiques, un point que Bruxelles exige que Washington respecte scrupuleusement. Selon la déclaration commune signée par les deux parties en 2025, les États-Unis devaient abaisser leurs droits de douane sur les voitures européennes dès l’entrée en vigueur de la législation européenne, et non à son approbation finale.
Pourtant, « l’alignement sur le plafond convenu de 15 % reste en suspens », a souligné la présidente de la Commission, qui a appelé au respect des « différents processus démocratiques ». Cette situation met en lumière les tensions persistantes autour de l’application des accords commerciaux, malgré les déclarations d’intention des deux côtés.
L’UE en dernière ligne droite pour son accord commercial avec les États-Unis
Côté européen, l’adoption du pilier commercial de l’accord UE-États-Unis, qui prévoit l’élimination des droits de douane sur de nombreux produits américains, est en phase finale. La législation est actuellement en discussion au Parlement européen, où elle avait été temporairement retardée en raison de la crise diplomatique déclenchée par la tentative de Donald Trump de s’emparer du Groenland, un territoire danois. Les eurodéputés ont depuis renforcé le texte en y intégrant des garanties supplémentaires pour protéger les intérêts européens.
António Costa, président du Conseil européen, a confirmé que les 27 États membres soutenaient « pleinement » le travail mené par la Commission et son présidente. Depuis l’annonce de Trump vendredi dernier, Bruxelles a demandé à Washington des « clarifications » sur les motivations de cette menace tarifaire, tout en affichant sa détermination à y répondre si nécessaire. Une réunion de crise entre les deux parties est donc attendue aujourd’hui même à Paris, en marge du G7, où Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce, doit s’entretenir avec Jamieson Lee Greer, le représentant américain au commerce.
Un contexte géopolitique qui alimente les tensions
Cette escalade tarifaire intervient dans un climat déjà tendu entre l’Europe et les États-Unis, notamment en raison des déclarations récentes du chancelier allemand Friedrich Merz. Ce dernier avait affirmé que l’Iran avait « humilié » les États-Unis dans le cadre d’un conflit armé, une déclaration qui a pu être perçue comme une provocation à Washington. L’Allemagne, premier constructeur automobile européen, est particulièrement exposée à une hausse des droits de douane américains, en raison de sa dépendance aux exportations de véhicules vers les États-Unis.
Friedrich Merz a cependant nié tout lien entre ses propos et la menace tarifaire de Trump, soulignant que cette décision relevait uniquement de considérations commerciales. Reste que cette crise survient à un moment où les relations transatlantiques sont déjà fragilisées par des divergences sur plusieurs dossiers, allant de la transition énergétique à la défense européenne.
Prochaines étapes : entre dialogue et préparation à l’escalade
Pour l’instant, Bruxelles mise sur le dialogue pour désamorcer la crise. Une rencontre entre les représentants européens et américains est prévue aujourd’hui à Paris, dans le cadre du G7. L’objectif est de clarifier les motivations derrière la menace de Trump et d’éviter une escalade tarifaire qui pénaliserait les deux économies. Selon Euronews FR, l’UE insiste sur le respect des engagements pris dans le cadre de la déclaration commune de 2025, notamment le plafond de 15 % sur les droits de douane.
Dans le même temps, l’Union européenne se prépare à tous les scénarios, y compris à une riposte commerciale si les États-Unis devaient passer à l’acte. Ursula von der Leyen a rappelé que l’essence de l’accord UE-États-Unis reposait sur la « prospérité partagée », la « fiabilité » et le respect des règles communes – des principes que Washington semble remettre en cause avec sa récente menace tarifaire.
La situation reste donc très incertaine, mais une chose est sûre : l’UE ne compte pas céder sous la pression et compte bien rappeler à Washington que « un accord est un accord ».
Selon les déclarations de la Maison-Blanche, cette mesure vise à sanctionner le prétendu non-respect des règles commerciales par l’Union européenne. Donald Trump accuse Bruxelles de ne pas respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord commercial signé en 2025, notamment en matière de réciprocité tarifaire.
Une augmentation des droits de douane de 15 % à 25 % renchérirait significativement le prix des véhicules européens aux États-Unis, un marché clé pour des constructeurs comme Volkswagen, BMW ou Mercedes. Cela pourrait entraîner une baisse des exportations et des pertes financières pour ces entreprises, déjà confrontées à un ralentissement de la demande en Europe.