Selon Numerama, l’agence spatiale américaine a dévoilé les contours de sa future base lunaire, une installation destinée à accueillir des humains en permanence sur la Lune. Lors d’un événement organisé en présence de son administrateur, Jared Isaacman, la Nasa a présenté le calendrier des trois premières missions prévues pour cette année, marquant une étape concrète vers une occupation permanente de notre satellite naturel.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois missions lunaires, Moon Base I, II et III, sont programmées pour 2026 afin de préparer la construction d’une base lunaire habitée en permanence.
  • Moon Base I, prévue pour l’automne 2026, sera assurée par l’atterrisseur Moon Mark 1 Endurance de Blue Origin, équipé d’instruments scientifiques incluant des caméras et un réflecteur laser.
  • Moon Base II emportera un rover développé par Astrolab, FLIP, pour explorer le sol lunaire, avec un atterrisseur Griffin fourni par Astrobotic.
  • Moon Base III, également prévue en 2026, transportera des équipements pour étudier les tourbillons lunaires, dont un rover se posera près de Reiner Gamma, un phénomène de 70 km de diamètre.
  • La Nasa a annoncé une douzaine de missions supplémentaires pour les prochains mois, tandis que des contrats de 219 et 220 millions de dollars ont été attribués à Astrolab et Lunar Outpost pour le développement de nouveaux rovers.

Une feuille de route ambitieuse pour une base lunaire permanente

La Nasa a officiellement lancé son programme de construction d’une base lunaire habitée en permanence, une première dans l’histoire de l’exploration spatiale. Comme le rapporte Numerama, l’agence américaine a révélé les détails des trois missions prévues pour 2026, baptisées Moon Base I, II et III. Ces missions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à établir une présence humaine durable sur la Lune d’ici le début de la prochaine décennie.

Lors de l’annonce, Jared Isaacman, administrateur de la Nasa, a précisé que ces missions marquaient le début d’une série d’opérations bien plus large. « Nous passons des annonces aux actions concrètes », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de préparer les infrastructures nécessaires pour des séjours prolongés. L’événement, marqué par la présence de représentants des entreprises partenaires, a permis de détailler le rôle de chacune d’entre elles dans ce projet d’envergure.

Moon Base I : tester les atterrissages et cartographier la Lune

La première mission, Moon Base I, est programmée pour l’automne 2026. Elle reposera sur l’atterrisseur Moon Mark 1 Endurance, développé par Blue Origin. Son objectif principal sera de déposer plusieurs instruments scientifiques à la surface de la Lune, dont des caméras spécialement conçues pour observer le comportement du régolithe lunaire lors des atterrissages.

Ce phénomène est crucial, car l’augmentation des missions lunaires rend les atterrissages simultanés plus probables. Selon la Nasa, ces observations permettront d’éviter les collisions ou les perturbations des sites d’alunissage. L’atterrisseur emportera également un réflecteur laser, conçu pour permettre aux vaisseaux en orbite de calculer leur position avec une précision accrue, une technologie essentielle pour les futures missions habitées.

Moon Base II : un rover autonome pour préparer le terrain

Moon Base II, prévue pour 2026, aura pour mission de poser un rover autonome sur la surface lunaire. Deux entreprises seront impliquées : Astrobotic, avec son atterrisseur Griffin, et Astrolab, qui fournira le rover FLIP. Ce véhicule, d’un poids d’environ une tonne, est conçu pour explorer le sol lunaire et préparer le terrain pour des missions ultérieures, qu’elles soient robotisées ou habitées.

L’atterrisseur Griffin, initialement prévu pour transporter la mission VIPER de la Nasa, avait vu son objectif modifié après l’annulation de cette dernière. La Nasa a alors redéfini son utilisation, confirmant que le véhicule servirait finalement à déposer des charges utiles plus larges, dont le rover FLIP. Ce dernier, entièrement autonome, est équipé pour analyser la composition du sol et identifier des zones adaptées à l’installation de futures infrastructures.

Moon Base III : explorer les mystères des tourbillons lunaires

La troisième mission, Moon Base III, sera assurée par l’atterrisseur Nova-C d’Intuitive Machines. Elle transportera Lunar Vertex, un ensemble d’équipements scientifiques destinés à étudier les tourbillons lunaires — des formations claires et sinueuses dont l’origine reste mal comprise. L’un de ces tourbillons, Reiner Gamma, d’un diamètre de 70 kilomètres, servira de cible pour cette mission.

Le rover embarqué se posera à proximité de ce site pour analyser les caractéristiques magnétiques et géologiques de la zone. L’équipement inclura également un réflecteur laser développé par l’ESA, en partie en France, ainsi qu’un détecteur de champ magnétique construit en Corée du Sud. Ces instruments permettront de recueillir des données inédites sur ces phénomènes encore mystérieux.

Un calendrier serré et des perspectives élargies

La Nasa a confirmé que le programme de 2026 serait déjà très dense, avec ces trois missions lunaires. Jared Isaacman a précisé qu’une douzaine de missions similaires seraient dévoilées dans les mois à venir, confirmant ainsi l’accélération du programme lunaire américain. Ces annonces interviennent alors que l’agence spatiale multiplie les partenariats avec des entreprises privées pour réduire les coûts et les risques techniques.

Dans le même temps, la Nasa a attribué des contrats de 219 millions de dollars à Astrolab et de 220 millions de dollars à Lunar Outpost pour le développement de nouveaux rovers lunaires. Ces véhicules, devant être finalisés d’ici un an et demi, seront essentiels pour l’exploration et la préparation des futurs sites d’alunissage. Par ailleurs, l’agence a confirmé l’envoi, d’ici 2028, de la mission MoonFall, un équipage de drones chargé de cartographier le terrain avant l’arrivée des astronautes.

Et maintenant ?

Le calendrier annoncé par la Nasa repose sur un enchaînement précis de missions, mais des retards ne sont pas à exclure, comme en témoignent les reports passés. Pour l’heure, l’agence mise sur une exécution rigoureuse de son plan, avec une première mission habitée vers la Lune prévue d’ici la fin de la décennie. Les données recueillies par ces trois missions de 2026 seront déterminantes pour valider les technologies et les stratégies retenues, avant le lancement des phases suivantes de construction de la base lunaire.

En parallèle, les contrats attribués à Astrolab et Lunar Outpost marquent une étape clé dans la collaboration public-privé, un modèle que la Nasa entend renforcer pour maintenir son avance dans la course à l’espace. Reste à voir si les partenaires industriels parviendront à respecter les échéances, alors que la pression pour devancer les ambitions lunaires de la Chine et d’autres nations s’intensifie.

Le régolithe lunaire, ou sol lunaire, est un enjeu majeur pour les futures missions habitées. Son comportement lors des atterrissages — notamment la formation de nuages de poussière ou d’éjectas — peut perturber les opérations et endommager les équipements. En étudiant ces interactions, la Nasa cherche à minimiser les risques pour les astronautes et les infrastructures, tout en améliorant la précision des alunissages.