Alors que le programme Artemis se concentre sur le retour de l’humanité sur la Lune, la NASA n’entend pas s’arrêter là. Comme le rapporte Journal du Geek, l’agence spatiale américaine a récemment confirmé son intention d’envoyer une mission habitée vers Mars dès 2028, en s’appuyant sur une technologie de propulsion nucléaire. Une stratégie qui pourrait réduire significativement la durée du voyage, mais qui soulève également des défis techniques et sécuritaires majeurs.

Ce qu'il faut retenir

  • La NASA prévoit d’envoyer une mission habitée vers Mars en 2028.
  • Le voyage utilisera une fusée à propulsion nucléaire thermique pour gagner en rapidité.
  • Cette technologie pourrait diviser par deux la durée du trajet vers Mars, actuellement estimée à 6 à 9 mois.
  • Le projet s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large visant à préparer l’exploration humaine de la planète rouge.
  • Les tests sur cette technologie sont en cours, mais des questions de sécurité et de faisabilité technique subsistent.

Une propulsion nucléaire pour accélérer la conquête martienne

Selon les informations rapportées par Journal du Geek, la NASA mise sur une fusée à propulsion nucléaire thermique pour concrétiser son objectif martien. Cette technologie, qui n’a pas été utilisée dans le cadre de missions habitées depuis les années 1960, permet d’envisager un trajet vers Mars en seulement 3 à 4 mois, contre six à neuf mois avec les systèmes chimiques actuels. Jeff Sheehy, ingénieur en chef du programme de développement de la propulsion nucléaire spatiale (DRACO) au sein de la NASA, a souligné que cette avancée « pourrait révolutionner l’exploration spatiale en réduisant les risques pour les astronautes liés à une exposition prolongée aux rayonnements cosmiques et aux effets de l’apesanteur ».

Pour autant, ce projet ne fait pas l’unanimité. Certains experts rappellent que les réacteurs nucléaires utilisés en orbite ou dans l’espace posent des défis en termes de sûreté, notamment en cas d’échec au lancement. La NASA a d’ailleurs indiqué que les premiers tests au sol du réacteur, prévu dans le cadre du programme DRACO, sont programmés pour 2027, avant une éventuelle utilisation opérationnelle deux ans plus tard.

Mars 2028 : un calendrier ambitieux mais réaliste ?

Le calendrier annoncé par l’agence spatiale américaine suscite à la fois l’enthousiasme et le scepticisme. Si la NASA a toujours affiché sa volonté de poser le pied sur Mars dans les années 2030, un lancement dès 2028 représenterait une accélération significative. Jim Bridenstine, administrateur de la NASA entre 2018 et 2021, avait déjà évoqué en 2020 la possibilité d’un tel scénario, précisant que « la propulsion nucléaire pourrait être le facteur décisif pour atteindre cet objectif plus tôt que prévu ».

Cependant, plusieurs obstacles restent à surmonter. Outre les défis techniques liés à la maîtrise de la propulsion nucléaire, la NASA doit encore finaliser le développement du vaisseau Orion et de son module de descente martienne. Par ailleurs, les financements nécessaires à un tel projet – estimés à plusieurs milliards de dollars – devront être validés par le Congrès américain dans un contexte budgétaire déjà tendu. Comme le note Journal du Geek, « la réalisation de cette mission dépendra autant de la technologie que des arbitrages politiques ».

Un projet qui s’inscrit dans une stratégie globale d’exploration

Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large où les États-Unis, la Chine et même des acteurs privés comme SpaceX rivalisent pour devenir les premiers à envoyer des humains sur Mars. La NASA, qui collabore avec des partenaires internationaux et industriels, mise sur la propulsion nucléaire pour prendre une longueur d’avance. Bill Nelson, actuel administrateur de l’agence, a déclaré en 2025 que « Mars n’est plus un rêve lointain, mais une destination accessible dans les années à venir ».

Côté chinois, l’ambition martienne est également affichée avec un projet de mission habitée prévu pour les années 2030, tandis que SpaceX, avec son vaisseau Starship, ambitionne d’y envoyer des colons dès le milieu des années 2020. Dans ce paysage concurrentiel, la propulsion nucléaire pourrait donc faire la différence, à condition que les risques inhérents à cette technologie soient maîtrisés.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des résultats des tests sur la propulsion nucléaire, prévus pour 2027. Si ceux-ci s’avèrent concluants, la NASA pourrait accélérer le développement de sa mission martienne et solliciter un budget supplémentaire auprès du Congrès. Parallèlement, les collaborations internationales et industrielles seront déterminantes pour lever les obstacles techniques restants. Reste à voir si l’agence spatiale parviendra à tenir ce calendrier serré, dans un contexte où chaque retard peut compromettre l’ensemble du projet.

En attendant, la course vers Mars s’intensifie, et 2028 pourrait bien marquer un tournant historique – à condition que la technologie et les budgets suivent.

La propulsion nucléaire thermique offre un rapport poussée/poids bien supérieur aux moteurs chimiques traditionnels. Cela permet de réduire la durée du voyage, limitant ainsi l’exposition des astronautes aux rayonnements cosmiques et aux effets de l’apesanteur, deux risques majeurs lors des missions de longue durée.