L’agence spatiale américaine a annoncé, lors d’un point presse organisé le 10 avril 2026, que la composition de l’équipage de la mission Artémis III serait prochainement dévoilée. Cette annonce intervient alors que la mission, initialement prévue pour un alunissage, a été redéfinie comme un vol d’essai en orbite terrestre basse, selon Numerama.

Ce qu’il faut retenir

  • La Nasa a confirmé que l’équipage d’Artémis III serait annoncé « bientôt », sans préciser de date exacte.
  • Contrairement au plan initial, Artémis III ne se posera pas sur la Lune, mais servira de test pour l’arrimage d’Orion aux alunisseurs de SpaceX et Blue Origin.
  • L’équipage d’Artémis IV, qui doit se poser sur la Lune, n’a toujours pas été révélé malgré un entraînement déjà engagé.
  • La mission Artémis III est désormais un vol habité en orbite terrestre basse, prévu pour 2027.
  • La diversité de l’équipage d’Artémis II (trois Américains et un Canadien, dont une femme et une personne racisée) avait marqué un tournant.

Une mission redéfinie et un équipage toujours dans l’ombre

La Nasa a récemment révisé le calendrier et la nature de ses missions Artémis. Initialement conçue pour être la première mission habitée à se poser sur la Lune depuis 1972, Artémis III a été transformée en un vol d’essai en orbite terrestre. Cette décision, annoncée en janvier 2026, vise à valider l’arrimage de la capsule Orion aux alunisseurs développés par SpaceX et Blue Origin. Autant dire que l’enjeu technique reste crucial, même si l’objectif lunaire est reporté à Artémis IV.

Pourtant, malgré l’imminence du lancement prévu dans environ un an, l’identité des astronautes sélectionnés pour Artémis III n’a toujours pas été communiquée. La Nasa, interrogée lors d’un point presse le 10 avril 2026, a simplement indiqué que cette annonce interviendrait « bientôt », sans préciser de délai. Selon Amit Kshatriya, administrateur adjoint de l’agence, cette révélation pourrait intervenir « dans quelques jours, voire quelques semaines ». Une attente qui contraste avec le calendrier initial : l’équipage d’Artémis II, par exemple, avait été annoncé trois ans avant son décollage.

Un contraste saisissant avec les ambitions initiales

Le revirement stratégique opéré par la Nasa soulève des questions quant à l’attractivité de la mission pour les astronautes. À l’origine, Artémis III devait être la mission phare du programme, marquant le retour des humains sur la Lune. Aujourd’hui, elle se limite à un test en orbite terrestre, une perspective bien moins prestigieuse. « En comparaison d’Artémis IV, qui doit aller sur la Lune, Artémis III fait pâle figure », souligne Numerama.

Cette redéfinition pourrait également influencer les choix des astronautes éligibles. Certains, pressentis pour une mission lunaire, pourraient se montrer moins enthousiastes à l’idée de participer à un simple vol de test à proximité de la Terre. La question se pose notamment pour les astronautes européens, comme Thomas Pesquet, dont l’attention se porte naturellement vers les missions impliquant un alunissage. L’Europe, qui milite pour une représentation de ses astronautes dans le programme Artémis, voit dans Artémis IV une opportunité bien plus attractive.

Le silence persistant sur Artémis IV intrigue davantage

Alors que l’équipage d’Artémis III suscite une attente palpable, c’est l’absence d’annonce concernant Artémis IV qui intrigue davantage les observateurs. Prévue pour un alunissage d’ici deux ans et demi au plus tard, cette mission nécessite un entraînement spécifique et particulièrement exigeant. Pourtant, la Nasa n’a toujours pas révélé les noms des astronautes qui y participeront. Une omission qui interroge, d’autant que les défis techniques et humains liés à un alunissage sont bien plus complexes que ceux d’un vol en orbite terrestre.

« Le silence de la Nasa sur la formation de l’équipage d’Artémis IV intrigue davantage », relève Numerama. Alors que l’entraînement pour fouler le sol lunaire est d’une intensité exceptionnelle, l’agence spatiale semble prendre son temps pour officialiser les sélectionnés. Une prudence qui pourrait s’expliquer par les ajustements constants du programme ou par des critères de sélection encore en discussion.

Diversité et enjeux politiques sous la présidence Trump

L’équipage d’Artémis II, composé de Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et Jeremy Hansen, avait marqué les esprits par sa diversité. Trois Américains (dont une femme et une personne racisée) et un Canadien avaient été choisis, reflétant une volonté de représenter la pluralité au sein des équipes spatiales. Une approche saluée sous la présidence de Joe Biden, mais dont l’avenir reste incertain sous l’administration actuelle.

Rien ne garantit que cette logique de diversité sera reconduite pour les prochaines missions. Les priorités politiques et les orientations stratégiques de la Nasa pourraient évoluer, influençant directement la composition des équipages. À ce stade, seule la révélation de l’équipage d’Artémis III permettra d’éclairer ces choix.

Et maintenant ?

La Nasa a désormais la pression de communiquer rapidement la composition de l’équipage d’Artémis III, alors que la mission approche à grands pas. Si l’annonce intervient dans les prochaines semaines, comme le suggère Amit Kshatriya, les astronautes sélectionnés devront entamer sans tarder leur entraînement spécifique. Quant à Artémis IV, l’attente risque de se prolonger, alors que les enjeux techniques et symboliques de cette mission restent majeurs. Une chose est sûre : le programme Artémis continue de s’écrire, étape par étape, dans un contexte en constante évolution.

L’annonce de l’équipage d’Artémis III marquera une nouvelle phase pour le programme spatial américain. Si cette mission a perdu de son éclat initial, elle n’en reste pas moins cruciale pour la suite des opérations lunaires. Quant à Artémis IV, son succès dépendra en grande partie des choix faits aujourd’hui par la Nasa.

La Nasa a revu ses plans en janvier 2026 et transformé Artémis III en un vol d’essai en orbite terrestre. Cette décision vise à valider l’arrimage de la capsule Orion aux alunisseurs de SpaceX et Blue Origin avant de tenter un alunissage avec Artémis IV.