Selon Le Figaro, Begoña Gómez, épouse du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, a été officiellement inculpée pour des faits de corruption, détournement de fonds publics et trafic d’influence. La décision de justice, rendue publique lundi 13 avril 2026, intervient après deux années d’enquête menée par le juge Juan Carlos Peinado. Cette affaire s’inscrit dans un contexte de pression accrue sur le gouvernement de coalition minoritaire de Sánchez, déjà fragilisé par plusieurs dossiers judiciaires visant son entourage politique.
Ce qu'il faut retenir
- Begoña Gómez, 55 ans, a été inculpée pour détournement de fonds, trafic d’influence, corruption et appropriation illicite par un juge espagnol, selon une décision datée du 11 avril 2026.
- L’enquête, ouverte en avril 2024, porte sur la création d’une chaire universitaire à l’université Complutense de Madrid, codirigée par Begoña Gómez, et sur l’utilisation présumée de moyens publics à des fins privées.
- Le juge a estimé que la chaire a servi à « favoriser une progression professionnelle privée » pour l’épouse du Premier ministre, malgré les dénégations de cette dernière.
- Pedro Sánchez, dont le gouvernement est visé par plusieurs affaires de corruption, a dénoncé une tentative de déstabilisation de la part de la droite espagnole, tandis que l’opposition réclame la démission de son épouse.
- Le frère du Premier ministre, David Sánchez, et son ancien ministre des Transports, José Luis Ábalos, sont également mis en cause dans des affaires distinctes liées à des faits de corruption.
Une enquête ouverte en avril 2024 sur fond de soupçons d’abus de pouvoir
L’enquête judiciaire visant Begoña Gómez a débuté il y a deux ans, en avril 2024, sur la base d’une plainte déposée par un groupe anticorruption aux liens avec l’extrême droite. Selon Le Figaro, le juge Juan Carlos Peinado a été saisi pour déterminer si l’épouse du Premier ministre avait tiré profit de son statut et de ses relations avec le pouvoir exécutif pour obtenir des avantages financiers et professionnels. Begoña Gómez, en déplacement officiel en Chine avec son époux au moment de l’annonce de l’inculpation, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés.
Les investigations ont notamment porté sur la création d’une chaire à l’université Complutense de Madrid, dont elle assurait la codirection. Le juge Peinado a conclu que cette structure avait été utilisée comme un levier pour favoriser sa carrière personnelle, en s’appuyant sur des fonds publics et des réseaux d’influence. Dans sa décision, il écrit : « La chaire a servi de moyen de progression professionnelle privée à la personne sur laquelle porte l’enquête ».
Un gouvernement sous pression, une opposition en embuscade
Cette affaire s’ajoute à une série de dossiers judiciaires qui pèsent sur le gouvernement de coalition dirigé par Pedro Sánchez, un socialiste au pouvoir depuis 2018. Le Premier ministre a immédiatement réagi en qualifiant les allégations contre son épouse de « tentative de déstabilisation » orchestrée par la droite espagnole. Une analyse qui s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par des tensions entre les forces progressistes et les partis conservateurs, notamment le Parti populaire (PP) et Vox.
De son côté, l’opposition a appelé à la démission de Begoña Gómez, estimant que son maintien aux côtés du chef du gouvernement porte atteinte à la crédibilité de l’exécutif. Cette demande s’ajoute à d’autres pressions politiques, alors que le gouvernement Sánchez, minoritaire au Parlement, doit composer avec des alliances fragiles pour faire adopter ses réformes. José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports et proche collaborateur de Sánchez, a lui-même été entendu en avril 2026 dans une affaire distincte de soupçons de corruption passive dans l’attribution de marchés publics.
Le frère du Premier ministre également visé par la justice
Parallèlement à l’affaire Begoña Gómez, le frère du Premier ministre, David Sánchez, fait l’objet d’une enquête séparée pour trafic d’influence. Selon les informations rapportées par Le Figaro, il aurait bénéficié d’un recrutement privilégié dans une administration régionale, en s’appuyant sur des réseaux politiques. Ce dossier illustre la récurrence des accusations de népotisme et de favoritisme au sein de l’entourage du chef du gouvernement espagnol, un phénomène qui alimente les critiques des opposants et des médias. Ces affaires judiciaires s’inscrivent dans un contexte plus large de défiance envers les institutions, alors que l’Espagne traverse une période de polarisation accrue. Les scandales de corruption ne sont pas nouveaux dans le pays, où plusieurs responsables politiques ont déjà été condamnés pour des faits similaires. Pourtant, l’implication directe de l’épouse du Premier ministre donne à cette affaire une dimension symbolique, voire politique, bien au-delà des simples considérations judiciaires.
Pour l’opposition, cette affaire représente une opportunité de fragiliser le gouvernement et de relancer les appels à la démission de Begoña Gómez. De son côté, Pedro Sánchez pourrait tenter de minimiser l’impact de ces révélations en insistant sur le principe de présomption d’innocence, tout en renforçant la communication autour des réformes sociales portées par son équipe. Reste à savoir si cette stratégie suffira à rétablir la confiance des Espagnols dans leurs institutions, alors que la défiance envers les élites politiques atteint des niveaux records.
Cette inculpation intervient également à un moment où l’Espagne cherche à renforcer son image internationale, notamment dans le cadre de ses relations avec l’Union européenne. Les questions de transparence et de bonne gouvernance prennent une importance croissante, alors que Bruxelles renforce ses exigences en matière de lutte contre la corruption. Bref, l’affaire Begoña Gómez pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières espagnoles, en alimentant les débats sur l’éthique du pouvoir en Europe.
Begoña Gómez a été inculpée pour détournement de fonds publics, trafic d’influence, corruption et appropriation illicite, selon la décision du juge Juan Carlos Peinado rendue publique le 13 avril 2026.
L’enquête a révélé que la chaire à l’université Complutense de Madrid, codirigée par Begoña Gómez, a servi à favoriser sa progression professionnelle personnelle, en utilisant des fonds publics et des réseaux d’influence. Le juge a estimé que cette structure avait été détournée à des fins privées.
