La mort du papier a été annoncée maintes fois, mais l’heure fatidique n’a pas encore sonné. Au contraire, le papier connaît même une petite renaissance outre-Manche, sous la forme des fanzines, selon Courrier International. Ces talismans des mélomanes les plus assidus connaissent une résurgence chez la génération Z, qui les voit comme une forme de résistance à la fatigue de l’algorithme et l’hypercapitalisme de l’industrie musicale.
Les fanzines, qui reflètent bien ce désir d’analogique dans un monde où tout devient virtuel, sont devenus un phénomène en vogue chez les jeunes Britanniques. Après les cassettes ou les vinyles, ces magazines artisanaux sont une manière pour les fans de musique de se connecter avec leur passion de manière plus tangible. Selon ExP, musicien hip-hop et créateur du fanzine West Yorkshire Hip-Hop, « la capacité d’attention numérique est au plus bas, vous passerez presque certainement plus de temps à regarder un fanzine qu’à faire défiler votre fil d’actualité. C’est plus intéressant et plus authentique ».
Ce qu'il faut retenir
- La renaissance des fanzines chez la Gen Z britannique est une forme de résistance à l'hypercapitalisme de l'industrie musicale.
- Les fanzines reflètent le désir d'analogique dans un monde où tout devient virtuel.
- Les jeunes Britanniques sont attirés par l'authenticité et la nostalgie des fanzines.
L'histoire des fanzines
C’est avec l’émergence du punk dans les années 1970 que les fanzines ont connu un essor spectaculaire, célébrant les groupes et la culture alternatifs du genre. Aujourd’hui, ces productions imprimées se diffusent paradoxalement via les réseaux, et reflètent l’éclectisme de la scène musicale particulièrement riche au Royaume-Uni, avec des genres tels que le ska, le métal, le folk, etc.
Les fanzines documentent aussi des scènes niches, souvent à l’échelle locale, à l’image du magazine TQ, sur la musique expérimentale. Selon Andy TarQuin Wood, rédacteur en chef de TQ, « j’aime à penser que TQ est une histoire vivante de la musique du Nord-Est », formant ainsi une sorte de capsule temporelle.
La nostalgie et l'authenticité
La nostalgie joue un rôle important dans la renaissance des fanzines. Les jeunes Britanniques sont attirés par l’esthétique du patchwork et ont même incité des créateurs de la première heure à relancer leurs fanzines. Une différence notable avec leurs prédécesseurs : ces productions imprimées se diffusent paradoxalement via les réseaux.
Steven, le guitariste et chanteur du groupe indie-pop écossais Bis, qui a émergé dans les années 1990, et qui est toujours très apprécié de la Gen Z, explique que « notre époque était la dernière pré-internet, et j’imagine qu’il y a un côté romantique à cela pour les jeunes générations ».
La communauté et la résistance
Les fanzines forment des communautés de fans qui se dérobent à l’homogénéisation culturelle, dans une industrie dominée par les plateformes, les algorithmes et peut-être bientôt l’IA. Manda Rin, une autre membre du groupe Bis, ajoute que « les jeunes aujourd’hui ne sont pas seulement attirés par nos textes engagés et percutants, mais aussi par le fait d’accepter d’être différent, tout simplement ».
En conclusion, la renaissance des fanzines chez la Gen Z britannique est un phénomène qui reflète à la fois la nostalgie pour le passé et le désir de something de plus authentique et de plus personnel dans une époque dominée par la technologie et les algorithmes.