C’est une première pour le programme spatial chinois. La sonde Tianwen-2, lancée le 29 mai 2025, a atteint son objectif lundi 6 juillet 2026 après un périple d’un an et un milliard de kilomètres parcourus, comme le rapporte Franceinfo - Sciences. Sa cible : l’astéroïde « 2016 HO3 », un corps rocheux d’environ 40 mètres de diamètre en orbite autour du Soleil, sur lequel elle doit désormais se poser pour en prélever des échantillons.
Ce qu'il faut retenir
- La sonde chinoise Tianwen-2 a atteint l’astéroïde « 2016 HO3 » le 6 juillet 2026 après un voyage d’un an et un milliard de kilomètres.
- L’objectif est de prélever des échantillons de cet astéroïde, une opération délicate en raison de sa rotation rapide et de sa petite taille.
- Si la mission réussit, les échantillons pourraient être rapportés sur Terre d’ici un an et demi, avant que la sonde ne parte étudier une comète.
- Les scientifiques estiment que cet astéroïde pourrait avoir une origine inédite, différente d’un fragment lunaire comme initialement pensé.
Une mission ambitieuse aux défis techniques majeurs
L’arrivée de Tianwen-2 à proximité de « 2016 HO3 » marque une étape cruciale pour la Chine, qui n’avait encore jamais tenté une telle opération. Selon les informations relayées par Franceinfo - Sciences, la sonde doit d’abord effectuer plusieurs jours d’observation et d’analyse de la composition de surface avant d’entamer la phase la plus périlleuse : l’atterrissage sur cet astéroïde en rotation rapide. « Il faut se poser dessus, il faut prélever l’échantillon sur l’astéroïde, il faut arriver au bon moment », a souligné Frédéric Moynier, cosmochimiste et professeur à l’Institut de physique du Globe de Paris.
La difficulté réside dans la nature même de « 2016 HO3 ». Avec un diamètre d’environ 40 mètres et une rotation rapide, sa surface est un terrain hostile pour une sonde. Pourtant, les enjeux scientifiques justifient ces risques. Comme l’explique Frédéric Moynier, cet astéroïde pourrait révéler des indices majeurs sur la formation du système solaire. « Quand la mission est partie, on pensait que cet astéroïde était un petit bout de lune qui avait dû être arraché de la Lune et qui s’était mis en orbite terrestre. Et finalement, ce n’est peut-être pas un bout de Lune, ça ressemble encore à quelque chose de différent qui serait un bout d’un objet assez récent et qui se serait différencié, un peu comme Mercure, avec une surface très particulière », précise-t-il.
Un astéroïde aux origines mystérieuses
Contrairement aux trois autres missions de prélèvement d’échantillons d’astéroïdes réussies jusqu’ici — toutes menées par les États-Unis et le Japon —, « 2016 HO3 » pourrait appartenir à une catégorie encore méconnue. Sa composition pourrait ressembler à celle d’un objet différencié, similaire à Mercure, ce qui en ferait un candidat unique pour comprendre l’évolution des corps célestes dans notre système solaire. « Le jeu en vaut la chandelle », résume Frédéric Moynier, pour qui cette mission pourrait bouleverser les connaissances actuelles en cosmochimie.
Les instruments embarqués sur Tianwen-2 sont conçus pour analyser la surface de l’astéroïde avec une précision inégalée. Parmi eux, des spectromètres, des caméras haute résolution et des capteurs capables de mesurer la composition minérale du sol. Une fois les données collectées, la sonde devra effectuer une manœuvre d’atterrissage délicate, puis prélever des échantillons à l’aide d’un bras robotisé. Une opération qui, si elle réussit, ouvrira la voie à une nouvelle ère d’exploration des petits corps du système solaire.
Un retour sur Terre prévu d’ici 2027 ou 2028
Si le prélèvement est une réussite, Tianwen-2 entamera son voyage de retour vers la Terre. Selon les plans de l’Agence spatiale chinoise (CNSA), le module de retour devrait larguer sa précieuse cargaison dans l’atmosphère terrestre entre un an et un an et demi après le prélèvement, soit entre mi-2027 et mi-2028. Les échantillons seront ensuite récupérés par les scientifiques pour être analysés dans des laboratoires spécialisés.
Mais la mission de Tianwen-2 ne s’arrêtera pas là. Après avoir livré ses échantillons, la sonde devrait repartir explorer une nouvelle cible : une comète voyageant entre Mars et Jupiter. Cette deuxième phase de la mission permettra d’étudier la composition des noyaux cométaires, offrant un éclairage supplémentaire sur les origines de l’eau et des molécules organiques sur Terre.
Reste à voir si les défis techniques, notamment la stabilisation de la sonde sur un astéroïde en rotation rapide, seront surmontés. Une chose est sûre : cette mission, si elle aboutit, marquera un tournant dans l’exploration spatiale chinoise et internationale.