Simple, bon marché et sans superflu, la tong s’impose depuis des millénaires comme une chaussure universelle. Pourtant, ce symbole d’été est aussi devenu l’un des déchets les plus visibles sur les côtes du monde entier. Selon RFI, cette évolution reflète à la fois son succès planétaire et son impact environnemental croissant.

Ce qu'il faut retenir

  • La tong existe depuis l’Égypte antique, où elle était déjà fabriquée en fibres végétales.
  • Son design minimaliste, sans lacets ni fermeture, en a fait un produit accessible et universel.
  • Le plastique, matériau dominant aujourd’hui, en fait un déchet difficile à recycler.
  • Les plages du monde entier comptent parmi les lieux les plus touchés par cette pollution.
  • Des alternatives en matériaux biodégradables ou recyclés émergent progressivement.

Un objet historique aux origines anciennes

Les premières traces de la tong remontent à plus de 3 000 ans, bien avant l’ère industrielle. Selon les archéologues, des versions primitives en papyrus ou en paille étaient utilisées dans l’Égypte antique pour protéger les pieds tout en laissant respirer la peau. Ce concept de chaussure légère et aérée s’est ensuite répandu en Asie et en Océanie, où des matériaux naturels comme le bois ou le caoutchoutier étaient employés. Autant dire que, dès ses débuts, la tong répondait à un besoin pratique, sans fioritures.

L’essor mondial d’une chaussure démocratique

Au XXe siècle, la tong a connu une popularité fulgurante grâce à l’industrialisation et à l’utilisation du caoutchouc, puis du plastique. Dans les années 1950-1960, elle est devenue un symbole des vacances et de la détente, notamment dans les stations balnéaires. Son prix abordable et sa facilité d’utilisation en ont fait un accessoire de tous les jours, des marchés africains aux trottoirs européens. Aujourd’hui, des milliards de paires sont produites chaque année, faisant d’elle l’une des chaussures les plus vendues au monde.

Pourtant, cette démocratisation a un revers : son impact environnemental. Composée majoritairement de plastique, la tong met plusieurs siècles à se dégrader. Selon des études citées par RFI, un modèle standard peut libérer des microplastiques pendant sa lente dégradation, contribuant ainsi à la pollution des océans. Une fois abandonnée sur une plage ou dans la nature, elle devient un déchet emblématique des dérives de la surconsommation.

Les plages, premiers témoins de cette pollution

Les côtes méditerranéennes, asiatiques et américaines figurent parmi les zones les plus touchées par ce phénomène. En Thaïlande, par exemple, des campagnes de nettoyage ont récupéré jusqu’à 1 000 tonnes de tongs par an sur certaines plages. En France, les opérations de dépollution des littoraux révèlent souvent la présence de ces déchets, parfois empilés en amas de plusieurs mètres. Les marées ramènent ces objets sur le rivage, où ils s’accumulent au fil des saisons. Les associations environnementales, comme Surfrider Foundation, alertent régulièrement sur ce problème, soulignant que « la tong est devenue un marqueur visible de la pollution plastique des océans ».

Des solutions en marche, mais insuffisantes

Face à ce constat, plusieurs pistes sont explorées pour réduire l’impact des tongs. Certains fabricants proposent désormais des modèles en matériaux recyclés ou biodégradables, comme le plastique recyclé ou le caoutchouc naturel. Des marques engagées, comme Sanuk ou Toms, misent sur des alternatives durables, mais leur prix reste souvent plus élevé que celui des tongs classiques. Par ailleurs, des initiatives locales encouragent le recyclage des tongs usagées en les transformant en mobilier urbain ou en dalles de sol. Cependant, ces solutions peinent à suivre l’ampleur du problème, alors que la production mondiale continue de croître.

Et maintenant ?

L’Union européenne devrait adopter d’ici fin 2026 de nouvelles réglementations sur les plastiques à usage unique, qui pourraient concerner les tongs. Une échéance à surveiller, alors que les discussions portent notamment sur l’interdiction des produits non recyclables ou l’obligation d’intégrer un pourcentage de matériaux recyclés. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, ou si les consommateurs devront prendre davantage d’initiatives, comme privilégier les modèles durables ou organiser des collectes locales.

En attendant, la tong, symbole intemporel de simplicité, reste aussi un rappel des défis environnementaux posés par notre mode de consommation. Entre héritage historique et déchet contemporain, son avenir dépendra des choix faits aujourd’hui.

La tong est majoritairement composée de plastique, souvent mélangé à d’autres matériaux comme le caoutchouc ou le latex. Cette composition complexe rend son recyclage coûteux et technique. De plus, les tongs abandonnées sont souvent souillées par le sable, l’eau de mer ou des résidus organiques, ce qui complique encore leur traitement.