Le dépistage génétique préconceptionnel, actuellement interdit en France à l'ensemble de la population, sauf pour les couples ayant des antécédents familiaux, pourrait bientôt être ouvert à tous les couples. C'est en tout cas ce que préconise l'Académie de médecine, selon Ouest France à la une. Cette recommandation intervient après une étude approfondie des aspects techniques, éthiques et médico-économiques du dépistage génétique préconceptionnel.
Ce sujet fait débat depuis plusieurs années, avec des inquiétudes concernant une forme d'eugénisme ou une discrimination envers les personnes atteintes de handicap. Cependant, l'Académie de médecine estime que « le contexte a profondément changé », notamment en raison des progrès du séquençage à haut débit, qui ont rendu les tests plus performants et moins coûteux. De nombreux pays, tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l'Espagne, Israël et l'Australie, ont déjà autorisé ce dépistage, avec des résultats significatifs, notamment la quasi-disparition de la maladie de Tay-Sachs dans certaines populations.
Ce qu'il faut retenir
- L'Académie de médecine préconise l'ouverture du dépistage génétique préconceptionnel à tous les couples.
- Le dépistage génétique préconceptionnel est actuellement interdit en France, sauf pour les couples ayant des antécédents familiaux.
- Les progrès du séquençage à haut débit ont rendu les tests plus performants et moins coûteux.
- De nombreux pays ont déjà autorisé ce dépistage, avec des résultats significatifs.
Le contexte
En France, le dépistage génétique préconceptionnel est interdit à l'ensemble de la population, seuls les couples avec un antécédent familial déjà identifié peuvent y avoir accès. Cependant, l'Académie de médecine estime que ce dépistage « constitue un progrès dans l'information et la liberté de choix des couples ayant un projet parental » et qu'il n'y a « pas de justification » à les en priver en France.
Le dépistage génétique préconceptionnel consiste à tester les deux membres d'un couple pour voir s'ils sont à risque élevé d'avoir un enfant atteint d'une maladie génétique grave et incurable, telle que la mucoviscidose, l'amyotrophie spinale ou la myopathie de Duchenne. Plus de mille gènes responsables de ces maladies ont été identifiés, et le dépistage permettrait aux couples à risque d'accéder aux mêmes procédures que les couples ayant déjà un enfant atteint ou des antécédents familiaux de maladie génétique.
Les recommandations de l'Académie de médecine
L'Académie de médecine recommande d'autoriser le dépistage génétique préconceptionnel sur les gènes de maladies récessives graves et incurables. Elle préconise des garanties associées, telles que la prescription par des professionnels de santé formés, l'information suffisante des couples et l'accompagnement de ceux dépistés à risque.
L'institution suggère également d'envisager le remboursement par l'Assurance-maladie de ces tests génétiques sur les gènes les plus fréquents, et de sensibiliser aux maladies génétiques et à ce dépistage dès le collège. L'objectif est de permettre aux couples à risque d'accéder aux mêmes procédures que les couples ayant déjà un enfant atteint ou des antécédents familiaux de maladie génétique.
En conclusion, la recommandation de l'Académie de médecine d'ouvrir le dépistage génétique préconceptionnel à tous les couples est un pas important vers une meilleure information et une plus grande liberté de choix pour les couples ayant un projet parental. Il est maintenant important que les autorités compétentes examinent cette recommandation et prennent une décision éclairée sur l'avenir de ce dépistage en France.