Depuis quelques années, les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest se sont imposés comme des plateformes de transit incontournables pour la cocaïne, selon Courrier International. Les saisies record de poudre blanche défraient régulièrement la chronique. Au mois de juin, au Sénégal, les douanes ont saisi 970,6 kilos de cocaïne à Ida Mouride, à quelque 350 kilomètres à l'est de Dakar, selon Le Soleil, et 92 kilos à Keur Massar, en périphérie de la capitale, indique encore le quotidien gouvernemental.

Ces saisies record sont symptomatiques d'une tendance plus large. Le 1er mai, la garde civile espagnole a par ailleurs intercepté au large des Canaries un cargo en provenance d'un pays côtier ouest-africain, vraisemblablement la Sierra Leone, avec 30,2 tonnes de cocaïne, relate El País. Cette interception souligne l'importance de la région dans le trafic de cocaïne.

Ce qu'il faut retenir

  • Les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest sont devenus des plateformes de transit pour la cocaïne.
  • Les saisies record de poudre blanche sont fréquentes dans la région.
  • Le rapport 2026 de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) met en évidence une transformation des routes du trafic.

La production de drogue en Afrique de l'Ouest

Les pays de la région ne se cantonnent plus à la fonction de « hubs de transbordement », éclaire le rapport 2026 de l'ONUDC. Le document met en évidence une transformation des routes du trafic, l'apparition de sites de production dans plusieurs pays de la région et la progression de nouvelles drogues de synthèse. Si les circuits semblent s'étendre vers le centre du continent, comme l'illustre notamment la saisie de plus d'une tonne de cocaïne à Douala, au Cameroun, en février, ces nouveaux lieux de production interpellent l'ONUDC.

« Il y a par exemple une production importante de méthamphétamine, avec des laboratoires clandestins de qualité quasi industrielle, découverts récemment au Nigeria. Il y a aussi des drogues largement utilisées et consommées dans la région, et trafiquées à grande échelle, notamment les opioïdes pharmaceutiques », souligne sur Africa Radio François Patuel, chercheur principal en Afrique de l'Ouest et du Centre à l'ONUDC.

Les défis posés par les drogues de synthèse

Entre 2020 et 2024, 97 % des saisies mondiales de tramadol et 55 % des saisies mondiales de codéine ont eu lieu sur le continent africain, note ce rapport qui montre l'intérêt des consommateurs pour un usage « non médical » de ces produits. L'attrait pour la méthamphétamine, l'ecstasy et les nitazènes grandit aussi dans ces régions, même si le cannabis demeure la substance la plus consommée.

La circulation de drogues de synthèse, notamment produites dans certains pays ouest-africains, complique la donne en matière de prévention et de répression. Leurs noms, d'abord, changent constamment, au point que le coordinateur national du Comité interministériel de lutte contre la drogue (Cild) au Sénégal s'y perd lui-même, lit-on dans Sud Quotidien, relayé par la plateforme Seneplus.

Les enjeux de santé publique

« Pour les drogues traditionnelles (cocaïne, héroïne, haschich), nous avons une certaine maîtrise des routes, des lieux de provenance », explique le commissaire Idrissa Cissé. S'agissant des drogues de synthèse, en revanche, « c'est une mer à boire », selon lui. Tantôt appelées « khouche » ou « pouf », elles représentent un « défi inédit ». « Ce sont des produits très nocifs, mortels, plus puissants que certaines variétés de drogues et qui se vendent à vil prix. Le khouche, on peut l'avoir à 500 francs [CFA, soit environ 80 centimes d'euro], mais il est très puissant. Les cas d'overdose sont fréquents », poursuit l'officier.

Et maintenant ?

Les autorités doivent désormais faire face à ces nouveaux défis. Une enquête de l'Agence nationale de la statistique et de la démographique est en cours afin d'établir la prévalence pour ces produits au Sénégal. Les résultats de cette enquête devraient permettre de mieux comprendre l'ampleur du phénomène et de mettre en place des stratégies de prévention et de répression plus efficaces.

Il est à craindre que la situation ne s'aggrave dans les prochaines années, à moins que des mesures concrètes ne soient prises pour lutter contre la production et le trafic de drogues en Afrique de l'Ouest. La communauté internationale doit également se mobiliser pour soutenir les pays de la région dans leur lutte contre la drogue.

En conclusion, la situation en Afrique de l'Ouest est préoccupante. Les pays de la région doivent prendre des mesures pour lutter contre la production et le trafic de drogues, et la communauté internationale doit les soutenir dans cet effort. Il est essentiel de trouver des solutions pour prévenir la consommation de drogues et pour aider les personnes qui en sont dépendantes.