Selon BFM Business, l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’apprête à déployer un plan d’action inédit pour encourager les femmes à investir en Bourse. Une initiative qui intervient alors que les disparités entre les sexes restent marquées : en 2025, seulement 24 % des femmes déclaraient placer leur argent en actions via un compte-titres ou un Plan d’épargne en actions (PEA), contre 45 % des hommes.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 24 % des femmes investissaient en Bourse contre 45 % des hommes, selon l’AMF.
  • L’écart se creuse chez les investisseurs actifs : 25 % de femmes en 2024, contre 30 % en 2022.
  • L’AMF prévoit une étude qualitative dès septembre 2026 pour identifier les freins à l’investissement féminin.
  • Un site dédié sera mis en ligne « à court terme » pour sensibiliser le public.
  • Les écarts s’expliquent par des revenus et patrimoines moindres, ainsi qu’une aversion au risque plus forte.

L’institution financière française a annoncé mercredi la création d’une « stratégie d’éducation financière dédiée aux femmes », dont la mise en œuvre est prévue pour 2027. Ce projet s’inscrit dans un constat préoccupant : malgré des années de sensibilisation, la participation des femmes au marché boursier reste structurellement inférieure à celle des hommes. Entre 2023 et 2025, la proportion de femmes investissant en actions n’a progressé que de 3 points, passant de 21 % à 24 %, tandis que celle des hommes a stagné autour de 45 %.

Parmi les investisseurs actifs — ceux ayant effectué au moins une opération d’achat ou de vente — la tendance est même à la baisse pour les femmes. Leur part est passée de 30 % en 2022 à 25 % en 2024, révélant un recul préoccupant. Pour Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, ce déséquilibre représente « un enjeu majeur pour l’autonomie financière des femmes » et « un manque à gagner pour l’économie ».

Des freins financiers et culturels

Les raisons de cet écart sont multiples. D’abord, les femmes déclarent en moyenne des niveaux de revenus et de patrimoines inférieurs à ceux des hommes. Selon l’AMF, ces différences de situation financière jouent un rôle clé dans leur moindre participation aux marchés actions. Ensuite, l’institution pointe une « moindre appétence au risque » chez les femmes, un facteur souvent cité dans les études sur l’investissement. Ce phénomène s’ajoute à un manque de confiance dans les produits financiers et à une méconnaissance des mécanismes boursiers, deux obstacles récurrents identifiés par les économistes.

L’AMF ne compte pas se contenter d’analyses. Dès septembre 2026, elle lancera une nouvelle étude qualitative afin de « identifier plus finement les freins à l’investissement des femmes et les leviers éventuels » pour les encourager à placer leur épargne en Bourse. Cette enquête s’ajoute à une série de mesures concrètes déjà engagées. À « court terme », l’autorité financière créera notamment une rubrique dédiée sur son site internet, avec des contenus adaptés pour répondre aux questions des épargnantes.

Un plan ambitieux, mais des défis persistants

L’initiative de l’AMF s’inscrit dans une dynamique européenne plus large, alors que les institutions financières cherchent à réduire les inégalités d’accès à l’investissement. En France, les pouvoirs publics et les associations militent depuis plusieurs années pour une meilleure inclusion des femmes dans la gestion de leur patrimoine. Pourtant, malgré ces efforts, les chiffres restent stables depuis une décennie. En 2015, 19 % des femmes investissaient en Bourse, contre 38 % des hommes — des écarts comparables à ceux observés aujourd’hui.

Les experts soulignent que les solutions doivent être à la fois pédagogiques et incitatives. Parmi les pistes évoquées figurent des ateliers en présentiel, des partenariats avec les banques pour proposer des PEA adaptés, ou encore des campagnes de communication ciblant spécifiquement les femmes. L’objectif affiché est double : d’une part, renforcer la culture financière féminine ; d’autre part, démontrer que l’investissement en actions, malgré ses risques, peut constituer un levier d’autonomie économique à long terme.

« Ce plan est un enjeu majeur pour l’autonomie financière des femmes et un manque à gagner pour l’économie. »
— Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats de l’étude qualitative prévue pour l’automne 2026. Si les freins identifiés confirment les hypothèses actuelles — revenus inférieurs, aversion au risque, manque d’information —, l’AMF pourrait ajuster ses outils pédagogiques ou proposer des incitations fiscales ciblées. Une chose est sûre : la mise en œuvre de la stratégie d’éducation financière en 2027 sera un premier test pour mesurer l’impact de cette initiative. D’ici là, les associations de défense des droits des femmes et les acteurs du secteur financier devraient multiplier les initiatives pour sensibiliser le public.

Reste à savoir si ces efforts suffiront à inverser une tendance historique. Avec un différentiel de 21 points entre hommes et femmes en 2025, le défi reste de taille. L’AMF mise sur la combinaison de l’information, de la simplification des outils et de la confiance pour réduire cet écart persistant.

Plusieurs facteurs expliquent cet écart, selon l’AMF. D’abord, les femmes déclarent des revenus et patrimoines moyens inférieurs à ceux des hommes. Ensuite, elles affichent une aversion plus marquée pour le risque, ce qui les pousse à privilégier des placements plus sécurisés comme les livrets d’épargne. Enfin, un manque de confiance et de connaissances financières peut aussi freiner leur participation aux marchés actions.