Selon Franceinfo - Santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient de mettre en garde contre les risques liés au stockage des granulés de bois, plus communément appelés pellets. Ces derniers, utilisés comme combustible pour les poêles et chaudières, peuvent émettre du monoxyde de carbone (CO) sans nécessiter de combustion. Ce gaz incolore et inodore, déjà responsable d’intoxications graves, impose des règles strictes de manipulation et de ventilation, comme le souligne l’agence dans un communiqué publié ce lundi 13 avril 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Les pellets peuvent émettre du monoxyde de carbone par auto-échauffement, sans combustion, en raison de l’oxydation naturelle des acides gras du bois.
- Une intoxication au CO peut provoquer un coma, des convulsions, une détresse respiratoire, voire la mort en l’absence de prise en charge rapide.
- En 2025, un octogénaire du Haut-Rhin a été intoxiqué après avoir stocké quatre tonnes de pellets dans son sous-sol non isolé, sans ventilation adaptée.
- L’Anses recommande de stocker les pellets dans un local séparé, isolé et bien ventilé, à l’écart des zones de vie.
- En France, plus de deux millions de foyers utilisent des poêles ou chaudières à granulés, un chiffre en constante augmentation.
Des émanations de CO sans combustion, un phénomène méconnu
L’Anses précise que les granulés de bois, lorsqu’ils sont stockés en grande quantité, peuvent libérer du monoxyde de carbone par un processus d’auto-échauffement. Ce phénomène résulte de l’oxydation naturelle des acides gras contenus dans le bois, qui produit du CO même en l’absence de flamme ou de combustion active. « Les pellets peuvent émettre du CO sans combustion, par auto-échauffement résultant d’une oxydation naturelle des acides gras du bois », explique l’agence dans son avis.
Ce risque, souvent sous-estimé par les particuliers, est d’autant plus dangereux que le monoxyde de carbone est indétectable à l’odorat et à la vue. Les symptômes d’une intoxication, tels que maux de tête, nausées ou vertiges, peuvent être confondus avec ceux d’une grippe ou d’une fatigue passagère. Sans intervention rapide, l’exposition prolongée peut entraîner des conséquences dramatiques, comme l’a rappelé l’Anses : « Dans les cas les plus graves, une intoxication peut provoquer un coma, des convulsions avec détresse respiratoire, voire la mort rapide de la personne exposée ».
Un cas concret d’intoxication en 2025 illustre les dangers
Un exemple récent rappelle l’urgence de respecter les consignes de stockage. En 2025, dans le département du Haut-Rhin, un homme de 87 ans avait entreposé quatre tonnes de pellets dans son sous-sol, sans isoler cette pièce du reste de l’habitation. Les émanations de CO, invisibles et inodores, se sont répandues dans le logement, provoquant une intoxication grave chez l’octogénaire. Secouru à temps par les services d’urgence, il a été hospitalisé avant que son état ne s’aggrave davantage. Cet incident illustre les dangers liés à un stockage inadapté et souligne l’importance de suivre les recommandations de l’Anses.
Face à ce risque, l’agence sanitaire insiste sur la nécessité de respecter des règles strictes : stocker les pellets dans un local dédié, entièrement séparé des pièces à vivre, et surtout bien ventilé. « Il est impératif d’isoler les zones de stockage et de garantir une aération constante pour éviter toute accumulation de CO », rappelle l’Anses. En cas de doute sur une possible intoxication, l’agence recommande d’aérer immédiatement les lieux, d’évacuer les personnes présentes et d’appeler les secours sans délai.
Plus de deux millions de foyers français concernés
Le chauffage aux pellets connaît un essor croissant en France, porté par la volonté de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de privilégier les solutions renouvelables. Selon les dernières données disponibles, plus de deux millions de foyers sont aujourd’hui équipés de poêles ou chaudières à granulés de bois. Ce chiffre, en hausse constante depuis plusieurs années, reflète l’engouement pour cette énergie, perçue comme économique et écologique.
Cependant, cette popularité s’accompagne d’un besoin accru de sensibilisation aux risques associés. Les professionnels du secteur, ainsi que les autorités sanitaires, appellent à une meilleure information des utilisateurs sur les bonnes pratiques de stockage et de ventilation. « L’utilisation des pellets est une solution pertinente pour le chauffage, mais elle nécessite une vigilance accrue sur les conditions de stockage », souligne un expert du secteur, qui souhaite rester anonyme. Les associations de consommateurs et les pompiers interviennent régulièrement pour rappeler ces consignes, notamment lors des pics de vente de pellets en automne et en hiver.
Comment réagir en cas d’intoxication au monoxyde de carbone ?
L’Anses rappelle les gestes à adopter en cas de suspicion d’intoxication. Si plusieurs personnes présentent simultanément des symptômes tels que des maux de tête, des nausées ou des vertiges, il est crucial d’agir rapidement. La première étape consiste à ouvrir les fenêtres pour aérer les pièces concernées, puis à évacuer les lieux sans attendre. Enfin, il est impératif d’appeler les secours (le 15 pour le SAMU ou le 112 pour les urgences européennes) pour une prise en charge médicale immédiate. « En cas de doute, mieux vaut prévenir que guérir », insiste l’agence.
Pour éviter tout risque, l’Anses recommande également l’installation de détecteurs de monoxyde de carbone dans les logements équipés de poêles ou chaudières à pellets. Ces appareils, disponibles en magasin de bricolage ou en ligne, permettent de détecter une fuite de CO avant qu’elle ne devienne dangereuse. Leur prix, généralement compris entre 20 et 100 euros, reste accessible pour la plupart des ménages.
Non, le risque d’émission de monoxyde de carbone existe quel que soit l’âge des pellets. Cependant, une mauvaise conservation (humidité, chaleur excessive) peut accélérer le processus d’oxydation et augmenter les émissions de CO. Il est donc recommandé de stocker les granulés dans un endroit sec, à l’abri de la chaleur et bien ventilé, quel que soit leur âge.
Oui, l’Anses déconseille vivement de stocker les pellets dans un garage ou un local attenant à l’habitation, même s’il est séparé par une porte. En cas de fuite de CO, le gaz peut se propager dans les pièces voisines par les ouvertures ou les systèmes de ventilation. Un local entièrement isolé et situé à distance du logement est la solution la plus sûre.
