Le 22 octobre 2026, Luisa González, principale figure de l'opposition équatorienne, a été arrêtée à Canuto, dans l'ouest du pays, par des policiers armés, vêtus de noir et cagoulés, selon Courrier International. Cette arrestation intervient dans le cadre de l'affaire Laberinto, qui concerne le financement présumé illicite de sa campagne présidentielle de 2023. L'enquête, menée par le parquet, cherche à déterminer l'origine de quelque 500 000 dollars utilisés pour financer des publicités électorales entre mai et août 2023.
Cette affaire met en lumière les tensions politiques en Équateur, où le président Daniel Noboa est régulièrement accusé de dérive autoritaire et d'instrumentaliser la justice contre ses rivaux. Luisa González, candidate de gauche aux élections présidentielles de 2023 et 2025, avait obtenu 44% des voix lors de la dernière élection, contre 56% pour le président Noboa.
Ce qu'il faut retenir
- Luisa González, figure de l'opposition équatorienne, a été arrêtée le 22 octobre 2026.
- L'arrestation est liée à l'affaire Laberinto, concernant le financement présumé illicite de sa campagne présidentielle de 2023.
- Le parquet enquête sur l'origine de 500 000 dollars utilisés pour financer des publicités électorales.
- Le président Daniel Noboa est accusé de dérive autoritaire et d'instrumentaliser la justice contre ses rivaux.
Contexte politique
Le contexte politique en Équateur est tendu, avec des accusations de dérive autoritaire contre le président Daniel Noboa. Le pays a connu une série de couvre-feux et une augmentation du taux d'homicides, qui a atteint 50,9 pour 100 000 habitants en 2025. Le président Noboa a été réélu en 2025 avec la promesse de lutter contre les gangs qui gangrènent le pays.
La situation de Luisa González est symptomatique de cette tension politique. Selon ses partisans, son arrestation est une tentative de l'écarter de la scène politique. L'ancien président socialiste, Rafael Correa, a déclaré que « Ils veulent l'enterrer vivante », soulignant la persécution politique dont serait victime Luisa González.
Enquête et accusations
L'enquête sur l'affaire Laberinto porte sur le financement présumé illicite de la campagne présidentielle de Luisa González en 2023. Le parquet cherche à déterminer si une entreprise pétrolière liée à Aquiles Álvarez, l'ancien maire de Guayaquil, a contribué au financement de la campagne sans déclarer ces dépenses aux autorités électorales. Sept personnes sont visées par l'enquête, dont trois avaient déjà été arrêtées auparavant.
Luisa González a dénoncé son arrestation, qualifiant l'accusation de « absurde ». Ses partisans se sont rassemblés devant le parquet pour protester contre son arrestation, soulignant la crainte d'une « dictature irréversible » sous la présidence de Daniel Noboa.
Conséquences et réactions
L'arrestation de Luisa González a suscité des inquiétudes au sein de la communauté internationale. Le pays andin de 18 millions d'habitants a également vécu une bonne partie de ses mandats sous couvre-feu, sans parvenir à faire baisser le taux d'homicides. L'Équateur a rejoint le « Bouclier des Amériques », une alliance de 19 pays conservateurs engagés dans la lutte contre le « narcoterrorisme » sous l'égide des États-Unis.
Les réactions à l'arrestation de Luisa González ont été vives, avec des accusations de persécution politique et de dérive autoritaire contre le président Daniel Noboa. L'opposition équatorienne a dénoncé l'arrestation, soulignant la nécessité de respecter les droits de l'opposition et de garantir la liberté d'expression.
La situation en Équateur reste tendue, avec des inquiétudes sur la dérive autoritaire et la persécution politique. L'arrestation de Luisa González est un élément supplémentaire de cette tension, soulignant la nécessité de vigilance et de respect des droits de l'opposition.