Selon Capital, l'assurance-vie reste le placement préféré des Français, avec un encours total qui a franchi la barre des 2 000 milliards d'euros en janvier 2025, à 2 020 milliards exactement. Cette popularité s'explique en grande partie par la clause bénéficiaire, qui permet de désigner librement la ou les personnes qui recevront le capital au décès du souscripteur, en dehors des règles classiques de la succession et avec une fiscalité allégée.
La clause bénéficiaire est un mécanisme qui offre une grande flexibilité aux souscripteurs, leur permettant de choisir qui seront les bénéficiaires de leur assurance-vie. Cependant, beaucoup de souscripteurs ne disent jamais à leurs proches qu'ils sont bénéficiaires de leur assurance-vie, souvent par crainte de geler le contrat ou de créer des conflits familiaux.
Ce qu'il faut retenir
- L'assurance-vie est le placement préféré des Français, avec un encours total de 2 020 milliards d'euros en janvier 2025.
- La clause bénéficiaire permet de désigner librement les bénéficiaires du capital au décès du souscripteur.
- Beaucoup de souscripteurs ne disent jamais à leurs proches qu'ils sont bénéficiaires de leur assurance-vie.
- Il est possible de prévenir ses proches sans crainte, car l'acceptation du bénéfice par le bénéficiaire nécessite l'accord du souscripteur depuis 2007.
- Ne pas en parler peut avoir des conséquences, comme des conflits familiaux ou des capitaux qui finissent par dormir des années chez l'assureur.
Les avantages de prévenir ses proches
Catherine Baudeneau, porte-parole d'Altaprofits, courtier en placements financiers, estime que « ce choix est avant tout personnel ». « Un souscripteur n'a aucune obligation d'informer ses bénéficiaires, et les bénéficiaires n'ont pas besoin d'être informés au moment de la souscription, ni en cours de vie du contrat », précise-t-elle. Cependant, prévenir ses proches peut être une bonne chose, car cela peut éviter les conflits familiaux et permettre aux bénéficiaires de retrouver le contrat au moment du décès.
Avant le 17 décembre 2007, un bénéficiaire informé pouvait geler le contrat en acceptant le bénéfice, ce qui pouvait empêcher le souscripteur de modifier la clause ou de procéder à un rachat. Mais aujourd'hui, cela n'existe plus, et l'acceptation du bénéfice par le bénéficiaire nécessite l'accord du souscripteur.
Les conséquences de ne pas prévenir ses proches
Si vos bénéficiaires ne sont pas au courant de l'existence de votre assurance-vie, c'est prendre le risque que personne ne retrouve le contrat au moment du décès. Certes, les assureurs ont l'obligation de consulter chaque année le Répertoire national d'identification des personnes physiques pour détecter les décès et rechercher les bénéficiaires, mais cela peut prendre du temps. Entre la date du décès et le moment où l'assureur identifie et contacte le bon bénéficiaire, plusieurs mois peuvent s'écouler.
La déshérence des contrats d'assurance-vie est ainsi un vrai problème. Selon la Caisse des Dépôts, plus de 7 milliards d'euros issus de comptes et contrats inactifs étaient encore non réclamés en août 2025. Et chaque année, France Assureurs identifie des dizaines de milliers de contrats dont les ayants droit tardent à se manifester.
En conclusion, l'assurance-vie et la succession sont des sujets importants qui nécessitent une attention particulière. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la confidentialité et la transparence, pour éviter les conflits familiaux et permettre aux bénéficiaires de retrouver le contrat au moment du décès. Les souscripteurs doivent être conscients de l'importance de prévenir leurs proches et de laisser suffisamment d’informations pour faciliter la succession.