D'après Le Figaro, l'avocat Antoine Vey, ancien associé d'Éric Dupond-Moretti, a été mis en examen le 9 juillet pour harcèlement moral entre 2016 et 2022 sur huit anciens collaborateurs et deux anciens salariés. Cette décision a été prise après un interrogatoire sur plusieurs jours, au cours duquel les juges d'instruction ont estimé qu'il y avait assez d'indices graves ou concordants pour lui reprocher «un management inconstant, une organisation de travail changeante et insécurisante, des injonctions contradictoires, des propos vexatoires ou humiliants, l'exigence d'une disponibilité en continu».
Antoine Vey, âgé de 42 ans, est un pénaliste parisien connu pour avoir défendu des personnalités comme le Chilien Nicolas Zepeda, l'ex-ministre français Jérôme Cahuzac ou encore Mohed Altrad, pilier du rugby et PDG du géant du BTP éponyme. Les anciens jeunes collaborateurs, dont plusieurs sont aujourd'hui des pénalistes confirmés, ont confié aux juges avoir été la cible de «hurlements», de sollicitations sept jours sur sept, de propos dénigrants sur leur travail, comme des notes sur 20 ou des cartons rouges.
Ce qu'il faut retenir
- L'avocat Antoine Vey a été mis en examen pour harcèlement moral.
- Les faits se sont déroulés entre 2016 et 2022.
- Huit anciens collaborateurs et deux anciens salariés sont concernés.
Les réactions d'Antoine Vey
Antoine Vey a assuré à l'AFP avoir utilisé l'image des cartons rouges «dans un but pédagogique» pour faire comprendre qu'une faute pouvait avoir des conséquences graves, notamment pour le justiciable. Il a également affirmé «J'ai pu avoir des propos isolés, maladroits, provocants ou agacés, mais je n'ai jamais délibérément, de manière répétée, cherché à humilier quelqu'un ou imposer des comportements qui ne seraient pas éthiques».
Les juges lui ont opposé des témoignages illustrant «un comportement versatile»: «agréable, attentif», puis «cinglant». Une ancienne collaboratrice, pour laquelle il est poursuivi pour harcèlement moral, l'accuse aussi de propos sexistes dégradants ou encore de lui avoir posé la main sur la cuisse, entre 2017 et 2019, ce qu'il conteste.
Les conséquences
Antoine Vey est également poursuivi pour abus de confiance au préjudice de son cabinet, entre 2017 et 2021, soupçonné d'avoir utilisé le temps de travail de deux salariés à des fins personnelles. Il a été placé sous le statut plus favorable de témoin assisté pour harcèlement sexuel.
La suspension d'Antoine Vey et les poursuites judiciaires en cours soulèvent des questions sur le traitement des affaires de harcèlement moral dans le monde du droit et sur les conséquences pour les professionnels impliqués. L'évolution de cette affaire sera à suivre de près pour comprendre les implications plus larges sur la profession juridique.