Pour la première fois dans l’histoire du baccalauréat français, les élèves pourront présenter une spécialité de leur choix en langue régionale. Une avancée saluée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui s’éloigne ainsi de la politique menée par son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer. Cette réforme, révélée par Ouest France, s’inscrit dans une volonté de valorisation des langues et cultures locales, tout en offrant davantage de flexibilité aux lycéens dans le choix de leur parcours académique.
Ce qu'il faut retenir
- Les élèves pourront désormais présenter une spécialité du bac en breton, basque, corse ou toute autre langue régionale, à partir de la rentrée 2026.
- Cette mesure marque une rupture avec la politique précédente de Jean-Michel Blanquer, qui n’avait pas intégré les langues régionales dans le tronc commun ou les spécialités.
- Édouard Geffray a confirmé cette décision lors d’un entretien exclusif accordé à Ouest France, soulignant l’importance de la diversité linguistique.
- Les modalités pratiques, comme les coefficients ou les épreuves, seront précisées d’ici la fin de l’année scolaire 2025-2026.
- Cette réforme s’ajoute à d’autres dispositifs visant à promouvoir l’enseignement des langues régionales, comme les sections bilingues ou les concours spécifiques.
Une première pour le baccalauréat
Jusqu’à présent, les langues régionales ne figuraient pas parmi les spécialités proposées au lycée, malgré leur reconnaissance officielle comme langues de la République. Avec cette nouvelle mesure, les élèves qui étudient le breton, le basque, le corse, l’alsacien, le catalan ou d’autres langues régionales pourront désormais les présenter comme spécialité lors de l’examen du baccalauréat. « Un élève pourra donc choisir une spécialité en langue régionale dès la classe de première », a précisé Édouard Geffray dans les colonnes d’Ouest France. Cette décision répond à une demande récurrente des associations de défense des langues minoritaires et des familles engagées dans leur transmission.
La réforme s’appliquera dès la rentrée 2026, permettant ainsi aux élèves actuellement en classe de seconde de se préparer à cette nouvelle option. Selon le ministre, cette mesure s’inscrit dans une logique d’enrichissement du parcours scolaire, tout en répondant aux attentes des territoires où ces langues sont ancrées dans la culture locale. « C’est une façon de reconnaître la valeur de ces langues, qui font partie de notre patrimoine commun », a-t-il ajouté.
Un tournant par rapport à la politique précédente
Cette annonce marque une rupture avec la politique menée par Jean-Michel Blanquer pendant son mandat, qui avait privilégié un tronc commun recentré sur des disciplines jugées « fondamentales ». Sous son ministère, les langues régionales n’avaient pas bénéficié d’une reconnaissance accrue dans le cursus scolaire, malgré leur statut de langues officielles. Édouard Geffray, en revanche, mise sur une approche plus inclusive, où la diversité linguistique est perçue comme un atout plutôt qu’un frein.
Les réactions à cette réforme sont contrastées. Si certains saluent une avancée historique pour la préservation des langues régionales, d’autres s’interrogent sur les moyens alloués pour former les enseignants ou adapter les programmes. « Il faudra veiller à ce que cette mesure ne reste pas symbolique », a réagi une association bretonne, citée par Ouest France. Pour l’heure, le ministère n’a pas communiqué de détails sur les épreuves ou les coefficients attribués à ces nouvelles spécialités.
Des modalités encore à préciser
Si l’annonce d’Édouard Geffray a été accueillie favorablement, de nombreuses questions persistent quant à sa mise en œuvre. Les programmes, les coefficients et les modalités d’examen restent à définir. Le ministère a indiqué qu’un décret serait publié d’ici la fin de l’année 2025 pour encadrer cette nouvelle spécialité. « Nous travaillons avec les académies et les inspecteurs pédagogiques pour adapter les sujets et les barèmes », a expliqué le ministre.
Par ailleurs, cette réforme pourrait s’accompagner d’un renforcement des sections bilingues dans les lycées, où certaines matières sont déjà enseignées en langue régionale. Une façon, selon Édouard Geffray, de « donner une vraie place à ces langues dans le système éducatif ». Pour les familles, l’enjeu sera de convaincre les élèves de se tourner vers ces nouvelles spécialités, alors que certaines langues régionales peinent encore à attirer des effectifs suffisants.
Reste à voir si cette mesure suffira à relancer l’apprentissage des langues régionales, dont le nombre de locuteurs continue de diminuer. Pour Édouard Geffray, l’objectif est clair : « Il ne s’agit pas seulement de préserver ces langues, mais de leur redonner une place centrale dans notre société ».