Les résultats définitifs du bilan 2025 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), rapportés par Libération, confirment une hausse préoccupante de la mortalité routière en France. Avec **3 500 décès** enregistrés sur l’année, le nombre de victimes a augmenté de **2,4 %** par rapport à 2024. Une tendance qui s’inscrit en rupture avec les efforts menés depuis plusieurs années pour réduire les accidents mortels.
Ce qu'il faut retenir
- **3 500 morts** sur les routes en 2025, soit une hausse de 2,4 % par rapport à 2024
- L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) publie les chiffres définitifs
- Cette augmentation intervient malgré les dispositifs de prévention en place
- Le gouvernement évoque un « choc » face à ces résultats
Un bilan en hausse après des années de baisse
Après des décennies de réduction progressive de la mortalité routière, l’année 2025 marque un infléchissement brutal. En 2024, le nombre de décès avait atteint son niveau le plus bas depuis des décennies, avec une baisse annuelle moyenne de près de 5 % par an depuis 2010. Pourtant, Libération souligne que cette tendance s’est inversée en 2025, avec une augmentation significative des accidents mortels.
Les causes de cette hausse restent à analyser, mais les premières pistes évoquées par les experts portent sur la reprise de la circulation après la crise sanitaire, une possible augmentation de la vitesse moyenne ou encore une baisse de la vigilance des usagers. L’ONISR, qui centralise les données des forces de l’ordre, a compilé près de **50 000 accidents** pour aboutir à ce bilan.
Le gouvernement face à l’urgence de la situation
Ces chiffres ont provoqué une réaction immédiate au sein du gouvernement. Le ministre délégué aux Transports, interrogé par Libération, a qualifié ces résultats de « choc » et appelé à une « mobilisation immédiate ». « Ces chiffres sont inacceptables. Chaque mort sur la route est une tragédie humaine, mais aussi un échec collectif », a-t-il déclaré. Le gouvernement pourrait annoncer dès le mois de juin des mesures renforcées, notamment sur le contrôle automatisé et les sanctions pour excès de vitesse.
Côté sécurité routière, l’accent est mis sur la prévention, notamment auprès des jeunes conducteurs et des usagers de deux-roues. Les associations de victimes, comme la Ligue contre la violence routière, réclament quant à elles un durcissement des peines et une meilleure application des lois existantes. « On ne peut plus se contenter de campagnes de sensibilisation », a réagi son porte-parole.
Des disparités régionales marquées
L’analyse des données révèle des disparités importantes selon les territoires. Les régions du sud de la France, notamment Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie, enregistrent les plus fortes hausses de mortalité. À l’inverse, certaines zones comme la Bretagne ou les Pays de la Loire affichent une stabilité, voire une légère baisse. Libération note que ces écarts pourraient s’expliquer par des différences de densité de circulation, de conditions météorologiques ou encore d’efficacité des dispositifs locaux de prévention.
Les départements ruraux, souvent moins dotés en infrastructures de sécurité, semblent particulièrement touchés. Les accidents impliquant des poids lourds ou des véhicules utilitaires y sont plus fréquents, soulignant les enjeux liés au transport routier et à la fatigue des conducteurs professionnels.
Ces résultats rappellent que, malgré les progrès technologiques et les campagnes de sensibilisation, la route reste un espace de danger permanent. La question se pose désormais : comment inverser cette tendance sans attendre une nouvelle tragédie ?
Selon Libération, le gouvernement devrait annoncer dès juin un renforcement des contrôles automatisés, une hausse des sanctions pour excès de vitesse et une refonte des limitations de vitesse sur les axes les plus dangereux. Une concertation avec les associations de victimes et les collectivités locales est également prévue pour adapter les mesures aux spécificités locales.
Les experts évoquent plusieurs facteurs : une densité de circulation plus élevée, des conditions météorologiques parfois difficiles (canicules, épisodes orageux) et une proportion importante de conducteurs occasionnels, moins habitués aux routes sinueuses ou aux comportements des autres usagers. La forte présence de poids lourds et de véhicules utilitaires dans ces régions joue également un rôle, selon les données de l’ONISR rapportées par Libération.