La situation du contrôle aérien en France est actuellement au centre de l'attention, suite à des critiques émises par la Cour des comptes et le Sénat. Selon BFM Business, les retards et les annulations de vols commerciaux sont en hausse, classant la France parmi les moins bons opérateurs de navigation aérienne d'Europe.

Ces dysfonctionnements sont imputés à une organisation rigide et coûteuse, ainsi qu'à une conflictualité élevée due à un nombre important de jours de grève. En 2025, le niveau de grèves a été supérieur à la moyenne des dernières années, malgré la mise en œuvre d'un nouveau protocole social en mai 2024. Une grève de deux jours en juillet 2024 a ainsi perturbé le voyage d'un million de passagers en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Les retards et les annulations des vols commerciaux sont en hausse, classant la France parmi les moins bons opérateurs de navigation aérienne d'Europe.
  • Le contrôle aérien français doit gérer 3 millions de « mouvements » par an, dont les avions qui atterrissent et décollent de France, ainsi que les appareils qui passent dans le ciel français.
  • La capacité à écouler ce trafic sans retards ou annulations de vols s’est dégradée depuis la fin de la période du Covid, posant un problème européen et un risque de sanctions pour la France.

Les problèmes du contrôle aérien

Le contrôle aérien français est touché par les grèves, ce qui perturbe le trafic aérien. Le niveau de service minimum en cas de mouvement social a été abaissé depuis 2025, et il convient de le réajuster pour garantir 65% au minimum du trafic prévu.

Le protocole social mis en place en mai 2024 est coûteux, avec des hausses significatives de salaires de 16% sur la période 2023-2027. Cependant, il a le défaut d'accorder des augmentations sans tenir compte des performances opérationnelles individuelles et collectives.

Les conséquences et les réformes nécessaires

La situation actuelle du contrôle aérien français a des conséquences importantes, notamment des retards et des annulations de vols, ainsi que des perturbations pour les passagers. Selon un rapport fin juin de la commission des Finances du Sénat, la France est la moins performante dans le domaine du contrôle aérien en Europe, avec 6,6 millions de minutes de retards de vols en 2025, entraînant une perte de 800 millions d'euros pour les compagnies et des désagréments forts pour les passagers.

La Cour des comptes souhaite un débat en vue de sortir le contrôle aérien du périmètre de l'État, à l'instar de ce qui s'est fait dans d'autres secteurs comme les télécommunications, la Poste ou des entités de production de matériels militaires. Cette transformation de la DSNA, voire de l'ensemble de la DGAC, dans une structure juridique autonome comme un établissement public mériterait d'être mise à l'étude de façon approfondie.

Et maintenant ?

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, estime que la situation s'améliore, avec une chute de 35% des retards sur les cinq premiers mois de l'année. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour résoudre les problèmes du contrôle aérien français et améliorer la situation pour les passagers.

En conclusion, la situation du contrôle aérien en France est complexe et nécessite des réformes urgentes pour améliorer la performance et la sécurité du trafic aérien. Il est essentiel de trouver des solutions pour réduire les retards et les annulations de vols, ainsi que pour améliorer la gestion des effectifs et des carrières des contrôleurs aériens.