Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé, lundi 6 juillet 2026, un ultime délai de trois semaines au banquier d’affaires Matthieu Pigasse afin de consolider son offre de reprise de l’entreprise Fibre Excellence, placée en redressement judiciaire depuis plusieurs mois. Selon Le Monde, l’audience de validation du projet de Pigasse, initialement prévue plus tôt, est désormais fixée au 27 juillet 2026, date à laquelle le tribunal devra trancher sur la viabilité de cette opération de sauvetage.

Ce qu'il faut retenir

  • Fibre Excellence, entreprise papetière en redressement judiciaire, voit son avenir dépendre d’une offre de reprise portée par Matthieu Pigasse.
  • Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un délai supplémentaire de trois semaines pour finaliser le plan de sauvetage.
  • L’audience décisive est désormais programmée pour le 27 juillet 2026.
  • Sans cette validation, l’entreprise pourrait basculer vers une liquidation judiciaire, mettant en péril près de 500 emplois directs.

L’affaire Fibre Excellence s’inscrit dans un contexte économique déjà fragilisé pour le secteur papetier en Europe, confronté à la concurrence accrue des fibres recyclées et à la baisse de la demande en papier traditionnel. Le redressement judiciaire de l’entreprise, basée dans le Sud-Ouest, avait été prononcé en mars 2026, après des mois de difficultés financières aggravées par la hausse des coûts énergétiques et des matières premières. Depuis, plusieurs repreneurs potentiels se sont manifestés, mais l’offre de Matthieu Pigasse, soutenue par un consortium d’investisseurs, a rapidement émergé comme la plus solide, selon les observateurs du dossier.

Matthieu Pigasse, figure médiatique du monde de la finance et ancien dirigeant de Lazard France, a défendu à plusieurs reprises la pertinence de son plan. « Notre proposition garantit la pérennité de l’entreprise et préserve l’emploi industriel en Occitanie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée fin juin. Il a également souligné que son offre intégrait un volet d’investissement de 40 millions d’euros sur trois ans, destiné à moderniser les installations de production et à diversifier la gamme de produits de l’entreprise. Pour l’heure, les syndicats et les élus locaux restent prudents, même s’ils saluent la dynamique enclenchée.

Côté tribunal, la présidente du tribunal de commerce de Toulouse, Marie-Laure Masson, a justifié cette prolongation par la nécessité d’examiner « dans les moindres détails » les garanties financières apportées par le repreneur. « Nous devons nous assurer que le plan est réaliste et que les engagements seront tenus », a-t-elle expliqué. Cette décision intervient après des mois de négociations tendues entre les différents acteurs, notamment les créanciers de l’entreprise, qui réclamaient des assurances supplémentaires sur la solidité du montage financier proposé.

Et maintenant ?

Si le tribunal valide l’offre de Pigasse le 27 juillet, l’entreprise bénéficiera d’un sursis de six mois pour finaliser le transfert des actifs et relancer la production. En cas de rejet, une liquidation judiciaire serait inévitable, avec un risque immédiat de fermeture des sites et de suppressions d’emplois. Les observateurs s’attendent à ce que la décision finale soit précédée de nouvelles auditions, notamment des représentants des salariés et des collectivités locales, qui pourraient influencer le jugement.

Pour l’instant, l’incertitude plane sur l’issue de ce dossier, qui dépasse le cadre strict de Fibre Excellence. Le secteur papetier français, déjà en mutation, pourrait être marqué par cette décision, qui servirait de baromètre pour d’autres entreprises en difficulté. Dans tous les cas, l’échéance du 27 juillet s’annonce décisive pour les 480 salariés de l’entreprise, leurs familles et l’économie régionale.