Un accident de la route survenu vendredi matin à Noidans-lès-Vesoul, en Haute-Saône, a mis en cause Antoine Villedieu, député du Rassemblement national (RN) élu en 2022 dans ce département. Selon BFM - Faits Divers, une enquête a été ouverte pour « conduite sous l’empire d’un état d’ivresse manifeste », « refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie et de stupéfiants », ainsi que pour « vitesse excessive ».
Vers 8h45, les forces de l’ordre ont été alertées d’un véhicule circulant de manière erratique sur une route départementale, avant de terminer sa course dans un accident matériel avec un autre véhicule. Les policiers sont intervenus pour constater les faits et identifier le conducteur, qui a été transporté au centre hospitalier de Vesoul. Son état, incompatible avec une garde à vue, l’a empêché d’être auditionné dans l’immédiat. Il « continue à bénéficier de soins », a précisé le procureur de Vesoul, Arnaud Grécourt, dans un communiqué.
Ce qu'il faut retenir
- Antoine Villedieu, député RN de Haute-Saône depuis 2022, est impliqué dans un accident de la route survenu le 24 avril 2026 à Noidans-lès-Vesoul.
- Une enquête a été ouverte pour conduite en état d’ivresse manifeste, refus de se soumettre aux tests et vitesse excessive.
- Le procureur de Vesoul, Arnaud Grécourt, a confirmé que l’élu était soigné à l’hôpital et n’a pu être auditionné.
- L’enquête est confiée à la direction de la criminalité territoriale de Vesoul.
- En janvier 2026, Villedieu avait déjà été interpellé dans des circonstances similaires devant une pharmacie à Vesoul.
Un accident aux circonstances troublantes
L’accident s’est produit vendredi matin, vers 8h45, sur une route départementale à Noidans-lès-Vesoul. Selon les premiers éléments rapportés par BFM - Faits Divers, le véhicule de Villedieu « circulait en faisant des embardées » avant de terminer sa course dans un choc matériel avec un autre automobiliste. Les forces de l’ordre sont intervenues rapidement pour sécuriser les lieux et établir les responsabilités.
Identifié comme étant le député RN, Villedieu a été transporté d’urgence vers l’hôpital de Vesoul. Son état de santé, jugé incompatible avec une mesure de garde à vue, a conduit les autorités à reporter son audition. « Il continue à bénéficier de soins », a indiqué le procureur Grécourt, sans préciser la nature de ses blessures.
Une enquête ouverte pour plusieurs chefs d’accusation
L’enquête, confiée aux policiers de la direction de la criminalité territoriale de Vesoul, porte sur trois chefs d’accusation principaux. Outre la conduite en état d’ivresse manifeste, les enquêteurs examinent un possible refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie et de stupéfiants. Un troisième volet concerne la vitesse excessive du véhicule, jugée inadaptée aux circonstances de l’accident.
Ces éléments, s’ils sont confirmés, pourraient aggraver la situation de l’élu, déjà mis en cause pour des faits similaires par le passé. La procédure judiciaire pourrait également inclure des poursuites pour mise en danger d’autrui, selon les dispositions du code de la route.
Un passé déjà marqué par des incidents similaires
En janvier 2026, Antoine Villedieu avait déjà été au cœur d’un incident impliquant les forces de l’ordre. Selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP, l’élu avait été découvert légèrement blessé à la tête un dimanche matin, devant une pharmacie à Vesoul. Dans un « état second », il se serait « mis en garde » à l’arrivée des policiers, qui l’auraient « mis au sol et menotté » avant de le confier aux secours malgré son opposition.
Ces antécédents pourraient peser dans l’appréciation de sa responsabilité dans l’accident de vendredi. Les enquêteurs devront déterminer si les faits relèvent d’une négligence répétée ou d’un comportement délibéré mettant en danger la sécurité publique.
Un ancien gardien de la paix et champion de MMA
Avant son élection comme député en 2022, Antoine Villedieu était connu du grand public pour son parcours atypique. Ancien gardien de la paix, il s’était également distingué dans le milieu des arts martiaux mixtes (MMA), où il avait remporté un titre de champion du monde. Son élection à l’Assemblée nationale avait marqué un tournant dans une carrière déjà marquée par des engagements publics.
Son double profil – policier et sportif de haut niveau – avait suscité des débats lors de son élection, certains observateurs soulignant les risques de conflit d’intérêts ou de confusion entre ses fonctions politiques et son passé professionnel. Aujourd’hui, c’est sa conduite au volant qui est pointée du doigt, une situation qui pourrait avoir des répercussions sur sa crédibilité politique.
Les réactions et les attentes autour de cette affaire
Si les réactions politiques n’ont pas encore été massives, l’affaire pourrait alimenter les débats sur la responsabilité des élus et leur exemplarité. Plusieurs voix, notamment dans la classe politique, pourraient appeler à une suspension ou à des sanctions disciplinaires à l’encontre de Villedieu, en attendant les conclusions de l’enquête.
Du côté de la justice, le procureur Grécourt a rappelé que l’enquête était en cours et que les éléments recueillis permettraient de déterminer la suite à donner. « Nous attendons les résultats des analyses et des auditions pour statuer », a-t-il indiqué. Quant au RN, aucun communiqué officiel n’a encore été publié sur le sujet.
Pour l’heure, l’enquête se poursuit sous la supervision du procureur de Vesoul. Les conclusions pourraient intervenir dans les prochaines semaines, voire les prochains mois, selon la complexité des investigations.
En cas de condamnation pour conduite en état d’ivresse manifeste, Antoine Villedieu risque une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement, 4 500 euros d’amende, ainsi que la suspension ou l’annulation de son permis de conduire. S’ajoutent à cela des peines complémentaires, comme un stage de sensibilisation aux dangers de l’alcool au volant. Si le refus de se soumettre aux tests est retenu, les sanctions pourraient être aggravées, avec une peine pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement et 4 500 euros d’amende.