Comme le rapporte Journal du Coin, le Federal Bureau of Investigation (FBI) a mis au point une stratégie inédite pour traquer les fraudeurs du secteur des cryptomonnaies. En fabriquant son propre token, baptisé « CHERUB », les agents fédéraux ont infiltré plusieurs plateformes illégales, leur permettant de remonter jusqu’à des réseaux d’arnaqueurs opérant sur le dark web.
Ce qu'il faut retenir
- Le FBI a créé un token fictif, CHERUB, pour infiltrer des plateformes de cryptomonnaies frauduleuses.
- Cette opération, menée en collaboration avec des agents spécialisés, a permis d’identifier plusieurs centaines de victimes et de remonter jusqu’à des serveurs hébergés aux États-Unis et en Europe.
- Le token CHERUB a été échangé contre des bitcoins sur des marchés noirs, révélant des flux financiers illicites.
- Cette technique s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les fraudes liées aux actifs numériques, alors que les signalements explosent depuis 2024.
- Les autorités américaines n’avaient encore jamais utilisé une cryptomonnaie créée de toutes pièces pour une opération d’infiltration.
Une opération d’infiltration sans précédent
Selon les informations communiquées par Journal du Coin, l’opération a été menée sur une période de douze mois, entre 2025 et 2026. Les agents du FBI ont infiltré des groupes Telegram et des forums du dark web où s’échangent des services frauduleux, notamment des arnaques aux faux investissements ou aux ransomwares.
Le token CHERUB, dont le nom fait référence à l’ange gardien des opérations, a été présenté comme une cryptomonnaie prometteuse, destinée à financer des projets liés à la cybersécurité. En réalité, il s’agissait d’un outil de traçage permettant aux enquêteurs de suivre les mouvements de fonds en temps réel.
Des milliers de victimes identifiées, des millions de dollars saisis
Les données récupérées grâce à CHERUB ont permis d’identifier 423 victimes, principalement aux États-Unis, mais aussi en Europe et en Asie. Le montant total des fonds détournés s’élève à plus de 12 millions de dollars, selon les estimations du FBI. Plusieurs arrestations ont été effectuées dans le cadre de cette opération, dont celles de trois administrateurs de plateformes frauduleuses basées en Floride et en Lettonie.
« Cette méthode nous a donné une visibilité inédite sur les réseaux criminels, a déclaré Mark Kleiman, porte-parole du FBI. Nous avons pu observer en direct comment les fonds étaient réinvestis ou blanchis, ce qui nous a permis de démanteler plusieurs cellules en parallèle. »
Un outil controversé, mais légal selon la justice américaine
L’utilisation d’un token factice soulève des questions éthiques, notamment sur le terrain de la provocation policière. Certains juristes estiment que cette technique pourrait être contestée devant les tribunaux, au motif qu’elle incite à commettre des infractions. Cependant, le département de la Justice américain a confirmé que l’opération était légale, car elle ne visait que des plateformes déjà identifiées comme frauduleuses.
« Nous n’avons pas créé de nouvelle infraction, a souligné Jessica Cohen, avocate au département de la Justice. Nous avons simplement utilisé un outil pour infiltrer des réseaux qui existaient déjà. » Les procureurs ont requis des peines allant jusqu’à vingt ans de prison pour les principaux suspects, dont les identités n’ont pas encore été révélées.
Avec la multiplication des signalements de fraudes aux cryptomonnaies – plus de 20 000 cas déclarés en 2025 aux États-Unis selon la FTC –, les autorités comptent sur ces innovations pour inverser la tendance. Reste à savoir si les tribunaux valideront pleinement ces méthodes d’enquête.
Selon les explications du FBI, les plateformes frauduleuses exigent souvent des paiements en cryptomonnaies pour accéder à leurs services. Créer un token crédible était donc le moyen le plus efficace pour s’infiltrer sans éveiller les soupçons. De plus, cette méthode permet de tracer les flux financiers en temps réel, ce qui n’aurait pas été possible avec un paiement classique.