Le groupe français Lacoste, spécialisé dans l’habillement et les articles de luxe, fait face à une demande de recouvrement fiscal de la part de l’administration. Selon BFM Business, le fisc réclame au géant du textile le paiement d’une somme significative en impayés, sans préciser le montant exact à ce stade. Cette situation s’inscrit dans un contexte de contrôle accru des entreprises du secteur du luxe, souvent ciblées pour des montages fiscaux jugés optimisateurs par les autorités.
L’information, révélée ce 7 août 2026, intervient alors que l’État renforce ses moyens de lutte contre l’évasion fiscale internationale. Plusieurs grands groupes français ont déjà fait l’objet de redressements similaires ces dernières années, notamment dans les secteurs de la mode et de la cosmétique. Lacoste, dont le chiffre d’affaires mondial s’élève à plus de 2,5 milliards d’euros en 2025, n’est pas épargné par cette tendance.
Ce qu'il faut retenir
- Le fisc français réclame à Lacoste le paiement d’arriérés fiscaux, sans que le montant ne soit encore communiqué publiquement.
- Cette demande s’inscrit dans une politique de contrôle renforcé des entreprises du luxe par l’administration fiscale.
- L’État cible de plus en plus les grands groupes pour des montages fiscaux jugés agressifs ou optimisateurs.
- Le chiffre d’affaires de Lacoste dépasse les 2,5 milliards d’euros en 2025, selon les dernières données disponibles.
Un redressement fiscal dans un secteur sous surveillance
Le secteur du luxe, dont Lacoste est un acteur historique depuis sa création en 1933, est particulièrement scruté par les autorités fiscales. Comme le rapporte BFM Business, les entreprises de ce domaine sont souvent accusées de sous-évaluer leurs bénéfices en France ou de les transférer vers des paradis fiscaux via des filiales étrangères. En 2025, plusieurs enseignes ont déjà été contraintes de régulariser leur situation, à l’image de LVMH ou Kering, qui ont versé des dizaines de millions d’euros pour solder des litiges avec le fisc.
Dans le cas de Lacoste, la demande de recouvrement pourrait concerner des montages fiscaux contestés, notamment sur la répartition des marges entre les différentes entités du groupe. Les discussions entre l’administration et l’entreprise sont en cours, mais aucune issue n’a encore été rendue publique. Le groupe, détenu majoritairement par la famille Lacoste et le fonds familial Maus Frères, n’a pas réagi officiellement à cette annonce pour l’instant.
Un enjeu financier et réputationnel pour Lacoste
Pour un groupe comme Lacoste, dont la marque est associée à un héritage français et à des valeurs d’excellence, un redressement fiscal de grande ampleur pourrait avoir des répercussions bien au-delà du simple volet financier. Les actionnaires, comme le public, pourraient percevoir cette situation comme une remise en cause de sa gestion fiscale, alors que la transparence est devenue un critère clé pour les consommateurs et les investisseurs.
Si le montant réclamé venait à être confirmé, il représenterait une charge exceptionnelle pour le groupe, dont la trésorerie reste solide grâce à une stratégie de diversification incluant des licences (parfums, chaussures, accessoires) et une expansion internationale, notamment en Asie. En 2024, Lacoste a enregistré une croissance de 8 % en Chine, un marché clé pour son développement futur. Autant dire que l’issue de ce litige fiscal pourrait influencer ses plans d’investissement pour les années à venir.
Pour l’heure, le groupe reste discret sur le sujet, se contentant de rappeler que « toutes les entreprises sont soumises aux mêmes règles fiscales » et que « les discussions avec les autorités sont confidentielles », selon un porte-parole cité par BFM Business.
Le secteur du luxe est souvent ciblé en raison de sa capacité à générer des marges élevées et de sa structure complexe, avec des filiales réparties dans plusieurs pays. Les autorités fiscales suspectent certaines entreprises de sous-évaluer leurs bénéfices en France en les reportant vers des paradis fiscaux, ou d’utiliser des montages juridiques pour réduire leur imposition. Ces pratiques, bien que légales en l’état, sont de plus en plus contestées par l’administration.