Le Parlement ghanéen a adopté, vendredi 29 mai 2026, une loi anti-LGBT+ qui impose des peines de prison et des amendes lourdes, selon Ouest France. Ce texte, considéré comme l’un des plus répressifs du continent africain, doit désormais être ratifié par le président John Mahama pour entrer en vigueur. La mesure suscite des critiques internationales tout en reflétant une montée des tensions autour des droits des minorités sexuelles en Afrique.

Ce qu'il faut retenir

  • Adoption le 29 mai 2026 par le Parlement ghanéen d’une loi anti-LGBT+ parmi les plus strictes d’Afrique.
  • La loi prévoit des peines de prison et des amendes élevées pour les personnes reconnues coupables d’actes ou de promotion des droits LGBT+.
  • Le texte doit être ratifié par le président John Mahama avant d’entrer en vigueur.
  • Cette initiative s’inscrit dans un contexte de recrudescence des législations anti-LGBT+ sur le continent africain.
  • Des organisations de défense des droits humains dénoncent une violation des libertés individuelles.

Une loi parmi les plus répressives d’Afrique

La loi adoptée par le Parlement ghanéen vendredi 29 mai 2026 est présentée comme l’une des plus restrictives du continent en matière de droits des personnes LGBT+. Les personnes reconnues coupables de relations homosexuelles s’exposent à des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison, tandis que les défenseurs des droits LGBT+ pourraient être condamnés à des amendes allant jusqu’à 5 000 cedis ghanéens (environ 350 euros). Les organisations non gouvernementales (ONG) locales ou internationales impliquées dans la promotion de ces droits risquent également des sanctions sévères.

Selon des observateurs, ce texte s’inspire de législations similaires déjà en vigueur dans d’autres pays africains, comme l’Ouganda ou le Nigeria, où les lois anti-LGBT+ ont été renforcées ces dernières années. Le Ghana, jusqu’alors considéré comme plus modéré sur la question, rejoint ainsi une tendance régionale de plus en plus restrictive.

Un processus législatif accéléré sous pression politique

L’adoption de cette loi a été menée à un rythme soutenu par les parlementaires ghanéens. Les débats ont été marqués par des tensions entre partisans et opposants à la mesure, reflétant les divisions sociétales sur la question. Des groupes religieux, notamment chrétiens et musulmans, ont activement soutenu le texte, arguant qu’il protège les « valeurs traditionnelles » du pays. À l’inverse, des militants des droits humains ont dénoncé une instrumentalisation politique pour détourner l’attention des problèmes socio-économiques du pays.

Le président John Mahama, dont le mandat s’achève en 2024 mais qui reste une figure influente du paysage politique ghanéen, dispose désormais de 30 jours pour ratifier ou opposer son veto à la loi. Une décision qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la réputation internationale du pays, déjà engagé dans des partenariats économiques avec l’Union européenne et les États-Unis.

Réactions internationales et craintes pour les minorités

La communauté internationale a réagi avec inquiétude à l’adoption de cette loi. Plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et certains États membres de l’Union européenne, ont déjà exprimé leur « profonde préoccupation ». Des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch ont appelé le président Mahama à ne pas promulguer le texte, le qualifiant de « violation flagrante des droits fondamentaux ».

Sur le terrain, les craintes sont palpables pour les personnes LGBT+ au Ghana. Des témoignages recueillis par des médias locaux indiquent une augmentation des arrestations et des violences depuis l’adoption du texte. Une organisation locale de défense des droits humains, sous couvert d’anonymat, a confié à Ouest France que « des familles entières pourraient être exposées à des persécutions si un membre est identifié comme LGBT+ ».

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp du président John Mahama, dont la décision est attendue dans les prochaines semaines. S’il ratifie la loi, le Ghana deviendra l’un des pays les plus répressifs envers les minorités sexuelles en Afrique de l’Ouest. À l’inverse, un veto présidentiel pourrait déclencher des tensions politiques internes, notamment avec les groupes religieux influents. Par ailleurs, la pression internationale pourrait s’intensifier, avec des risques de sanctions économiques ou de gel de partenariats. La communauté LGBT+ ghanéenne, déjà en situation de vulnérabilité, devra probablement s’organiser en marge de la société, en attendant une éventuelle modification de la législation.

Cette loi soulève également une question plus large : comment concilier les normes culturelles locales et les droits humains universels dans un continent où les législations anti-LGBT+ se multiplient ? Une interrogation qui dépasse le cadre ghanéen et interroge l’avenir des minorités sexuelles en Afrique.

La loi ghanéenne anti-LGBT+ prévoit jusqu’à trois ans de prison pour les personnes reconnues coupables de relations homosexuelles. Les défenseurs des droits LGBT+ encourent des amendes pouvant atteindre 5 000 cedis ghanéens (environ 350 euros), tandis que les organisations non gouvernementales impliquées dans la promotion de ces droits risquent des sanctions sévères.