Alors que les laboratoires UPSA et Opella se remettent à produire du paracétamol en France, le gouvernement français envisage de baisser son prix de 13%, selon BFM Business. Cette décision a suscité l'incompréhension des deux laboratoires, qui ont investi massivement dans la relocalisation du principe actif du paracétamol en France.

Le Comité économique des produits de santé (CEPS), adossé au ministère de la Santé, a notifié aux fabricants de paracétamol son intention de baisser le prix de ce célèbre antalgique. La baisse de 13,04% du prix fabricant hors taxe (PFHT) du paracétamol serait effective au 1er janvier 2027, passant ainsi de 0,76 euro à 0,66 euro.

Ce qu'il faut retenir

  • La baisse du prix du paracétamol de 13% est envisagée par le gouvernement français.
  • Les laboratoires UPSA et Opella ont investi dans la relocalisation du principe actif du paracétamol en France.
  • La production de paracétamol 100% français est attendue pour 2027.
  • Le paracétamol est le médicament le plus consommé en France, avec 371,6 millions d'euros de dépenses pour la Sécurité sociale entre juillet 2024 et juin 2025.
  • Les représentants d'Opella et d'Upsa seront reçus par le ministre de l'Industrie Sébastien Martin pour discuter de cette décision.

Contexte et réactions

D'après les propos du courrier, rapportés par les destinataires, le CEPS mentionne la fin prochaine du moratoire qui protégeait, depuis 2020, le paracétamol de toute baisse de prix. Celui-ci doit en effet s'achever au 31 décembre 2026, d'où l'urgence de re-négocier les fabricants pour obtenir une nouvelle tarification en vigueur dès le 1er janvier 2027.

Les laboratoires UPSA et Opella ont exprimé leur incompréhension face à cette décision, considérant qu'elle est contradictoire avec leurs investissements dans la relocalisation du principe actif du paracétamol. Ils estiment que la production de paracétamol en France coûterait au moins 60% plus cher qu'en Asie.

Enjeux économiques et sanitaires

Le paracétamol représente un marché important pour les laboratoires, avec 430,3 millions de boîtes distribuées aux patients entre juillet 2024 et juin 2025. Cependant, son coût pour la Sécurité sociale est relativement faible, ne représentant que 1,1% des 33,5 milliards d'euros dépensés en 2024 au titre des remboursements de médicaments.

Nathalie Coutinet, économiste et enseignante-chercheure à l'Université Sorbone Paris Nord, souligne qu'il y a un paradoxe dans la politique publique d'avoir subventionné la création de l'usine de Seqens pour faire du principe actif de paracétamol, alors que le gouvernement envisage désormais de baisser le prix.

Et maintenant ?

Les représentants d'Opella et d'Upsa vont être reçus tour à tour, dès ce mardi 21 juillet, par le ministre de l'Industrie Sébastien Martin. Ils espèrent obtenir des clarifications sur la décision de baisser le prix du paracétamol et discuter des ajustements potentiels. Une hypothèse circule déjà, celle d'annuler la baisse de prix pour les fabricants qui s'engagent à produire leurs médicaments 100% en France.

La décision finale sur le prix du paracétamol devrait être prise dans les prochaines semaines, avec des implications potentielles pour l'industrie pharmaceutique et les patients qui dépendent de ce médicament. Les enjeux sont importants, et il reste à voir comment le gouvernement français et les laboratoires trouveront un équilibre qui permettra de maintenir la production de paracétamol en France tout en contrôlant les coûts pour la Sécurité sociale.