D’ici trois ans, le Kazakhstan ambitionne de réduire significativement les disparités éducatives entre zones urbaines et rurales grâce à un déploiement massif d’outils d’intelligence artificielle dans ses établissements scolaires. Selon Euronews FR, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser le système éducatif national et à développer une économie numérique compétitive.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement kazakh prévoit d’équiper 500 écoles rurales en sous-effectif en connexion Internet haut débit et technologies modernes dès cette année.
- Une plateforme nationale d’IA permettra de personnaliser l’apprentissage, suivre les progrès des élèves et identifier ceux nécessitant un accompagnement spécifique.
- Les enseignants pourront dispenser des cours à distance, en direct ou en différé, afin de pallier le manque de ressources locales.
- L’objectif affiché est de réduire d’ici 2029 le nombre d’élèves en difficulté et d’alléger la charge administrative des enseignants.
- Ce projet s’intègre dans une politique nationale visant à accélérer la transition numérique du pays.
Un déploiement progressif pour combler le fossé éducatif
Le gouvernement kazakh a choisi une approche par étapes pour intégrer l’intelligence artificielle dans ses écoles. Dans un premier temps, 500 établissements ruraux en sous-effectif – souvent confrontés à un manque criant d’enseignants qualifiés et de matériel pédagogique moderne – bénéficieront d’une connexion Internet haut débit et de dispositifs technologiques adaptés. « L’idée est de ne laisser aucun élève de côté, où qu’il se trouve dans le pays », a indiqué un responsable du ministère de l’Éducation, cité par Euronews FR.
Cette première phase permettra de tester l’efficacité des outils avant un déploiement à l’échelle nationale. Les écoles sélectionnées recevront également des équipements pour diffuser des cours en direct ou préenregistrés, offrant ainsi aux élèves des contenus variés et adaptés à leur niveau. Dès 2027, le ministère prévoit d’étendre cette initiative à l’ensemble des établissements du pays, rural comme urbain.
L’IA au service de l’apprentissage personnalisé
Au cœur de ce projet se trouve une plateforme nationale d’intelligence artificielle conçue pour analyser les performances des élèves et proposer des parcours d’apprentissage individualisés. Grâce à des algorithmes avancés, le système pourra identifier les lacunes de chaque élève et suggérer des exercices ciblés pour y remédier. « L’objectif n’est pas de remplacer les enseignants, mais de leur donner des outils pour mieux accompagner leurs élèves », a précisé le ministère dans un communiqué.
Les enseignants, quant à eux, verront leur charge administrative allégée grâce à l’automatisation de certaines tâches comme la correction des devoirs ou la gestion des emplois du temps. Selon les estimations officielles, cette automatisation pourrait leur faire gagner jusqu’à 20 % de temps par semaine, un gain précieux dans un système où la surcharge de travail est fréquente.
Un pari ambitieux pour une économie numérique
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan « Kazakhstan 2050 », une feuille de route visant à positionner le pays comme un acteur clé de l’économie numérique en Asie centrale. « L’éducation est le socle de notre transition numérique », a souligné le Premier ministre kazakh lors d’une conférence de presse en juin 2026. « Sans une main-d’œuvre qualifiée et adaptée aux nouvelles technologies, notre croissance économique sera limitée. »
Le Kazakhstan n’est pas le seul pays à explorer cette voie. En Europe, des projets similaires sont en cours, notamment en Estonie et en Finlande, où l’IA est utilisée pour adapter les parcours scolaires aux besoins spécifiques des élèves. Cependant, le Kazakhstan se distingue par l’ampleur de son projet, qui vise à couvrir un territoire vaste et contrasté, où les écarts entre zones urbaines et rurales restent marqués.
Pour les observateurs, ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres pays en développement souhaitant moderniser leur système éducatif. Reste à voir si les promesses de l’IA pourront se concrétiser sans créer de nouvelles fractures, notamment en termes d’accès aux technologies pour les familles les plus modestes.
Les écoles recevront du matériel informatique (ordinateurs, tablettes), une connexion Internet haut débit, des outils de visioconférence pour les cours à distance, ainsi que des plateformes logicielles d’IA dédiées à l’apprentissage personnalisé et au suivi des élèves. Certains établissements bénéficieront également de kits de réalité augmentée pour des cours interactifs.
Le financement provient du budget national, avec des fonds alloués spécifiquement dans le cadre du plan « Kazakhstan 2050 ». Une partie des investissements est également soutenue par des partenariats publics-privés, notamment avec des entreprises technologiques locales et internationales spécialisées en EdTech.