Depuis le printemps 2026, le lac de Scluos, niché à plus de 2 000 mètres d’altitude dans le parc national du Mercantour, fait l’objet d’une opération de restauration écologique sans précédent. Porté conjointement par l’Office français de la biodiversité et le parc national des Alpes-Maritimes, ce projet vise à éliminer les espèces de poissons introduites par l’homme afin de préserver la pureté des eaux cristallines et la biodiversité locale. Selon Libération, cette initiative pionnière pourrait servir de modèle pour les quelque 600 lacs d’altitude que compte le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Une opération de dépollution en cours sur le lac de Scluos, dans le parc national du Mercantour
  • Objectif : éliminer les poissons introduits par l’homme pour restaurer l’écosystème et la pureté de l’eau
  • Ce projet pilote pourrait s’étendre aux 600 lacs d’altitude français
  • Les premières phases du projet ont débuté au printemps 2026
  • Le lac de Scluos est situé à plus de 2 000 mètres d’altitude

Un écosystème fragilisé par les espèces invasives

Le lac de Scluos, comme de nombreux plans d’eau d’altitude en France, a subi des perturbations liées aux activités humaines. Dans les années 1960 et 1970, des espèces de poissons comme la truite ou l’omble ont été introduites pour favoriser la pêche sportive. Si ces interventions visaient à offrir de nouvelles opportunités aux pratiquants, elles ont progressivement déséquilibré l’écosystème local. Selon les experts, ces espèces non natives ont modifié les chaînes alimentaires et contribué à la dégradation de la qualité de l’eau, autrefois réputée pour sa transparence.

Les responsables du parc national du Mercantour et de l’Office français de la biodiversité soulignent que la présence de ces poissons a accéléré l’eutrophisation du milieu. « Ces espèces se nourrissent des invertébrés locaux et perturbent les sédiments, ce qui trouble progressivement l’eau », explique un responsable du parc, cité par Libération.

Une méthode de restauration inédite en montagne

La méthode employée pour restaurer le lac de Scluos repose sur une approche progressive. Plutôt que de procéder à une vidange totale du plan d’eau, les équipes utilisent des techniques de pêche sélective pour capturer et retirer les poissons introduits. Cette méthode limite les impacts sur l’environnement et permet de préserver les espèces locales. « On retire les poissons introduits un à un, sans perturber l’écosystème résiduel », précise un biologiste de l’Office français de la biodiversité.

Les premières phases du projet ont débuté au printemps 2026, avec des équipes mobilisées pour capturer les spécimens les plus visibles. Les autorités estiment que plusieurs années seront nécessaires pour restaurer l’équilibre naturel du lac. « Le processus est long, car il faut s’assurer que les espèces locales reprennent progressivement leur place », indique un porte-parole du parc national du Mercantour. Autant dire que la patience est de mise.

Un projet pilote aux répercussions nationales

Si les résultats s’avèrent concluants, le projet pourrait être étendu à d’autres lacs d’altitude en France. Selon Libération, le pays compte environ 600 plans d’eau similaires, souvent situés dans des zones protégées comme les parcs nationaux ou les réserves naturelles. Ces milieux, fragiles et isolés, sont particulièrement vulnérables aux perturbations humaines. « Le lac de Scluos est un cas d’école. Ce que l’on apprend ici pourrait être appliqué ailleurs », souligne un chercheur de l’Office français de la biodiversité.

Les autorités espèrent également que cette opération sensibilisera le public à la préservation des écosystèmes montagnards. « Ces lacs sont des joyaux de biodiversité. Leur restauration est un enjeu à la fois écologique et patrimonial », rappelle un responsable du parc national du Mercantour. Une prise de conscience qui pourrait s’étendre bien au-delà des frontières du Mercantour.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes du projet consisteront à évaluer l’efficacité des captures réalisées au printemps 2026. Une campagne de suivi sera menée à l’automne pour mesurer l’impact des premières interventions sur la qualité de l’eau et la biodiversité. Si les résultats sont encourageants, le projet pourrait être élargi à d’autres sites d’ici 2028, sous réserve des financements disponibles et de l’aval des autorités locales. Bref, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir déclarer la mission accomplie.

Les premiers signes de reprise écologique devraient se manifester d’ici deux à trois ans, selon les scientifiques. Pour l’heure, les équipes sur le terrain restent mobilisées, conscientes que chaque étape compte dans cette entreprise de longue haleine.

Principalement des truites et des ombles, introduites dans les années 1960 et 1970 pour développer la pêche sportive.