Le Mouvement des entreprises de France (Medef) a entamé une mission officielle en Algérie ce jeudi 24 avril 2026, selon BFM Business. L’objectif affiché par l’organisation patronale est de « contribuer à apaiser les tensions » qui traversent actuellement les relations économiques franco-algériennes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Medef mène une mission en Algérie depuis le 24 avril 2026 pour apaiser les tensions économiques
  • Cette initiative intervient dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre les deux pays
  • L’organisation patronale française cherche à « contribuer à la stabilisation des échanges »
  • Les discussions porteront notamment sur les barrières douanières et les investissements bilatéraux

Une mission diplomatique et économique

Cette mission, déployée à l’initiative du Medef, s’inscrit dans une démarche à la fois diplomatique et économique. Une délégation du Medef, conduite par son président Geoffrey Roux de Bézieux, a été dépêchée sur place pour engager un dialogue direct avec les autorités algériennes. Selon les informations communiquées par BFM Business, l’objectif est de « rétablir un climat de confiance » entre les entreprises françaises et le gouvernement algérien.

Les tensions récentes, qui se sont cristallisées autour de l’augmentation des droits de douane sur certains produits français et de restrictions administratives, ont pesé sur les échanges commerciaux. En 2025, les exportations françaises vers l’Algérie avaient déjà reculé de 8,5 %, selon les dernières données douanières disponibles.

Les enjeux commerciaux au cœur des discussions

Les discussions prévues à Alger devraient aborder plusieurs sujets épineux. Parmi eux, la levée des barrières non tarifaires qui entravent les exportations françaises, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, des équipements industriels et des services. Geoffrey Roux de Bézieux a d’ailleurs rappelé que « l’Algérie reste un partenaire stratégique pour la France, mais les contraintes actuelles pèsent sur notre compétitivité ».

Un autre dossier sensible concerne les investissements français en Algérie, où plusieurs entreprises dénoncent des retards dans les procédures administratives et des exigences réglementaires jugées imprévisibles. « Nous sommes prêts à renforcer notre engagement, à condition que les règles du jeu soient claires et stables », a souligné un membre de la délégation cité par BFM Business.

« Notre présence en Algérie vise à montrer que nous restons mobilisés pour défendre les intérêts de nos entreprises, tout en recherchant des solutions pragmatiques aux difficultés rencontrées. »
— Geoffrey Roux de Bézieux, président du Medef

Un contexte économique déjà fragilisé

Cette mission intervient dans un contexte où les relations économiques franco-algériennes peinent à retrouver leur dynamisme d’avant la crise sanitaire. En 2024, le volume des échanges bilatéraux avait chuté de 12 %, selon les chiffres du ministère français de l’Économie. Les entreprises françaises, notamment les PME et ETI, sont particulièrement affectées par cette dégradation.

Côté algérien, les autorités pointent du doigt les subventions jugées déloyales accordées par l’Union européenne à certains secteurs agricoles français. Ces tensions avaient conduit, en février 2026, à un gel temporaire des importations de produits laitiers français, une mesure rapidement contestée par Bruxelles.

Et maintenant ?

Les résultats concrets de cette mission devraient se faire sentir dans les semaines à venir, avec l’espoir d’un assouplissement des mesures restrictives de part et d’autre. Une réunion de suivi est déjà prévue à Paris au mois de mai, avec la participation des ministères concernés. Reste à voir si cette initiative permettra de débloquer les dossiers les plus sensibles, comme celui des droits de douane ou des garanties juridiques pour les investisseurs.

En attendant, le Medef a appelé les entreprises françaises à « maintenir leur présence en Algérie », tout en invitant les autorités algériennes à « clarifier leurs attentes » pour éviter de nouvelles crispations. Une chose est sûre : la balle est désormais dans le camp des négociateurs.

Les secteurs les plus affectés sont l’agroalimentaire, notamment les produits laitiers et carnés, ainsi que les équipements industriels et les services. Les entreprises françaises dénoncent des droits de douane élevés et des retards administratifs en Algérie.