Lors d’une visite pastorale effectuée ce week-end, le pape Léon XIV a qualifié la « terre des feux » de « territoire ayant payé un lourd tribut », selon Le Monde. Cette zone, située dans le sud de l’Italie, sert depuis la fin des années 1980 de décharge et de site d’incinération illégale, contaminant durablement l’air, les sols et les nappes phréatiques.
Ce qu'il faut retenir
- Depuis la fin des années 1980, la « terre des feux » est utilisée comme décharge et site d’incinération illégale.
- Cette activité a provoqué une contamination généralisée de l’air, des sols et des nappes phréatiques.
- Depuis 2013, plusieurs enquêtes parlementaires ont révélé des négligences, voire des complicités des autorités locales.
- Le pape Léon XIV a visité ce territoire ce week-end pour attirer l’attention sur cette crise environnementale.
- Les résultats des enquêtes ont conduit à des accusations de gestion défaillante des pouvoirs publics.
Le souverain pontife a souligné, lors de sa prise de parole, que « cette terre porte encore les stigmates d’un modèle économique et politique qui a privilégié le profit à la santé des populations », a rapporté Le Monde. Son déplacement s’inscrit dans une série de visites symboliques menées par le pape pour alerter sur les crises environnementales et sociales en Europe.
Un territoire ravagé par des décennies de pollution industrielle
La région, qui s’étend sur plusieurs provinces, est surnommée la « terre des feux » en raison des incendies volontaires et involontaires qui s’y déclarent régulièrement. Ces feux, souvent allumés pour détruire des déchets toxiques ou dissimuler des activités illégales, libèrent dans l’atmosphère des particules fines et des substances cancérigènes. Les sols, quant à eux, sont imprégnés de métaux lourds et de produits chimiques, rendant certaines zones inhabitables.
Les nappes phréatiques ne sont pas épargnées : plusieurs études ont révélé la présence de taux anormalement élevés de plomb, de mercure et de dioxines dans les eaux souterraines. « Nous avons affaire à une catastrophe sanitaire et écologique, dont les conséquences se feront sentir pendant des générations », a indiqué un expert en environnement cité par Le Monde.
Des enquêtes parlementaires qui pointent du doigt les autorités
Dès 2013, une première enquête parlementaire a mis en lumière les défaillances des pouvoirs locaux dans la gestion des déchets. Les rapporteurs ont pointé du doigt l’absence de contrôles, la corruption et, dans certains cas, la complicité active d’élus et de fonctionnaires avec les réseaux criminels organisant ces dépôts sauvages. Une seconde enquête, menée en 2018, a confirmé ces conclusions et recommandé des poursuites contre plusieurs responsables politiques.
Pourtant, malgré ces alertes répétées, peu de mesures concrètes ont été prises. Les associations locales dénoncent un « manque de volonté politique » et une « impunité généralisée ». En 2023, un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement a classé cette région parmi les zones les plus polluées d’Europe, aux côtés de sites industriels en Allemagne et en Pologne.
« Cette situation est le résultat d’un système où l’on a sacrifié la santé des citoyens sur l’autel du profit à court terme. Aujourd’hui, nous devons agir, et vite. »
— Un membre de la commission parlementaire sur la pollution en Campanie, 2025
Côté européen, la Commission a demandé à l’Italie de présenter un plan d’action d’ici décembre 2026 pour répondre aux exigences de la directive cadre sur l’eau. « Il est temps de passer des mots aux actes », a déclaré un porte-parole de la Commission à Le Monde.
Les analyses réalisées ont révélé la présence de plomb, mercure, arsenic, dioxines et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans les sols et les nappes phréatiques. Ces substances sont associées à des risques accrus de cancers, de maladies respiratoires et de malformations congénitales.