À l'approche des débats budgétaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé des pistes de réforme, notamment dans la protection sociale, comme le rapporte BFM Business. Il propose ainsi de diminuer le remboursement de certains médicaments et veut augmenter la contribution de certains patients. Cette décision vise à réduire un déficit « préoccupant » mais aussi à distinguer les candidats aptes à « gouverner », selon ses propres termes.
Sébastien Lecornu ne veut pas attendre la présidentielle pour engager des « réformes structurelles, même modestes » dans le prochain budget qu'il espère faire adopter « dans l'hiver ». Il justifie cette démarche en expliquant que « nous ne pouvons pas suspendre toutes les décisions jusqu'en 2027 », dans un long entretien à Paris Match mis en ligne mercredi.
Ce qu'il faut retenir
- Le Premier ministre propose de diminuer le remboursement de certains médicaments qui n'apportent qu'un « bénéfice thérapeutique faible ».
- Il envisage de « demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an », tout en protégeant les plus fragiles socialement.
- Un « bonus-malus budgétaire » entre les ministères est prévu pour inciter à investir dans le numérique et l'intelligence artificielle.
Les réformes en détail
Les réformes proposées par Sébastien Lecornu visent à réduire les dépenses publiques tout en encourageant l'investissement dans des domaines clés pour l'avenir. Il est prévu de « verdir » le fonds de compensation de la TVA destiné aux collectivités (FCTVA), afin de valoriser les dépenses consacrées à l'adaptation au changement climatique.
Ces annonces interviennent alors que la politique macroniste d'adaptation au changement climatique a été critiquée par les oppositions lors de la dernière canicule historique. Sébastien Lecornu assure avoir confiance en sa ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, mais estime que les membres du gouvernement doivent « trouver le point d'équilibre entre les convictions personnelles qu'ils portent et les compromis qu'ils doivent trouver » avec les parlementaires.
Le contexte électoral
Le débat budgétaire sera, selon Sébastien Lecornu, « un moment de vérité pour les candidats », permettant « de distinguer ceux qui veulent réellement gouverner de ceux qui veulent simplement faire campagne ». Lui-même ne « se mêle pas » de l'élection, mais demande aux prétendants à l'Élysée « de ne pas entraver l'action du gouvernement ».
Les candidats qui chercheraient à empêcher tout budget à l'automne prendraient, selon le Premier ministre, la responsabilité de condamner leur propre première année de quinquennat. Il souligne que « les candidats qui chercheraient à empêcher tout budget à l'automne prendraient la responsabilité de condamner leur propre première année de quinquennat ».
Le futur président, qui sera élu en mai, devra gérer les conséquences de ces décisions et poursuivre les réformes engagées. La question maintenant est de savoir comment ces réformes seront reçues et mises en œuvre, et quelles seront les conséquences à long terme pour la France.