D’après Libération, le marché des services et produits spécialement conçus pour les enfants s’étend bien au-delà du secteur associatif, s’inscrivant désormais dans une logique purement commerciale. Cet essor a été mis en lumière lors d’une rencontre organisée par l’association Grandir Ici, ce jeudi 16 avril 2026 à Paris.
Ce qu'il faut retenir
- Le mouvement « no kids » pousse les entreprises privées à développer des offres ciblant spécifiquement les enfants.
- Une rencontre organisée par l’association Grandir Ici a permis de présenter ces nouvelles solutions marchandes.
- L’événement s’est tenu ce 16 avril 2026 à Paris, marquant une étape dans l’émergence de ce phénomène.
Un marché en réponse à une tendance sociétale
La montée en puissance du mouvement « no kids » — qui prône le choix de ne pas avoir d’enfants — a incité de nombreux acteurs du privé à repenser leur offre. Autant dire que ces entreprises surfent sur une demande croissante de services adaptés aux familles, tout en répondant à une clientèle qui souhaite exclure les enfants de certains espaces. D’après les organisateurs de l’événement, cette dynamique s’inscrit dans une logique de segmentation marketing, où le « kids friendly » devient un argument commercial distinctif.
Grandir Ici : un acteur associatif à l’origine du débat
L’association Grandir Ici, qui milite pour l’épanouissement des enfants dans la société, a joué un rôle clé dans cette réflexion. Elle a ainsi convoqué une table ronde réunissant entrepreneurs, chercheurs et représentants du secteur privé, le 16 avril 2026 à Paris. L’objectif ? Explorer les nouvelles opportunités économiques liées aux services dédiés aux enfants, tout en interrogeant les limites éthiques d’une telle démarche. « Nous assistons à une marchandisation de l’enfance, où le bien-être des enfants devient un produit de consommation », a souligné Clara Martin, présidente de Grandir Ici, lors de l’événement.
Des exemples concrets de services « kids friendly »
Plusieurs entreprises ont d’ores et déjà saisi cette opportunité. Parmi elles, des restaurants proposant des espaces « adultes only » tout en offrant des menus et des activités pour enfants dans des zones séparées. D’autres acteurs misent sur des abonnements familiaux, comme des salles de sport ou des centres culturels, avec des tarifs avantageux pour les familles. Selon Libération, ces initiatives répondent à une demande à la fois des parents — qui recherchent des lieux adaptés à leurs enfants — et des personnes sans enfants, souhaitant éviter leur présence. « C’est une réponse à un besoin de confort, mais aussi une façon de monétiser une niche », a expliqué Thomas Leroy, consultant en marketing familial, lors de la rencontre.
Un phénomène qui divise
Si ces offres séduisent une partie de la population, elles suscitent également des critiques. Certains y voient une forme de ségrégation sociale, où l’accès à certains lieux deviendrait conditionné par la présence d’enfants ou, à l’inverse, par leur exclusion. D’autres, en revanche, y perçoivent une avancée pour les familles, leur permettant de profiter d’espaces adaptés. « Le débat n’est pas tant dans l’existence de ces services que dans leur généralisation », a précisé Clara Martin. « Faut-il que tous les lieux publics deviennent « kids friendly » ? La question reste ouverte. »
Autant dire que cette tendance pourrait s’amplifier, avec un risque de fragmentation accrue des espaces selon la présence ou non d’enfants. Pour l’instant, les acteurs du secteur privé semblent déterminés à poursuivre sur cette voie, malgré les interrogations éthiques soulevées.
Parmi les offres existantes, on trouve des restaurants avec espaces enfants séparés, des salles de sport proposant des tarifs familiaux, des centres culturels adaptés aux familles, ou encore des plateformes de réservation de voyages incluant des activités pour enfants.
Non, Grandir Ici milite pour un équilibre entre ces offres et la nécessité de préserver des espaces inclusifs. L’association appelle à un débat sur les limites éthiques de la marchandisation de l’enfance, tout en reconnaissant que certaines initiatives peuvent répondre à des besoins légitimes des familles.
