Le Sénat a adopté jeudi 16 avril une mesure visant à contraindre la SNCF à commercialiser les billets des autres opérateurs sur son application à partir de 2028, selon BFM Business. Cette mesure devrait permettre aux usagers de pouvoir utiliser l'application SNCF Connect pour acheter des billets des compagnies concurrentes Trenitalia ou Renfe. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a affirmé que le gouvernement est favorable à la simplification du parcours digital pour les usagers, notamment grâce à une offre ferroviaire plus accessible et plus diversifiée.

Le dispositif pourra « faire primer l'intérêt des usagers sur des logiques qui pourraient être strictement commerciales », a salué l'écologiste Jacques Fernique, l'un des initiateurs. Les services numériques multimodaux (SNM) comme SNCF Connect devront permettre cette commercialisation « dans des conditions raisonnables, équitables, transparentes et proportionnées, notamment en matière de rémunération ».

Ce qu'il faut retenir

  • La SNCF devra commercialiser les billets des autres opérateurs sur son application à partir de 2028.
  • Les usagers pourront utiliser l'application SNCF Connect pour acheter des billets des compagnies concurrentes Trenitalia ou Renfe.
  • Le gouvernement est favorable à la simplification du parcours digital pour les usagers.
  • Les services numériques multimodaux devront permettre la commercialisation des billets dans des conditions raisonnables et équitables.

Le contexte

Le Sénat examine depuis mercredi le projet de loi-cadre sur les transports, qui entend apporter de premières réponses aux immenses besoins de financement pour moderniser les infrastructures, notamment ferroviaires. Un vote solennel est prévu le 28 avril, avant la transmission du texte à l'Assemblée nationale, où son examen n'est toujours pas programmé.

Les sénateurs ont également adopté une disposition instaurant un « droit à la poursuite du trajet en cas de correspondance manquée », y compris si plusieurs segments sont assurés par des opérateurs différents dans le cadre de l'ouverture à la concurrence de la SNCF. Cette garantie, qui n'entraînera aucun coût supplémentaire pour l'usager, s'appliquera seulement si le billet a été acheté dans le cadre d'une seule transaction.

Les réactions

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a demandé à ce que l'entrée en vigueur de la mesure soit différée. Un compromis a été voté pour fixer cette date au 31 décembre 2027. Les débats se sont tout de même envenimés, certains élus craignant une déstabilisation de la SNCF et appelant à gérer ce dossier au niveau européen.

« Nous n'avons pas le luxe de faire de la SNCF le rat de laboratoire de la Commission européenne », a regretté le centriste Daniel Fargeot.

Et maintenant ?

Le texte doit désormais être examiné par l'Assemblée nationale, où son examen n'est toujours pas programmé. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'impact de cette mesure sur les usagers et les opérateurs ferroviaires. Il reste à voir comment la SNCF et ses concurrents adapteront leurs stratégies pour répondre à cette nouvelle réglementation.

La question de la mise en œuvre de cette mesure et de son impact sur le marché ferroviaire reste ouverte. Les usagers et les opérateurs attendent avec intérêt les prochaines étapes de ce processus.