Le Service national d’hydrographie et d’océanographie (Shom) a réceptionné mi-avril à Brest son premier drone sous-marin autonome, le Narval, selon Capital. Cet appareil, de la catégorie Hugin Superior, est le premier de ce type à rejoindre les effectifs du Shom. Sa réception, initialement prévue pour le premier trimestre 2026, intervient avec un léger retard, comme l’a rapporté Le Télégramme.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier drone de sa catégorie acquis par le Shom, capable d’atteindre 6 000 mètres de profondeur.
  • Conçu par Kongsberg Discovery, un groupe norvégien spécialisé, pour un coût estimé à 15 millions d’euros.
  • Autonomie de 72 heures et précision de navigation élevée, permettant une cartographie fine des fonds marins.
  • Objectifs : protection des câbles sous-marins, étude des risques environnementaux liés aux épaves, et modernisation des moyens du Shom engagée depuis 2024.
  • Déploiement possible depuis le bâtiment hydrographique Beautemps-Beaupré.

Un outil stratégique pour la cartographie des océans

Avec l’arrivée du Narval, le Shom dispose désormais d’un équipement capable de réaliser des cartographies précises des grands fonds, jusqu’alors inaccessibles. Grâce à ses capteurs de pointe, notamment en imagerie et en bathymétrie haute résolution, le drone permettra de collecter des données inédites sur les profondeurs marines. Autant dire que cet outil ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour l’hydrographie française.

Parmi les applications envisagées, le Shom pourra désormais étudier les risques environnementaux liés aux épaves, comme les fuites potentielles de polluants. Le drone pourra également contribuer à la protection des infrastructures sous-marines, un enjeu crucial pour les câbles de télécommunications ou énergétiques, souvent vulnérables aux dommages accidentels.

Un investissement majeur pour la modernisation du Shom

Le Narval s’inscrit dans le cadre d’un processus de modernisation engagé par le Shom dès 2024. Cet appareil complète une gamme d’outils autonomes déjà déployés, comme le drone de surface DriX H-8 Marlin, mis en service quelques mois plus tôt. Avec un coût avoisinant les 15 millions d’euros, le Narval représente un investissement significatif, justifié par ses capacités technologiques exceptionnelles.

Fabriqué par Kongsberg Discovery, une entreprise norvégienne leader dans le domaine des technologies maritimes, le drone est équipé de systèmes avancés pour une navigation autonome et une collecte de données fiable. Sa capacité à opérer jusqu’à 6 000 mètres de profondeur en fait un outil adapté aux missions d’exploration des abysses, encore largement méconnus.

Une autonomie et une précision adaptées aux missions longues

L’un des atouts majeurs du Narval réside dans son autonomie de 72 heures, lui permettant de mener des missions prolongées sans intervention humaine. Sa navigation, d’une précision extrême, garantit une collecte de données fiable, même dans des environnements complexes. Ces caractéristiques en font un outil particulièrement adapté aux besoins du Shom, dont les missions s’étendent sur de vastes zones maritimes.

Le drone pourra être déployé depuis plusieurs navires du Shom, dont le bâtiment hydrographique et océanographique Beautemps-Beaupré. Cette flexibilité opérationnelle renforce la capacité du service à répondre aux besoins variés, qu’il s’agisse d’études environnementales, de sécurité maritime ou de soutien aux activités de défense.

« Grâce au Narval, nous allons pouvoir accéder à des zones marines jusqu’ici inexplorées et enrichir considérablement notre connaissance des fonds océaniques. »

— Un porte-parole du Shom, cité par Capital

Et maintenant ?

Le Shom prévoit d’intégrer progressivement le Narval dans ses missions courantes, une fois les phases de test et de formation achevées. D’ici la fin de l’année 2026, plusieurs campagnes d’exploration des grands fonds sont prévues, notamment en Méditerranée et dans l’océan Atlantique. Par ailleurs, le service pourrait étendre l’utilisation de ce type de drones à d’autres missions, comme la surveillance des aires marines protégées ou la détection de mines sous-marines.

À plus long terme, l’acquisition de drones autonomes comme le Narval pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large de modernisation de la flotte hydrographique française, en réponse aux enjeux croissants liés à la sécurité maritime et à la préservation des écosystèmes marins.

Un pas de plus vers une hydrographie 4.0

L’arrivée du Narval marque une étape importante dans la modernisation des moyens du Shom, mais elle s’inscrit aussi dans une dynamique plus large de développement des technologies autonomes pour l’exploration marine. Entre 2024 et 2026, le service a ainsi accéléré ses investissements dans ce domaine, avec l’acquisition de drones tant sous-marins que de surface. Cette évolution reflète les ambitions de la France en matière d’hydrographie, où l’innovation technologique joue un rôle clé pour renforcer la souveraineté maritime.

À l’heure où les enjeux environnementaux et sécuritaires liés aux océans prennent une importance croissante, des outils comme le Narval offrent des perspectives inédites. Ils permettent non seulement de mieux comprendre les fonds marins, mais aussi d’anticiper les risques et de protéger les infrastructures critiques. Bref, un investissement stratégique pour l’avenir.

Pour suivre l’actualité des innovations maritimes et des technologies autonomes, le site Capital propose régulièrement des analyses et des décryptages sur ces sujets. Une thématique qui devrait encore gagner en visibilité dans les années à venir.

Contrairement au drone de surface DriX H-8 Marlin, déjà en service, le Narval est un drone sous-marin autonome (AUV) capable d’atteindre des profondeurs bien supérieures, jusqu’à 6 000 mètres. Il est également équipé de systèmes d’imagerie et de bathymétrie haute résolution, conçus pour des missions d’exploration des grands fonds, là où le DriX intervient surtout en surface.