Deux massacres à caractère ethnique ont été commis, à une semaine d’intervalle, au Soudan du Sud, selon nos confrères de Le Monde. Dimanche 1er mars, 169 corps ont été retrouvés dans le village d’Abiemnhom, dans la zone administrative de Ruweng, près de la frontière soudanaise. Tous les victimes étaient des Dinka. Quelques jours plus tôt, le 21 février, 16 personnes avaient été tuées à Pankor, dans le nord de l’État de Jonglei. Toutes les victimes étaient des Nuer.

Ces événements tragiques interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les forces du président, Salva Kiir, un Dinka, et celles fidèles à son principal rival et ancien vice-président, Riek Machar, un Nuer, aujourd’hui incarcéré. Le Soudan du Sud traverse sa plus grave crise sécuritaire et humanitaire depuis la signature, en 2018, d’un accord de paix dit « revitalisé » et la formation, en 2020, d’un gouvernement d’unité nationale de transition.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux massacres à caractère ethnique ont été commis au Soudan du Sud, faisant 169 morts et 16 morts.
  • Les victimes étaient des Dinka et des Nuer, les deux communautés les plus importantes du pays.
  • Le pays traverse sa plus grave crise sécuritaire et humanitaire depuis 2018.

Les causes de la crise

La crise actuelle est en partie due à la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar, qui a abouti à des affrontements entre leurs forces en 2025. L’année 2025 a été émaillée d’affrontements entre les forces du président et celles fidèles à son principal rival, ce qui a entraîné une instabilité politique et sécuritaire dans le pays.

Les élections, qui devaient se tenir en 2022, ont été repoussées à deux reprises et doivent désormais se tenir fin 2026. Cependant, la prolifération des violences rend la tenue de ce scrutin on ne peut plus incertaine.

Les conséquences humanitaires

La crise a des conséquences humanitaires catastrophiques. Les deux communautés les plus importantes du Soudan du Sud – qui en compte 64 – vont-elles être à nouveau entraînées dans la guerre civile ? On peut le craindre, tant l’année 2025 a été émaillée d’affrontements entre les forces du président et celles fidèles à son principal rival.

Les civils sont les premières victimes de cette crise. Les enfants, les femmes et les hommes sont touchés par les violences, les déplacements et les privations. Les organisations humanitaires sont présentes sur le terrain pour apporter une aide vitale aux populations affectées.

Les enjeux

La crise au Soudan du Sud a des enjeux régionaux et internationaux. Les pays voisins, comme le Soudan et l’Éthiopie, sont concernés par la stabilité de la région. La communauté internationale doit prendre des mesures pour aider à résoudre la crise et à rétablir la paix dans le pays.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l’avenir du Soudan du Sud. Les élections de fin 2026 pourraient être un élément clé pour sortir de la crise, mais il est encore trop tôt pour savoir si elles pourront se tenir dans un contexte sécuritaire stable. La communauté internationale doit continuer à soutenir les efforts de paix et à apporter une aide humanitaire aux populations affectées.

La situation au Soudan du Sud est complexe et volatile. Il est essentiel que les parties prenantes trouvent un moyen de mettre fin aux violences et de rétablir la paix dans le pays. Les conséquences d’une guerre civile seraient catastrophiques pour les populations et pour la stabilité de la région.