Le télescope spatial européen Euclid a capturé une image d’une précision exceptionnelle du centre de notre galaxie, la Voie lactée. Selon Le Monde, cette photographie, d’une résolution de six milliards de pixels, ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude des exoplanètes via la méthode de microlentille gravitationnelle. L’instrument, lancé en juillet 2023, poursuit ainsi ses observations ambitieuses après avoir déjà fourni des données inédites sur la matière noire et l’énergie sombre.

Ce qu'il faut retenir

  • Une image du centre galactique d’une résolution de six milliards de pixels, soit la plus précise jamais obtenue par Euclid.
  • Cette photographie servira à détecter des exoplanètes grâce à la méthode de microlentille gravitationnelle.
  • Le télescope Euclid, développé par l’Agence spatiale européenne (ESA), a été lancé en juillet 2023.
  • Les données recueillies pourraient également éclairer la composition de la matière noire et de l’énergie sombre.
  • Cette image s’ajoute aux premières observations réalisées par Euclid, déjà saluées par la communauté scientifique en novembre 2023.

Une avancée technologique au service de l’astrophysique

La publication de cette image marque une étape majeure pour la mission Euclid, dont l’objectif principal est de cartographier le ciel à une échelle sans précédent. Comme l’explique Le Monde, la résolution de six milliards de pixels – soit l’équivalent de 70 écrans 4K côte à côte – permet de distinguer des détails jusqu’alors invisibles dans les régions centrales de la Voie lactée. Cette prouesse technique, réalisée par un télescope conçu pour observer l’invisible, offre aux astronomes un outil précieux pour explorer les confins de notre galaxie.

Les chercheurs comptent notamment exploiter cette image pour traquer les exoplanètes situées à proximité du centre galactique. La méthode de microlentille gravitationnelle, qui repose sur l’effet de déviation de la lumière causé par la gravité d’un objet massif, permettra de repérer des planètes difficilement détectables par les méthodes traditionnelles. « Cette technique ouvre une fenêtre sur des systèmes planétaires autrement inaccessibles », a précisé un porte-parole de l’ESA, cité par Le Monde.

Un télescope aux missions multiples

Euclid ne se limite pas à l’étude des exoplanètes. Selon les informations rapportées par Le Monde, le télescope spatial a pour mission d’établir la carte la plus détaillée à ce jour de l’univers observable, en couvrant environ un tiers du ciel. Ses instruments, dont le spectrophotomètre visible (VIS) et le spectromètre et photomètre dans le proche infrarouge (NISP), sont conçus pour mesurer la lumière émise par des milliards de galaxies, afin d’en déduire la distribution de la matière noire et les propriétés de l’énergie sombre.

Les premières données transmises par Euclid en novembre 2023 avaient déjà révélé des structures cosmiques inattendues, confirmant la capacité du télescope à repousser les limites de l’observation astronomique. Les scientifiques s’attendent désormais à ce que les nouvelles images du centre galactique révèlent des phénomènes jusqu’alors ignorés, notamment des amas d’étoiles ou des trous noirs intermédiaires. « Chaque pixel de cette image contient une mine d’informations », a souligné un astrophysicien interrogé par Le Monde.

Une collaboration européenne et internationale

Le projet Euclid est le fruit d’une collaboration entre l’Agence spatiale européenne (ESA), la NASA – qui fournit les détecteurs infrarouges – et des centaines de scientifiques européens. Le télescope, d’un coût total estimé à 1,4 milliard d’euros, a été lancé depuis la base de Kourou en Guyane française à bord d’une fusée Ariane 6. Sa mission, initialement prévue pour six ans, pourrait être prolongée si ses instruments restent opérationnels.

Les données collectées par Euclid seront mises à disposition de la communauté scientifique mondiale via des archives publiques, permettant à des équipes du monde entier de participer aux découvertes. Cette approche collaborative illustre l’importance des grands projets spatiaux dans l’avancement des connaissances en astrophysique. « L’astronomie est une science qui n’a pas de frontières », a rappelé un chercheur du CNRS, cité par Le Monde.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir la publication d’autres images spectaculaires issues des observations d’Euclid, notamment des champs profonds du ciel permettant d’étudier les galaxies les plus lointaines. D’ici la fin de l’année, les équipes de l’ESA prévoient de livrer les premiers catalogues de données, incluant des millions d’objets célestes identifiés grâce à la microlentille gravitationnelle. La communauté scientifique attend également avec impatience les résultats des analyses sur la matière noire, dont la distribution pourrait être précisée d’ici 2027.

Enfin, cette image du centre galactique servira de référence pour les futures missions spatiales, comme le télescope romain Nancy-Grace, dont le lancement est prévu pour 2027. « Euclid prépare le terrain pour une nouvelle génération d’observatoires », a conclu un expert, cité par Le Monde.

En attendant, les astronomes continuent d’exploiter les données déjà disponibles, tandis que les ingénieurs veillent au bon fonctionnement des instruments, conçus pour résister aux conditions extrêmes de l’espace. Une chose est sûre : l’aventure d’Euclid ne fait que commencer.

La microlentille gravitationnelle est un phénomène prédit par la théorie de la relativité générale d’Einstein. Lorsqu’un objet massif, comme une étoile ou une planète, passe entre une source de lumière lointaine (par exemple une étoile) et un observateur, sa gravité dévie les rayons lumineux, amplifiant temporairement la luminosité apparente de la source. Cette méthode permet de détecter des objets qui n’émettent pas de lumière, comme les exoplanètes ou les objets sombres de la Voie lactée.