D’ici la fin de la décennie, un nouvel œil scrutera l’immensité cosmique depuis l’espace. Selon Ouest France, le télescope spatial Nancy Grace Roman, dont le lancement est prévu pour 2027, ambitionne de révolutionner notre compréhension de l’Univers en traquant des dizaines de milliers d’exoplanètes et en explorant l’énergie sombre, cette force mystérieuse à l’origine de l’expansion accélérée de l’espace.

Ce qu'il faut retenir

  • Le télescope Nancy Grace Roman, successeur de Hubble, vise à détecter des dizaines de milliers d’exoplanètes et à étudier l’énergie sombre, une composante inconnue représentant près de 68 % du contenu total de l’Univers.
  • Son lancement est prévu pour 2027, avec une mission initiale de cinq ans, renouvelable.
  • Doté d’un miroir primaire de 2,4 mètres de diamètre, il combinera une caméra à grand champ et un coronographe pour analyser la lumière des étoiles et des planètes lointaines.

Un outil conçu pour percer les secrets de l’Univers

Baptisé en l’honneur de Nancy Grace Roman, première astronome en chef de la NASA et figure majeure de l’astronomie spatiale, ce télescope s’annonce comme l’un des projets phares de l’agence américaine. Selon nos confrères d’Ouest France, sa mission principale consistera à observer des centaines de millions de galaxies, afin de cartographier la structure de l’Univers et d’en mesurer l’évolution sur des milliards d’années.

Parmi ses objectifs scientifiques, la détection d’exoplanètes occupe une place centrale. Grâce à sa technologie de pointe, le télescope Nancy Grace Roman devrait multiplier par dix le nombre d’exoplanètes connues, passant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers. Une avancée majeure, alors que plus de 5 500 exoplanètes ont été confirmées à ce jour, selon les données de la NASA.

L’énergie sombre, cette énigme qui façonne l’Univers

Autre grande énigme que le télescope ambitionne de résoudre : la nature de l’énergie sombre. Cette force invisible, responsable de l’accélération de l’expansion de l’Univers, représente près de 68 % de la densité d’énergie totale du cosmos, selon les modèles cosmologiques actuels. Pourtant, sa composition reste totalement inconnue des scientifiques.

« L’énergie sombre est l’un des plus grands mystères de la physique moderne », a déclaré Dr. Adam Riess, prix Nobel de physique en 2011 pour ses travaux sur l’expansion accélérée de l’Univers. « Avec Nancy Grace Roman, nous espérons obtenir des indices cruciaux sur sa nature, que ce soit sous la forme d’une constante cosmologique ou d’une nouvelle forme d’énergie ».

Une technologie héritée de Hubble, mais bien plus puissante

Conçu comme un successeur direct du télescope Hubble, le Nancy Grace Roman en reprend certains éléments, comme son miroir primaire de 2,4 mètres de diamètre. Cependant, il innove radicalement avec son instrument à grand champ, capable de couvrir une zone du ciel 100 fois plus large que Hubble en une seule prise. Cette capacité permettra d’observer des régions bien plus étendues et d’accélérer considérablement les découvertes.

Un autre atout majeur réside dans son coronographe, un dispositif permettant de bloquer la lumière des étoiles pour révéler les planètes en orbite autour d’elles. Cette technologie, encore en phase de test, pourrait un jour permettre d’étudier directement les atmosphères de certaines exoplanètes et d’y chercher des traces de vie.

Et maintenant ?

D’ici son lancement prévu en 2027, le télescope Nancy Grace Roman doit encore subir une série de tests intensifs. Les équipes de la NASA et de ses partenaires, dont le Jet Propulsion Laboratory (JPL) et le Goddard Space Flight Center, travaillent actuellement à l’intégration de ses instruments et à la calibration de ses systèmes. Une fois en orbite, il devrait fonctionner pendant au moins cinq ans, avec une possibilité d’extension de sa mission si les résultats sont concluants.

Les premières données scientifiques pourraient être disponibles dès 2028, offrant aux astronomes une nouvelle vision de l’Univers et, peut-être, des réponses à des questions fondamentales sur la nature de l’énergie sombre et la présence de vie extraterrestre.

Si le télescope Nancy Grace Roman ne révolutionnera pas à lui seul notre compréhension de l’Univers, il constituera sans conteste un outil indispensable pour les décennies à venir. En combinant observation à large échelle et technologies de pointe, il s’inscrit dans la lignée des grandes missions spatiales qui ont marqué l’histoire de l’astronomie.

Pour suivre l’avancement du projet, les scientifiques et le grand public pourront consulter les mises à jour régulières publiées par la NASA sur son site officiel.

Nancy Grace Roman (1925-2018) fut la première astronome en chef de la NASA. Surnommée la « mère de Hubble », elle a joué un rôle clé dans le développement du télescope spatial lancé en 1990. Son héritage scientifique justifie pleinement que ce nouvel instrument porte son nom.