Avec une performance boursière parmi les plus élevées des marchés émergents, le Vietnam s’impose comme un complément stratégique au marché chinois pour les investisseurs en quête de diversification, selon BFM Business. Cet argument a été développé par Christopher Dembik lors de l’émission Tout pour investir, la masterclass, diffusée le vendredi 26 juin 2026 sur BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Vietnam affiche l’une des meilleures performances boursières parmi les marchés émergents, avec une dynamique de croissance soutenue.
  • Il constitue un complément pertinent au marché chinois, souvent considéré comme trop exposé ou saturé pour certains investisseurs.
  • Christopher Dembik a évoqué ce sujet dans le cadre de l’émission Tout pour investir, la masterclass, diffusée chaque vendredi à 11h sur BFM Business.
  • Cette analyse s’inscrit dans une réflexion plus large sur la diversification des portefeuilles en période de tensions géopolitiques et économiques.
  • L’émission propose des décryptages d’experts sur les signaux faibles des marchés, la géopolitique et les stratégies d’investissement.

Un marché émergent en pleine ascension

Avec une croissance économique régulière et une intégration croissante dans les chaînes de valeur mondiales, le Vietnam se positionne comme l’un des moteurs asiatiques les plus dynamiques. Son marché boursier, bien que moins mature que celui de la Chine, affiche des performances remarquables, attirant l’attention des investisseurs internationaux. « Le Vietnam offre une alternative crédible pour ceux qui souhaitent réduire leur exposition à la Chine, tout en bénéficiant d’un potentiel de croissance élevé », a précisé Christopher Dembik lors de son intervention.

Selon les données disponibles en juin 2026, l’indice phare du Vietnam, le VN-Index, a enregistré une progression annuelle supérieure à 20 %, un rythme que peu de marchés émergents parviennent à égaler. Cette performance s’explique notamment par une politique industrielle offensive, une main-d’œuvre qualifiée et une stabilité macroéconomique relative dans la région.

Pourquoi le Vietnam séduit les investisseurs

Plusieurs facteurs expliquent l’attrait croissant des investisseurs pour le Vietnam. D’abord, le pays bénéficie d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, qui facilite les échanges commerciaux et les investissements directs étrangers. Ensuite, sa proximité géographique avec la Chine en fait une plateforme idéale pour les entreprises cherchant à délocaliser une partie de leur production, sans pour autant quitter complètement l’Asie.

« Le Vietnam est devenu un hub manufacturier incontournable, notamment dans les secteurs de l’électronique, du textile et des nouvelles technologies », a souligné l’expert. Cette diversification géographique permet aux entreprises de limiter les risques liés à une dépendance excessive à la Chine, tout en profitant d’un marché intérieur en expansion. Les investisseurs, eux, y voient une opportunité de rééquilibrer leurs portefeuilles dans un contexte où les tensions commerciales persistent entre Washington et Pékin.

Un complément, pas un substitut au marché chinois

Malgré ses atouts, le Vietnam ne saurait remplacer totalement le marché chinois, bien plus vaste et diversifié. « Il s’agit davantage d’un complément que d’un substitut », a nuancé Christopher Dembik. La Chine reste le premier partenaire commercial de nombreux pays et un acteur clé dans des secteurs stratégiques comme les semi-conducteurs ou les énergies renouvelables. Le Vietnam, en revanche, excelle dans des niches où la Chine est moins présente, comme la fabrication de produits électroniques grand public ou l’agroalimentaire.

De plus, les deux pays présentent des profils de risque différents. Alors que la Chine est souvent associée à des incertitudes réglementaires et à une surveillance accrue des marchés, le Vietnam offre un cadre plus prévisible pour les investisseurs étrangers, notamment grâce à des réformes récentes visant à ouvrir davantage son économie.

Les défis à relever pour maintenir cette dynamique

Si le Vietnam affiche un bilan économique positif, plusieurs défis pourraient freiner sa croissance à moyen terme. Parmi eux, la dépendance aux exportations, qui expose le pays aux fluctuations de la demande mondiale, ou encore les pressions inflationnistes liées à la hausse des coûts énergétiques. Les tensions géopolitiques en mer de Chine méridionale, bien que moins médiatisées que le conflit en Ukraine, pourraient également impacter la stabilité régionale.

« Les investisseurs doivent rester prudents et surveiller de près l’évolution de la politique monétaire vietnamienne, ainsi que les mesures gouvernementales visant à attirer les capitaux étrangers », a recommandé l’analyste. Par ailleurs, la concurrence accrue entre les pays d’Asie du Sud-Est pour attirer les investissements pourrait peser sur les marges bénéficiaires des entreprises locales.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer la trajectoire du Vietnam dans les mois à venir. D’abord, les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine sur les taux d’intérêt, attendues à l’automne 2026, pourraient impacter les flux de capitaux vers les marchés émergents, dont le Vietnam. Ensuite, l’issue des négociations commerciales entre le Vietnam et l’UE sur de nouveaux accords tarifaires sera déterminante pour les exportateurs locaux.

Enfin, les réformes structurelles en cours, notamment dans le secteur bancaire et immobilier, devraient être suivies de près par les investisseurs. Leur succès ou leur échec pourrait renforcer, ou au contraire fragiliser, l’attractivité du pays sur la scène internationale.

En conclusion, le Vietnam s’affirme comme une destination de choix pour les investisseurs souhaitant diversifier leurs portefeuilles en Asie, sans pour autant renoncer à la croissance. Son marché émergent, bien que moins mature que celui de la Chine, offre des opportunités uniques, à condition de bien évaluer les risques associés. Reste à voir si ce pays parviendra à transformer son essor économique en une stabilité durable, à même de rassurer les marchés sur le long terme.

En juin 2026, les secteurs les plus dynamiques au Vietnam restent l’électronique, le textile, les énergies renouvelables et les nouvelles technologies. Le pays mise également sur le développement de son industrie agroalimentaire et des services financiers pour diversifier son économie.