Lors d’un déplacement en Espagne ce week-end, le souverain pontife a reconnu que les questions liées aux atteintes sexuelles commises au sein de l’Église catholique constituent une «plaie toujours ouverte». Le Pape a formulé ces propos devant des journalistes, sans pour autant annoncer de mesures concrètes pour y remédier, selon Libération.
Ce déplacement du pape Léon XIV dans la péninsule ibérique s’inscrivait dans le cadre d’une visite pastorale de plusieurs jours. À cette occasion, il a échangé avec la presse, abordant notamment les défis persistants que rencontre l’institution religieuse en matière de protection des mineurs et de lutte contre les abus sexuels commis par des membres du clergé.
Ce qu'il faut retenir
- Le pape Léon XIV a évoqué publiquement la question des abus sexuels dans l’Église lors d’un voyage en Espagne ce week-end
- Il a qualifié ce sujet de «plaie toujours ouverte», sans préciser de mesures nouvelles
- Cette déclaration intervient dans un contexte où l’Église catholique reste sous pression sur ces questions
- Le souverain pontife s’est exprimé devant des journalistes, sans détourner la discussion
Une déclaration en demi-teinte sur un dossier épineux
Sur la piste de l’aéroport de Madrid-Barajas, où il a atterri samedi 6 juin 2026, Léon XIV s’est prêté au jeu des questions des journalistes. Interrogé sur la persistance des scandales d’abus sexuels dans l’Église, il a répondu sans ambiguïté : «Cette question reste une plaie toujours ouverte pour nous», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’institution devait continuer à œuvrer pour y mettre fin. Le pape n’a toutefois pas détaillé de nouvelles initiatives ou réformes pour accélérer les procédures de signalement ou renforcer la transparence.
Cette prise de parole survient à un moment où l’Église catholique, bien que engagée dans des démarches de réparation et de prévention, reste critiquée pour la lenteur de ses actions. Les associations de victimes, notamment en Europe et en Amérique latine, réclament des mesures plus radicales, comme la levée du secret pontifical dans les affaires d’abus ou la publication systématique des noms des prêtres condamnés.
Un déplacement marqué par les tensions internes à l’Église
Le voyage du pape en Espagne s’est déroulé dans un climat marqué par des tensions internes. L’Église ibérique, comme d’autres conférences épiscopales européennes, est régulièrement pointée du doigt pour sa gestion des dossiers d’abus. En 2025, un rapport indépendant avait révélé que plus de 2 000 cas présumés d’abus sexuels avaient été recensés en Espagne depuis les années 1940, dont une majorité impliquant des membres du clergé. Ces chiffres, bien que partiels, illustrent l’ampleur du problème auquel l’institution doit faire face.
Lors de son allocution en Espagne, Léon XIV a également abordé d’autres sujets, comme la crise des vocations sacerdotales ou les défis posés par la sécularisation croissante des sociétés occidentales. Mais c’est bien la question des abus qui a retenu l’attention des médias, certains journalistes lui ayant directement demandé s’il comptait présenter des excuses officielles aux victimes lors de son séjour.
Des réactions contrastées à l’étranger
Les déclarations du pape ont suscité des réactions variées à l’international. Du côté des associations de victimes, on salue la reconnaissance du problème, mais on regrette l’absence d’engagements concrets. «Des paroles, c’est bien, mais les victimes attendent des actes», a réagi Marie Collins, ancienne membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et survivante d’abus. En Allemagne, où un rapport accablant avait été rendu public en 2018, des représentants de l’Église locale ont indiqué que des «progrès significatifs» avaient été réalisés, tout en reconnaissant que le chemin était encore long.
Du côté des fidèles, les avis sont partagés. Certains estiment que le pape fait ce qu’il peut dans un système complexe, tandis que d’autres appellent à une remise en cause radicale des structures de pouvoir au sein de l’Église. Le voyage du souverain pontife en Espagne, prévu pour s’achever le 9 juin 2026, devrait encore donner lieu à des échanges avec les autorités locales et les représentants de la société civile.
Dans ce contexte, les prochaines semaines seront scrutées de près par les victimes, les médias et les fidèles. Léon XIV, dont le pontificat est déjà marqué par des réformes structurelles, pourrait être amené à préciser sa position lors de ses prochaines prises de parole publiques.
Depuis 2018, l’Église catholique a instauré des commissions indépendantes pour traiter les plaintes, renforcé les obligations de signalement et créé un tribunal pénal canonique dédié. Cependant, ces dispositifs restent critiqués pour leur manque de transparence et leur lenteur, notamment dans les pays où l’Église locale est peu coopérative.