Depuis son élection en mai 2025, le souverain pontife Léon XIV multiplie les initiatives pour s’adresser directement aux jeunes générations, en adoptant leurs codes et leurs références culturelles. Cette stratégie s’est particulièrement illustrée lors de sa visite officielle en Espagne, du 6 au 10 juin 2026, où il a participé à des rassemblements dédiés à la jeunesse et adopté des gestes populaires auprès d’eux, comme le « six-seven ». Selon Franceinfo - Culture, cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large d’évangélisation adaptée aux réalités numériques contemporaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Le pape Léon XIV a adopté le geste viral du « six-seven » devant des milliers de jeunes en Espagne, un symbole de sa tentative d’intégrer les codes culturels des nouvelles générations.
  • Il s’est également entretenu brièvement avec la star portoricaine Bad Bunny, présent à Madrid pour une série de concerts, soulignant l’influence des figures populaires auprès des jeunes.
  • Lors d’une veillée de prière à Madrid, Léon XIV a appelé les évêques espagnols à utiliser « de nouveaux langages » pour toucher la jeunesse en quête de sens.
  • L’Église a canonisé en septembre 2025 Carlo Acutis, un adolescent de 15 ans devenu une figure emblématique pour les jeunes catholiques, passionné de technologies.
  • Le pape a consacré une partie de sa première encyclique, publiée fin mai 2026, à l’intelligence artificielle, un thème central de sa réflexion sur la modernité.

Une stratégie de communication adaptée aux réseaux sociaux

Arrivé en Espagne le 6 juin 2026, Léon XIV a marqué les esprits dès son premier jour par un geste simple, mais chargé de symboles. À bord de sa papamobile, lors de son passage à Madrid et Barcelone, il a reproduit le mouvement du « six-seven », un phénomène viral né sur la plateforme TikTok en 2025. Ce geste, popularisé par le rappeur Skrilla, consiste à balancer les épaules tout en prononçant à voix haute « six-seven » en anglais. Le pape l’avait déjà utilisé en mai 2026, à la demande d’un groupe d’adolescents en visite au Vatican. Une scène qui a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, illustrant sa volonté de s’approcher des jeunes là où ils se trouvent.

Cette initiative n’est pas isolée. Depuis son élection, Léon XIV s’efforce de créer un pont entre l’Église et les jeunes générations, souvent perçues comme éloignées des institutions religieuses. Le Vatican a confirmé cette approche en précisant que le souverain pontife souhaite « témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique », un enjeu qu’il a réaffirmé lors d’une veillée de prière dédiée aux jeunes, place Lima à Madrid. « En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Franceinfo - Culture.

Un dialogue inattendu avec Bad Bunny, icône des jeunes

Parmi les rencontres marquantes de ce déplacement en Espagne, l’échange bref mais symbolique avec le chanteur portoricain Bad Bunny a retenu l’attention. Le pape et l’artiste se trouvaient tous deux dans la capitale espagnole, où Bad Bunny donnait une série de dix concerts jusqu’au 15 juin 2026. Une coïncidence qui avait fait sourire Léon XIV lors de son trajet en avion vers l’Espagne. « S’ils se retrouvent face à la question de savoir s’ils veulent voir Bad Bunny ou s’ils veulent voir le pape, je pense que beaucoup iront voir Bad Bunny. Mais je pense aussi qu’il y en aura quelques-uns qui viendront voir le pape. Et cela veut dire quelque chose », avait-il déclaré avec une pointe d’humour, soulignant ainsi l’influence des célébrités sur les jeunes.

Le Vatican a précisé que Bad Bunny était accompagné de sa famille et de quelques proches lors de cette rencontre impromptue au stade de Madrid. L’artiste, dont la musique mêle reggaeton et trap latine, a connu une ascension fulgurante après avoir été choisi pour le spectacle de la mi-temps du Super Bowl, un événement suivi par des millions de spectateurs à travers le monde. Sa présence en Espagne a attiré des foules importantes, rappelant l’impact des figures populaires auprès des jeunes générations.

Un appel à l’évangélisation par le dialogue et les nouveaux langages

Lors d’un discours adressé aux évêques espagnols à Madrid, Léon XIV a insisté sur la nécessité de « construire une nouvelle réalité, à travers un dialogue respectueux et l’utilisation de nouveaux langages » pour toucher les jeunes. Cette approche s’inscrit dans la continuité de son premier grand texte doctrinal, une encyclique publiée fin mai 2026 et en partie consacrée à l’intelligence artificielle (IA). Le souverain pontife a d’ailleurs partagé une anecdote révélatrice lors d’un déjeuner à Madrid : il avait demandé à un modèle de langage (LLM) ce qu’il devait dire aux évêques espagnols, mais la réponse obtenue était obsolète, évoquant son prédécesseur au Vatican. Une illustration des défis posés par les nouvelles technologies, que l’Église doit désormais intégrer pour rester pertinente.

Cette réflexion sur la modernité s’ajoute à une stratégie plus large visant à rendre le message chrétien accessible aux jeunes. En septembre 2025, l’Église a canonisé Carlo Acutis, un adolescent italien de 15 ans décédé en 2006 des suites d’une leucémie. Surnommé « Le Geek de Dieu », il est devenu une figure de proue pour les jeunes catholiques, notamment grâce à sa passion pour les nouvelles technologies. Sa dépouille, exposée depuis 2019 à Assise, repose sous un masque de cire, vêtue d’une veste de jogging et de baskets. Le Vatican lui a attribué deux miracles, dont la guérison d’un enfant brésilien de 9 ans atteint d’un cancer, après qu’il ait touché un pyjama ayant appartenu à Acutis.

Une encyclique pionnière sur l’intelligence artificielle

Le choix de consacrer une partie de sa première encyclique à l’intelligence artificielle marque une étape importante pour l’Église catholique. Intitulé *Humana Communitas*, ce texte, rendu public fin mai 2026, aborde les opportunités et les risques liés à l’IA, tout en soulignant la nécessité d’une régulation éthique. Léon XIV y rappelle que les avancées technologiques doivent servir l’humanité et non l’asservir, une position qu’il a réitérée en Espagne. « Les jeunes cherchent du sens dans un monde complexe et numérique. Notre mission est de leur montrer que la foi peut être une boussole dans cette réalité », a-t-il expliqué lors de la veillée de prière du 6 juin.

Cette encyclique s’inscrit dans un contexte où les questions éthiques liées à l’IA occupent une place centrale dans les débats publics. Le pape a d’ailleurs rappelé que les défis posés par le numérique nécessitent une réponse collective, impliquant non seulement les fidèles, mais aussi les responsables politiques et technologiques. Une prise de position qui confirme la volonté de l’Église de jouer un rôle actif dans les grands enjeux de société.

Et maintenant ?

La visite du pape en Espagne pourrait marquer le début d’une série de déplacements similaires dans d’autres pays, afin de renforcer le dialogue avec les jeunes générations. Une encyclique entièrement dédiée à l’intelligence artificielle, prévue pour la fin de l’année 2026, devrait également préciser la position de l’Église sur ce sujet. Enfin, la canonisation de Carlo Acutis, dont la dépouille continue d’attirer des pèlerins du monde entier, pourrait renforcer l’attractivité de l’Église auprès des jeunes, à condition que cette figure reste ancrée dans les réalités contemporaines.

En s’adressant aux jeunes avec leurs propres codes et en abordant des thèmes comme l’IA, Léon XIV cherche à moderniser l’image de l’Église, tout en rappelant que les valeurs chrétiennes restent universelles. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits à long terme, alors que les défis posés par la sécularisation et la fragmentation des audiences numériques persistent.

Carlo Acutis était un adolescent italien décédé en 2006 à l’âge de 15 ans des suites d’une leucémie foudroyante. Passionné de technologies, il a créé un site web recensant les miracles eucharistiques, ce qui lui a valu le surnom de « Le Geek de Dieu ». Canonisé en septembre 2025, il est devenu une icône pour les jeunes catholiques, notamment pour son mélange de foi et de modernité. Sa dépouille, exposée à Assise, attire des pèlerins du monde entier, et le Vatican lui attribue deux miracles, dont la guérison d’un enfant brésilien atteint d’un cancer.