À Les Républicains (LR), la figure du général à la retraite François Gomart cristallise les tensions internes. Selon Le Monde – Politique, ses prises de position critiques envers la junte au pouvoir au Burkina Faso ont servi de prétexte à une rupture avec l’exécutif français. Ses détracteurs au sein du parti l’accusent désormais de défendre une ligne prorusse, alors qu’il est évoqué comme un possible ministre de la Défense « compatible avec le Rassemblement National ».
Ce débat interne révèle les lignes de fracture au sein de LR, où l’équilibre entre souverainisme, alignement européen et ouverture à l’extrême droite reste difficile à trouver. Autant dire que le cas Gomart illustre les ambiguïtés de Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et figure montante du parti.
Ce qu'il faut retenir
- François Gomart, général à la retraite et eurodéputé LR, a été l’objet de vives critiques internes pour ses déclarations sur la junte burkinabée.
- Ses prises de position ont provoqué une rupture avec Paris, perçue comme un alignement sur Moscou par certains membres du parti.
- Il est désormais présenté comme un candidat potentiel à un ministère de la Défense « RN-compatible », selon ses détracteurs.
- Cette affaire met en lumière les tensions entre souveraineté nationale et alignement sur les positions russes au sein de LR.
- Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, se retrouve au cœur de ces débats internes.
Un général eurodéputé sous le feu des critiques internes
François Gomart, figure médiatique de LR et eurodéputé depuis 2019, est au centre d’une polémique interne. Selon Le Monde – Politique, ses déclarations jugées trop critiques envers la junte burkinabée – qui a pris le pouvoir en 2022 – ont servi de prétexte à une remise en cause de sa position au sein du parti. Ces propos ont été interprétés par certains comme une forme de soutien à Moscou, alors que la junte burkinabée entretient des liens étroits avec la Russie.
Pour ses détracteurs, Gomart incarne une ligne prorusse au sein de LR, ce qui le place en porte-à-faux avec la ligne officielle du parti, traditionnellement ancré dans une vision atlantiste et pro-européenne. « Ses prises de position ne reflètent pas la doctrine de LR sur l’Afrique », a souligné un cadre du parti sous couvert d’anonymat.
Gomart, un ministre de la Défense « RN-compatible » ?
L’affaire prend une nouvelle dimension lorsque l’on évoque la possible nomination de Gomart à un poste ministériel. Selon plusieurs sources internes rapportées par Le Monde – Politique, il serait envisagé comme ministre de la Défense dans un gouvernement d’union nationale incluant le Rassemblement National. Cette perspective agace une partie des élus LR, qui y voient une compromission avec l’extrême droite.
« On ne peut pas cautionner un rapprochement avec le RN en cautionnant des positions prorusses », a réagi un député LR. Pour autant, Bruno Retailleau n’a pas encore pris position publiquement sur cette question, laissant planer le doute sur sa stratégie. « Il faut éviter les amalgames », a-t-il simplement répondu à la presse.
Retailleau face à ses contradictions
Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et considéré comme l’un des favoris pour succéder à Éric Ciotti à la tête du parti, se retrouve pris entre deux feux. D’un côté, il doit composer avec une base militante attachée à l’indépendance nationale et parfois sceptique envers l’OTAN. De l’autre, il doit éviter une dérive trop marquée vers l’extrême droite, perçue comme une menace pour l’image du parti.
« Retailleau joue la carte de la modération, mais il sait que le sujet Gomart divise profondément son camp », analyse un observateur politique. Certains y voient une opportunité pour Retailleau de recentrer LR sur ses fondamentaux, tandis que d’autres craignent une radicalisation du discours du parti.
Quant à François Gomart, son avenir politique dépendra largement de la capacité de Retailleau à arbitrer un équilibre entre souveraineté et alignement occidental. Bref, l’affaire Gomart n’est pas close, et elle pourrait bien redéfinir les contours de LR dans les mois à venir.
Ses critiques envers la junte burkinabée, perçues comme une forme de soutien à Moscou, ont été jugées incompatibles avec la ligne officielle de LR, traditionnellement pro-européenne et atlantiste. Certains y voient une ligne prorusse, ce qui a déclenché une polémique interne.