En 2026, les centres commerciaux américains, autrefois considérés comme des dinosaures du commerce, connaissent un regain d’intérêt inattendu auprès des jeunes générations. Selon Courrier International, la génération Z et les milléniaux redonnent vie à ces vastes galeries marchandes, marquant un tournant après des années de déclin.
Pendant la pandémie de Covid-19, entre 2020 et 2022, ces espaces avaient perdu leur attractivité, concurrencés par l’essor du e-commerce et les confinements successifs. Pourtant, en quelques années, une nouvelle clientèle a permis à certains centres de renouer avec le succès. « Si les centres commerciaux n’ont plus la cote auprès des seniors, ils sont en train de s’imposer comme le nouveau repaire de la génération Z et des milléniaux », constatait déjà en 2025 Business Insider.
Ce qu'il faut retenir
- Les centres commerciaux américains enregistrent une hausse de fréquentation de 11 % en 2024 par rapport aux années précédentes, selon la direction du centre American Dream.
- En 2024, 58 % des 18-34 ans se rendent régulièrement dans un centre commercial, contre seulement 29 % des plus de 55 ans, selon un sondage Ipsos cité par Le New York Times.
- Les partenariats avec des influenceurs et célébrités, comme la collaboration entre MrBeast et American Dream en 2022, ont attiré des milliers de jeunes dans ces espaces.
- Malgré ce regain, une quarantaine de centres commerciaux ferment chaque année aux États-Unis, sur un total de 900 ouverts dans le pays, selon Vince Tibone, analyste chez Green Street.
Un déclin suivi d’un rebond inattendu
L’âge d’or des centres commerciaux américains, dans les années 1980, semblait bien loin après la crise économique de 2008 et l’essor du commerce en ligne. Pourtant, selon Courrier International, ces lieux retrouvent une nouvelle dynamique, portée par les jeunes générations. Le modèle traditionnel du « shopping » évolue : les 18-34 ans ne s’y rendent plus uniquement pour acheter, mais aussi pour socialiser et participer à des événements organisés par les enseignes.
Cette transformation s’observe notamment au Mall of America, le plus grand centre commercial des États-Unis, où des milliers de jeunes se sont déplacés pour rencontrer les membres du groupe de K-pop Katseye. Les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans cette revitalisation, en créant un effet d’entraînement autour de ces lieux.
Des partenariats stratégiques pour attirer les jeunes
Pour séduire cette nouvelle clientèle, les gestionnaires de centres commerciaux misent sur des collaborations avec des influenceurs et des célébrités. En 2022, American Dream, situé près de New York, a ainsi organisé l’ouverture d’un restaurant de burgers avec MrBeast, le youtubeur le plus suivi au monde. Résultat : 10 000 fans se sont pressés sur place lors du lancement, illustrant l’impact de ces partenariats.
Ces initiatives ne se limitent pas aux réseaux sociaux. Les centres organisent désormais des événements culturels, des rencontres avec des artistes ou des ateliers interactifs, transformant ces espaces en lieux de vie. « Les jeunes de la génération Z ne se rendent plus dans ces centres uniquement pour faire du shopping, mais aussi pour retrouver des amis et participer aux événements organisés par des boutiques », expliquait The Guardian en 2025.
Des chiffres qui confirment le phénomène
Les données récentes confirment cette tendance. Un sondage Ipsos réalisé en 2024 et relayé par Le New York Times révèle que 58 % des 18-34 ans fréquentent régulièrement un centre commercial, soit près du double des 29 % de seniors âgés de plus de 55 ans. Ces chiffres marquent une inversion de tendance par rapport aux années précédentes, où les centres étaient surtout fréquentés par les générations plus âgées.
Du côté des gestionnaires, les résultats sont également encourageants. À American Dream, la direction a indiqué avoir enregistré son meilleur taux de fréquentation en 2024, avec une hausse de 11 % de la circulation. Pourtant, ce succès reste inégal : une quarantaine de centres commerciaux ferment chaque année aux États-Unis, selon Vince Tibone, directeur général du cabinet Green Street. Seule une minorité de ces structures parvient à tirer leur épingle du jeu.
Un modèle en mutation face aux défis persistants
Malgré ce regain d’intérêt, le secteur des centres commerciaux américains reste fragilisé. Entre la concurrence du e-commerce, la hausse des coûts énergétiques et les changements des habitudes de consommation, ces espaces doivent constamment innover pour survivre. American Dream, par exemple, a mis en avant sa taille imposante — deuxième plus grand centre commercial des États-Unis — et sa diversité d’activités pour justifier son succès.
Pour Vince Tibone, seule une infime partie des centres commerciaux parvient à s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs. Les autres, incapables de se réinventer, continuent de fermer leurs portes. Cette situation crée une fracture au sein du secteur, entre les centres qui réussissent à attirer une clientèle jeune et dynamique, et ceux qui peinent à survivre.
Les prochaines années pourraient aussi voir émerger de nouveaux modèles, combinant commerce, loisirs et expérience immersive, pour redéfinir le rôle des centres commerciaux dans la société américaine.
Leur attractivité repose sur deux piliers : l’expérience sociale et les partenariats avec des influenceurs. Les jeunes s’y rendent autant pour retrouver des amis que pour participer à des événements organisés par les enseignes. Les réseaux sociaux amplifient aussi cet engouement en créant un effet de communauté autour de ces lieux.