« Il est temps que cet objet puisse rester dans le patrimoine », déclare Louis Debruyne, responsable des ateliers du verre au MusVerre de Sars-Poterie, dans l’Avesnois. Selon Franceinfo - Culture, cette tradition verrière, autrefois réservée aux ouvriers des manufactures locales, connaît un regain d’intérêt auprès des habitants et des nouvelles générations.

Ce qu'il faut retenir

  • Les épis de faîtage, emblèmes des toits de Sars-Poterie, symbolisent un savoir-faire verrier ancestral remontant à l’époque où le village était un haut lieu de la verrerie du Nord.
  • Ces éléments décoratifs, autrefois fabriqués par les ouvriers avec l’autorisation des patrons, servaient à la fois de protection pour les charpentes et d’ornement pour les maisons.
  • Le MusVerre, musée dédié à cet artisanat, relance la production d’épis en organisant des démonstrations devant des collégiens, suscitant leur admiration.
  • Huit épis seront prochainement attribués par tirage au sort à des habitants de la région, avec l’obligation de les conserver sur leur toit en cas de revente.
  • Alain et Monique Delos, descendants de verriers, perpétuent cette tradition et en tirent une fierté personnelle et collective.

Un patrimoine verrier en pleine renaissance

Dans l’Avesnois, à Sars-Poterie, les toits des maisons portent une signature unique : des épis de faîtage en verre, autrefois réservés aux familles de verriers. Comme le rapporte Franceinfo - Culture, ce village, jadis cœur battant de la verrerie du Nord, voit renaître une tradition presque disparue. Ces objets, à la fois fonctionnels et esthétiques, servaient initialement à protéger les charpentes des intempéries. Aujourd’hui, ils incarnent bien plus : un héritage culturel et artisanal que les nouvelles générations redécouvrent.

Autrefois, les ouvriers des manufactures locales avaient le droit d’utiliser les chutes de verre pour fabriquer ces épis. Une pratique qui, selon Alain Delos, descendant d’une lignée de verriers, « permettait de dire : *Voyez comme j’ai quelque chose de beau sur la maison, ça me rend fier* ». Une fierté qui, des décennies plus tard, continue de s’exprimer à travers ces créations fragiles et lumineuses.

Le MusVerre, fer de lance de la transmission

Pour donner une nouvelle impulsion à cette tradition, le MusVerre (ou Musée du Verre) de Sars-Poterie organise des ateliers de fabrication ouverts au public. Comme le montrent les images diffusées par France 2, le verre est porté à plus de 1 200 degrés avant d’être modelé avec précision. Les artisans le roulent à plusieurs reprises sur une surface plane, puis soufflent dans la canne pour lui donner sa forme finale. Une opération qui impressionne autant les enfants que les adultes.

« On voit qu’il y a du travail derrière, c’est magnifique », s’exclame un collégien assistant à la démonstration. « Pouvoir maîtriser le verre comme ça, je trouve ça exceptionnel », ajoute un autre. Ces réactions illustrent l’engouement croissant pour ce savoir-faire, où la technique se mêle à l’art. Selon les organisateurs, ces ateliers visent à sensibiliser les jeunes publics à un patrimoine local souvent méconnu, mais dont l’importance culturelle et historique est indéniable.

Huit épis offerts au hasard, une initiative symbolique

Pour marquer cette renaissance, le MusVerre a décidé de fabriquer huit épis supplémentaires, destinés à être distribués à des habitants de la région. Contrairement à une simple décoration, ces objets s’accompagneront d’une condition : ils devront rester sur le toit de la maison, même en cas de vente. Une manière de garantir que « l’épi doit rester sur le toit », comme l’explique Louis Debruyne. Une initiative qui mêle préservation du patrimoine et lien social, puisque les bénéficiaires seront tirés au sort parmi les candidats.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de réhabiliter les épis de faîtage comme un symbole identitaire du territoire. Autrefois réservés aux familles de verriers, ces objets deviennent aujourd’hui un patrimoine partagé, accessible à tous. Une transition qui reflète l’évolution des mentalités, où l’artisanat local n’est plus seulement un héritage familial, mais un bien commun à valoriser.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, le MusVerre prévoit d’organiser de nouvelles sessions de fabrication d’épis, avec pour objectif d’élargir la production à une vingtaine d’exemplaires. Une partie d’entre eux pourrait être exposée lors d’événements culturels dans la région, afin de sensibiliser un public plus large. Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres communes du Nord à relancer des traditions similaires, contribuant ainsi à la préservation d’un patrimoine architectural et artisanal en voie de disparition.

La question se pose également de l’inscription de ces épis au titre des Monuments Historiques. Une reconnaissance officielle qui renforcerait leur protection et leur valorisation, tout en assurant leur transmission aux générations futures. Pour l’heure, les ateliers du MusVerre restent le principal vecteur de cette dynamique, avec l’espoir que d’autres structures suivront leur exemple.

Les modalités d’inscription n’ont pas encore été officiellement communiquées par le MusVerre. Les habitants de la région sont invités à se rapprocher du musée ou à consulter son site internet pour connaître les prochaines étapes. Une participation sur place lors des ateliers pourrait également être envisagée.

Non, cette tradition n’est pas liée à l’âge des bâtiments. Aujourd’hui, les épis sont fabriqués à la demande et peuvent être installés sur des constructions neuves ou rénovées. Leur fonction est autant esthétique que symbolique, bien que leur origine historique soit liée à la protection des charpentes.