Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a justifié l'intervention américaine sur la devise japonaise, citant la crainte d'une « déstabilisation » de l'Asie, selon BFM Business. Cette décision intervient après que les États-Unis et le Japon ont procédé vendredi à des achats coordonnés de devises afin d'enrayer la dépréciation de la monnaie japonaise face au dollar.
Washington est intervenu pour soutenir le yen, car la faiblesse de la devise nippone risquait de déstabiliser les marchés en Asie, a assuré le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, évoquant la crise financière subie par la région à la fin des années 1990. Les États-Unis et le Japon sont intervenus conjointement vendredi sur le marché des changes pour acheter des yens, une première depuis 1998, afin de soutenir la devise qui s'enfonçait à ses plus bas niveaux en quatre décennies face au dollar.
Ce qu'il faut retenir
- Les États-Unis et le Japon ont procédé à des achats coordonnés de devises pour soutenir le yen.
- Le secrétaire au Trésor américain justifie cette intervention par la crainte d'une déstabilisation de l'Asie.
- Le yen avait atteint ses plus bas niveaux en quatre décennies face au dollar avant l'intervention.
Contexte de l'intervention
« La crise financière asiatique (des années 1990) a été en partie déclenchée par un yen excessivement faible. Je pense donc qu'un yen stable n'est pas seulement important pour les Etats-Unis, mais aussi très important pour la région », a déclaré M. Bessent mardi sur la chaîne CNBC, pointant notamment la « volatilité excessive » du won sud-coréen. Compte tenu des flux commerciaux, de la taille de l'économie (japonaise), de leurs contributions au marché mondial de l'épargne, il est très important d'avoir un yen stable, a-t-il ajouté.
De fait, le Japon, premier détenteur de dette américaine, pourrait être forcé de vendre en masse ses bons du Trésor pour racheter des yens et soutenir sa devise, ce qui accentuerait la pression sur les rendements obligataires américains. Washington a aussi intérêt à renforcer le yen afin d'aider les exportateurs nippons et ainsi limiter le déficit commercial des Etats-Unis, et pour soutenir les investissements japonais sur le sol américain.
Impact de l'intervention
Malgré les dizaines de milliards de dollars dépensés unilatéralement par Tokyo dans ses propres interventions sur le marché des changes ces derniers mois, le yen avait continué de glisser. Il est notamment plombé par l'écart entre les taux d'intérêt japonais, toujours très bas, et ceux bien plus élevés de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui encouragent les investisseurs à préférer des actifs en dollars mieux rémunérés.
La devise pâtit aussi de la flambée des cours du pétrole, qui renchérit la facture énergétique du Japon, et des inquiétudes sur la politique budgétaire expansive de la Première ministre Sanae Takaichi. Tokyo et Washington se sont dits prêts à intervenir à nouveau si nécessaire. Mais « au bout du compte, ce seront la politique (gouvernementale et monétaire japonaise) et les fondamentaux » qui détermineront le taux de change du yen, a insisté Bessent.
En conclusion, l'intervention conjointe des États-Unis et du Japon pour soutenir le yen est un développement important qui pourrait avoir des implications significatives pour les marchés financiers mondiaux et les échanges commerciaux. Il est crucial de suivre de près les prochaines étapes et les réactions des marchés pour comprendre pleinement les conséquences de cette intervention.